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Gabriel Attal, une vie autour de Saint-Germain-des-Prés

  • PubliĂ© le 13 janvier 2024 Ă  11:17
  • ActualisĂ© le 13 janvier 2024 Ă  11:53
Le nouveau Premier ministre Gabriel Attal arrive à l'Elysée pour le premier Conseil des ministres de son gouvernement, le 12 janvier 2024 à Paris

La rive gauche de Paris, Saint-Germain-des-Prés, ses écoles et universités prestigieuses. C'est là que Gabriel Attal a posé les fondations d'une carriÚre fulgurante qui vient de le propulser à Matignon, alimentant les critiques sur une jeunesse aussi privilégiée que déconnectée. sucess story

"Attal, il n’a traversĂ© qu’une fois la rue, entre le VIe et le VIIe arrondissement", a assĂ©nĂ© cette semaine devant quelques journalistes son ancienne camarade de Sciences-Po, la dĂ©putĂ©e europĂ©enne Insoumise Manon Aubry, instruisant le procĂšs fait Ă  gauche Ă  ce fils de producteur de cinĂ©ma.

"On ne peut pas dire qu'il a beaucoup travaillé, qu'il a beaucoup été confronté aux difficultés des Françaises et des Français", a abondé Manuel Bompard, coordinateur des Insoumis, sur BFMTV-RMC.

Gabriel Attal grandit dans les XIIIe et XIVe arrondissements de Paris et effectue toute sa scolaritĂ© Ă  l’École alsacienne, un prestigieux Ă©tablissement privĂ© du VIe arrondissement, non loin du Quartier latin. L'un de ceux oĂč se retrouvent les enfants de familles aisĂ©es, convaincues aussi que c'est lĂ  que se forme et se croise la future Ă©lite de la nation.

Élu conseiller municipal Ă  25 ans, nommĂ© secrĂ©taire d'État Ă  29 ans, Premier ministre Ă  34 ans, Gabriel Attal en fait assurĂ©ment partie.
Un parcours assumé. "Je n'ai pas à renier ou à m'excuser pour ce choix qu'ont fait mes parents à l'époque, comme des millions de parents le font chaque année", disait-il en juillet dernier, tout juste nommé ministre de l'Education nationale.

A deux pas du Boulevard Montparnasse et prĂšs des jardins du Luxembourg, l'Ă©cole a vu passer sur ses bancs des personnalitĂ©s cĂ©lĂšbres, comme Michel Rocard, AndrĂ© Gide ou encore Élisabeth Badinter.

À l'Ă©poque, le futur chef du gouvernement y cĂŽtoie la chanteuse Joyce Jonathan et l'avocat Juan Branco, avec qui il entretient depuis une trĂšs vive inimitiĂ©. C'Ă©tait un "trĂšs bon Ă©lĂšve, d'une grande maturitĂ©, sĂ©rieux et trĂšs discret", se souvient l'ancienne conseillĂšre principale d'Ă©ducation du lycĂ©e Carole Orsini.

-"Commencer par le théùtre"-

S'il attrape trÚs tÎt le virus de la politique - il a adhéré en 2006, à 17 ans, au Parti socialiste pour soutenir SégolÚne Royal à la présidentielle de 2007 -, il s'imagine d'abord en star du grand écran.

"Papa travaille dans le cinĂ©ma et m’a dit que si on voulait ĂȘtre un acteur cĂ©lĂšbre, il fallait commencer par le théùtre", explique-t-il Ă  l'Ăąge de 9 ans aux camĂ©ras de France 3 lors d'un reportage sur l'École alsacienne.

Une fois le bac en poche, Gabriel Attal ne s'éloignera que de quelques stations de métro pour intégrer en 2007 Sciences-Po Paris.
Depuis la cĂ©lĂšbre Ă©cole dont il sortira avec un master en affaires publiques, il peut facilement se rendre Ă  l'AssemblĂ©e nationale, oĂč il effectue en 2008 un stage auprĂšs de la dĂ©putĂ©e socialiste Marisol Touraine.
Gabriel Attal a rencontrĂ© l'Ă©lue d'Indre-et-Loire par l'intermĂ©diaire de sa fille, qui frĂ©quentait aussi les bancs de l'École alsacienne. - Une collaboration qui durera.

"Il a travaillé pour moi sans discontinuer de 2011 à 2017. Il a gravi les échelons y compris dans mon équipe", a précisé l'ancienne ministre des Affaires sociales de François Hollande (2012-2017) à Paris Match cette semaine, louant "son sens de la politique incroyable".

Elu député des Hauts-de-Seine en 2017, Gabriel Attal s'est hissé avec une rapidité inédite au sommet du monde politique. Sans jamais quitter ou presque ce petit triangle de la rive gauche de Paris, qui abrite nombre de ministÚres, selon ses détracteurs.

Mais il fait peu de doutes que son ambition le pousse Ă  voir encore plus haut... quitte Ă  cette fois traverser la Seine, et rejoindre le VIIIe arrondissement oĂč se trouve l'ElysĂ©e.

"Moi, j'ai dit, Gaby prĂ©sident", scandait en 2011 l'un de ses camarades de Sciences-Po alors qu'ils participaient tous les deux Ă  une Ă©mission de tĂ©lĂ©vision dĂ©diĂ©e Ă  la jeunesse. À l'Ă©poque, le principal intĂ©ressĂ© mimait un "non" en souriant.

AFP

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