Le Parlement dissous ce mercredi

Grande-Bretagne : lancement de la campagne Ă©lectorale sous le signe du Brexit

  • PubliĂ© le 6 novembre 2019 Ă  14:57
  • ActualisĂ© le 6 novembre 2019 Ă  17:15
Le Premier ministre Boris Johnson quitte le 10 Downing Street Ă  Londres, le 6 novembre 2019

La campagne pour les élections anticipées du 12 décembre, provoquées par le Brexit et censées mettre un point final à la saga, s'ouvre officiellement mercredi au Royaume-uni avec la dissolution du Parlement, dans la plus grande incertitude sur son résultat.

Le Premier ministre Boris Johnson va se rendre au palais de Buckingham pour demander Ă  la Reine de dissoudre le Parlement, dont les divisions ont jusqu'ici empĂȘchĂ© la mise en oeuvre de la sortie de l'UE, votĂ©e par 52% des Britanniques il y a plus de trois ans mais dĂ©jĂ  repoussĂ©e trois fois.

Les sondages placent rĂ©guliĂšrement en tĂȘte les conservateurs avec une dizaine de points d'avance, mais John Curtice, politologue et grand prĂȘtre des sondages au Royaume-Uni, ne cesse de mettre en garde et de conseiller la prudence.

Boris Johnson, qui a jouĂ© un rĂŽle dĂ©cisif pour faire voter le Brexit en 2016, compte mener campagne en se prĂ©sentant comme le seul Ă  mĂȘme de le mettre en oeuvre Ă  la date prĂ©vue du 31 janvier 2020. Face Ă  lui, le leader travailliste Jeremy Corbyn fera valoir qu'il est le seul Ă  pouvoir obtenir de Bruxelles un accord de Brexit respectant les droits des travailleurs, qu'il soumettrait ensuite Ă  un rĂ©fĂ©rendum prĂ©voyant aussi l'option de rester dans l'Union europĂ©enne. Sur leurs flancs, les petits partis peuvent faire dĂ©railler leurs rĂȘves de conquĂ©rir une majoritĂ©.

Le parti du Brexit de Nigel Farage menace de prendre des voix à M. Johnson en prÎnant une coupure plus nette avec l'UE que celle prévue dans l'accord qu'il a négocié avec les Européens.

- Corbyn = Staline -

A l'autre bout du spectre, les europhiles libéraux démocrates, constants dans leur refus de la sortie de l'UE, emmenés par Jo Swinson, veulent annuler le Brexit et peuvent ravir les voix de conservateurs europhiles modérés et de travaillistes déçus des atermoiements de leur leader sur la question.

Boris Johnson doit lancer en fanfare mercredi soir sa campagne lors d'un meeting dans le c?ur du pays, les West Midlands, et reprendra ses thÚmes favoris: le Brexit bien sûr, mais aussi toutes les questions sociales négligées ces derniÚres années par un sujet qui a phagocyté toute la politique britannique: éducation, logement, santé, sécurité.

Le Premier ministre a en fait déjà lancé sa campagne depuis plusieurs mois, dÚs son arrivée au pouvoir en juillet, visitant écoles, hÎpitaux, centre de formation de la police.

Mais rien n'est jamais complÚtement écrit dans une campagne électorale et le premier jour a déjà été assombri par quelques couacs: le trÚs pincé Jacob Rees-Mogg, proche allié de Boris Johnson, a dû s'excuser platement pour avoir dit que "le bon sens" dictait de sortir d'un immeuble en feu, à propos de la mort tragique de 72 habitants de la tour de Grenfell à Londres dans un incendie en 2017, pendant lequel les pompiers, trÚs critiqués depuis, avaient donné pour consigne de ne pas bouger.

La remarque de Jacob Rees-Mogg est d'autant plus ravageuse qu'elle le fait apparaßtre comme coupé des dures réalités de la vie de la population, soit le contraire du message que tente de faire passer Boris Johnson, lui aussi issu d'une classe sociale ultra privilégiée.

Et le Premier ministre lui-mĂȘme a fait grincer des dents pour un Ă©ditorial dans son quotidien prĂ©fĂ©rĂ©, le Daily Telegraph, vĂ©hicule de sa campagne Ă©lectorale, dans lequel il compare Jeremy Corbyn au dictateur soviĂ©tique Joseph Staline en raison de sa "haine" prĂ©sumĂ©e des riches. "Les absurditĂ©s que peuvent sortir les ultra-riches pour Ă©viter de payer un peu plus d'impĂŽts...", a rĂ©agi Jeremy Corbyn sur son compte Twitter, rangeant ainsi le Premier ministre de leur cĂŽtĂ© et engageant la campagne sur le terrain de la lutte des classes.

AFP

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