Gaza : Israël rouvre de façon très limitée le passage de Rafah

  • Publié le 1 février 2026 à 07:08
  • Actualisé le 1 février 2026 à 07:17
Le poste-frontière de Rafah, entre la bande de Gaza et l'Egypte, le 27 août 2023

Israël va commencer à rouvrir dimanche le point de passage de Rafah entre l'Egypte et la bande de Gaza, fermé quasiment hermétiquement depuis mai 2024, mais cette ouverture sera limitée aux personnes uniquement, dans des conditions drastiques.

Cette réouverture, prévue dans le cadre du plan Trump accepté en octobre, intervient dans le contexte d'un cessez-le-feu très précaire. Des frappes israéliennes samedi ont ainsi fait 32 morts selon la Défense civile de Gaza, dont des femmes et des enfants, Israël déclarant de son côté avoir mené des bombardements en réponse à des violations du cessez-le-feu.

Le passage de Rafah est le seul point d'entrée et de sortie entre la bande de Gaza et le monde extérieur ne passant pas par Israël.

Il est fermé depuis que les forces israéliennes en ont pris le contrôle en mai 2024, à l'exception d'une réouverture limitée début 2025, dans le cadre d'une précédente trêve qui avait échoué.

Le passage ouvrira le 1er février "dans les deux sens, pour un mouvement limité de personnes uniquement", a indiqué vendredi le Cogat, organisme du ministère israélien de la Défense supervisant les affaires civiles dans les Territoires palestiniens occupés.

Il faudra "une autorisation sécuritaire préalable" des autorités israéliennes pour sortir et entrer dans la bande de Gaza, en coordination avec l'Egypte et sous la supervision de la mission de l'Union européenne dite EUBAM Rafah, selon le communiqué du Cogat.

Une source à la frontière égyptienne a indiqué samedi à l'AFP que la journée de dimanche serait essentiellement consacrée aux préparatifs et aspects logistiques, notamment l'arrivée d'une délégation de l'Autorité palestinienne.

- Attente anxieuse -

Le point de passage ouvrira dimanche "à titre d'essai" pour permettre le passage de blessés avant une ouverture régulière lundi, ont déclaré à l'AFP trois autres sources au sein du point de passage.

"Aucun accord n'a pour l'instant été conclu sur le nombre de Palestiniens autorisés à entrer et à sortir", ont déclaré ces mêmes sources, précisant que l'Egypte prévoyait de permettre l'entrée à "tous les Palestiniens qu'Israël autorisera à sortir".

Dans la bande de Gaza ravagée par plus de deux ans de guerre et en proie à une crise humanitaire majeure, nombre de Palestiniens espèrent pouvoir enfin sortir.

"Chaque jour qui passe aggrave mon état et ma vie s'enfuit", se désole Mohammed Shamiya, un Palestinien de 33 ans, qui souffre d'une maladie rénale nécessitant un traitement par dialyse, et attend désespérément de pouvoir aller se faire soigner à l'étranger.

Safa al-Hawajri, une jeune femme de 18 ans ayant reçu une bourse pour étudier à l'étranger, attend elle aussi. Tout son "espoir de réaliser ses ambitions est lié à la réouverture" de Rafah, résume-t-elle.

L'ONU et nombre d'ONG internationales attendaient aussi avec impatience la réouverture, mais les restrictions annoncées par Israël sont loin de satisfaire à leurs demandes.

La réouverture de Rafah était attendue au cours de la première phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre mais a été repoussée.

Les Etats-Unis ont annoncé mi-janvier le passage à la deuxième phase alors qu'Israël et le Hamas s'accusent mutuellement et quotidiennement de violer le cessez-le-feu.

AFP

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