30 euros pour les véhicules, 200 euros pour les poids lourds

"Gilets jaunes": les blocages se poursuivent lundi, pénurie d'essence en Bretagne

  • PubliĂ© le 3 dĂ©cembre 2018 Ă  15:44
  • ActualisĂ© le 3 dĂ©cembre 2018 Ă  16:21
Beaucoup de stations-services étaient en rupture totale ou partielle de carburant dimanche, 2 décembre 2018

DĂ©pĂŽts pĂ©troliers, routes: initiĂ©s par les "gilets jaunes", des blocages se poursuivaient un peu partout en France lundi, provoquant mĂȘme des pĂ©nuries de carburant en Bretagne. De nombreuses stations-services du FinistĂšre, des CĂŽtes d'Armor et du Morbihan Ă©taient en rupture totale ou partielle de carburant lundi matin. Dimanche soir, le prĂ©fet du FinistĂšre Pascal Lelarge a dĂ» prendre des mesures de restriction de consommation "afin de garantir l'accĂšs au carburant au plus grand nombre". Ainsi, le montant maximal de carburant vendu par jour et par vĂ©hicule est limitĂ© Ă  30 euros pour les vĂ©hicules lĂ©gers de moins de 3,5 tonnes, et 200 euros pour les poids lourds.


Dans le Morbihan, "quelques stations ont des problÚmes d'approvisionnement car les gens font des pleins de précaution. C'est la surconsommation qui risque de créer le problÚme", selon la préfecture.

Le dépÎt pétrolier de Lorient (Morbihan) est bloqué depuis prÚs d'une semaine par des indépendants du secteur des travaux publics, qui dénoncent la fin, au 1er janvier, du gazole non routier (GNR) détaxé pour les entreprises du secteur. Ils ont été rejoints par des "gilets jaunes".

A Brest, les manifestants des travaux publics ont revĂȘtu des gilets oranges pour se diffĂ©rencier des "gilets jaunes" et bloquent le dĂ©pĂŽt du port depuis mercredi Ă  l'aide d'engins de chantier. Plus aucun camion ne rentre ni ne sort depuis vendredi.
Les dépÎts pétroliers du Mans (Sarthe), du Grand-Quevilly (Seine-Maritime) étaient également bloqués, ainsi que celui du port de Fos-sur-Mer (Bouches-du-RhÎne).

Ce dernier blocage était critiqué jusqu'au sein du mouvement des "gilets jaunes". "L'opération est pilotée en dehors de nous", a déclaré à l'AFP Chantal, une des coordinatrices du mouvement en région Alpes-CÎte-d'Azur qui regrette de maniÚre plus générale "la récupération" de la protestation par des "éléments radicalisés".
Les blocages des dépÎts pétroliers de Donges (Loire-Atlantique) et de La Rochelle (Charente-Maritime) ont eux été levés lundi matin aprÚs l'intervention des forces de l'ordre.

- "PoudriĂšre" -

Sur les routes, on comptait également un blocage de poids lourds à Lannion (CÎtes d'Armor) ainsi que des barrages filtrants dans les Bouches-du-RhÎne et dans le Vaucluse, sur l'autoroute A7. De grosses difficultés de circulation étaient également signalées sur l'A9 dans l'Hérault et autour de Nßmes (Gard) en raison de blocages sur l'A54 au niveau du péage d'Arles.

Dans la nuit de dimanche à lundi, une dizaine de personnes ont détruit des barriÚres de péage sur l'A9 à Perpignan (Pyrénées-Orientales), selon les gendarmes. La préfecture parle "de nombreux actes de vandalisme", comme des vitres cassées et une partie des cabines saccagées". Des échauffourées ont eu lieu lors de l'intervention des forces de l'ordre venues pour débloquer le péage, selon la police.

Par ailleurs, plus d'une centaine de lycĂ©es Ă©taient bloquĂ©s, partiellement ou totalement, lundi matin en France par un mouvement de protestation contre les rĂ©formes dans l?Éducation et en soutien parfois aux "gilets jaunes", selon le ministĂšre de l'Éducation.
A Lyon, des poubelles ont Ă©tĂ© brulĂ©es contre des grilles d?un Ă©tablissement du 8e arrondissement. MĂȘme chose devant un lycĂ©e de Dijon, oĂč un cortĂšge d?environ 500 Ă©lĂšves a dĂ©filĂ© dans les rues de la ville et s?est heurtĂ© aux forces de l?ordre, avec jets de pierres et tirs de grenades lacrymogĂšnes.
"On est sur une poudriĂšre, ça va bien monter, mĂȘme en province, on va voir des choses auxquelles on ne s'attendait pas.

Quand on voit qu'à Dijon, qui est une ville plutÎt bourgeoise, il y a eu des gros heurts, ça fait peur", a estimé Fabien Schlegel, l'un des leaders des "gilets jaunes" à Dole (Jura).
"Il y a une colĂšre qui monte, c'est mĂȘme pire que de la colĂšre, ça prend des proportions Ă©normes", a-t-il ajoutĂ©.


 - © 2018 AFP

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