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Hollande et Sarkozy hors jeu en douze jours

  • PubliĂ© le 2 dĂ©cembre 2016 Ă  14:15
François Hollande et Nicolas Sarkozy le 19 septembre 2016 aux Invalides à Paris

Hollande hors jeu, Sarkozy battu: à douze jours d'intervalle, le président et son prédécesseur ont été amenés, dans des conditions différentes, à renoncer à leurs ambitions élyséennes, ouvrant une nouvelle période de l'histoire de la Ve République.


Ce sera la premiĂšre fois, depuis 1974 et la mort de Pompidou, qu'un chef de l'Etat en exercice ne briguera pas de second mandat.
"J'ai dĂ©cidĂ© de ne pas ĂȘtre candidat Ă  la prĂ©sidence de la RĂ©publique": François Hollande a annoncĂ© jeudi soir qu'il renonçait Ă  2017, lors d'une allocution tĂ©lĂ©visĂ©e d'une dizaine de minutes, prononcĂ©e d'une voix blanche.
Douze jours auparavant, Nicolas Sarkozy, éliminé sÚchement dÚs le premier tour de la primaire de la droite, avait été contraint de s'effacer, laissant la place à François Fillon, son ex-Premier ministre, ravalé par lui au rang de "collaborateur" durant son quinquennat.
C'est sur une note sobre, un ton jugé "digne" par ses amis comme ses adversaires, que M. Sarkozy avait tourné le dos à la politique, affirmant qu'il aurait désormais "une vie avec plus de passions privées et moins de passions publiques".
Tous deux ont eu le mĂȘme besoin dans leur discours de justifier leurs actions. "J'ai agi pour redresser la France et la rendre plus juste", a affirmĂ© M. Hollande; "Comme je l'ai toujours fait tout au long de ma vie politique, j'ai dĂ©fendu mes valeurs", avait affirmĂ© M. Sarkozy, le 20 novembre. MĂȘme besoin Ă©galement de mettre en garde contre "les extrĂȘmes" pour M. Sarkozy, contre "l'extrĂȘme droite" pour M. Hollande.
"Depuis quelques années, le meilleur moment des présidents de la République, c'est le discours d'adieu", tweetait un internaute, traduisant le ressenti (ou l'ironie) exprimé par beaucoup d'autres.
Cette sorte de gémellité entre l'ex et le futur ex président avait été scellée en 2005, lorsque ces deux pro-européens convaincus, avaient posé ensemble, tout sourire, pour Paris-Match. C'était quelques semaines avant le référendum sur la Constitution européenne, pour lequel ils avaient tous deux appelé à voter oui.
Cette complicité affichée ne leur avait pas porté chance, 55% des Français ayant été sourds à leurs arguments, en votant contre le traité.
- 'Quelle folle quinzaine politique!' -
Les deux hommes, qui se connaissent bien (ils ont Ă©tĂ© dĂ©putĂ©s Ă  la mĂȘme Ă©poque pendant de longues annĂ©es) et se tutoient dans le privĂ©, pensaient se retrouver face Ă  face en 2007. Chacun fourbissait ses armes, plus affĂ»tĂ©es chez Sarkozy que chez Hollande, finalement doublĂ© par une SĂ©golĂšne Royal trĂšs dĂ©terminĂ©e.
Puis vient 2012 et la grande confrontation tant attendue entre un président éprouvé par cinq années à l'Elysée dont quatre à combattre la crise économique "la plus violente que le monde ait connue depuis 1929", répétait-il, et un candidat que le destin fauché d'un Dominique Strauss-Kahn avait mis en selle. Le premier traitait le second de "mou", qui à son tour moquait un président "bling bling".
Mais y croyait-il encore, ce prĂ©sident qui disait qu'il abandonnerait la politique s'il perdait, des mots qui rĂ©sonnaient Ă©trangement comme l'acceptation d'une possible dĂ©faite? Face Ă  lui, un candidat aguerri aux joutes politiciennes, qui avait su se maintenir onze ans Ă  la tĂȘte d'un turbulent Parti socialiste, Ă©tait prĂȘt Ă  en dĂ©coudre.
MĂȘme Chirac, autant par dĂ©testation de Sarkozy que par affection pour Hollande, venu comme lui Ă  la CorrĂšze par la politique, avait donnĂ© sa bĂ©nĂ©diction au candidat de la gauche. Sarkozy en avait Ă©tĂ© "malade tout l'Ă©tĂ©" qui avait suivi, avait-il confiĂ© Ă  des proches.
SuprĂȘme injure pour Sarkozy, qui ne lui a jamais pardonnĂ©: le jour de la passation des pouvoirs, le 15 mai 2012 sur le perron de l'ElysĂ©e, Hollande n'attend mĂȘme pas que Sarkozy et son Ă©pouse Carla aient regagnĂ© leur voiture, pour se dĂ©tourner et s'engouffrer dans l'ElysĂ©e oĂč l'attendait sa nouvelle vie de chef de l'Etat.
Entre l'ex-prĂ©sident qui rĂȘvait d'ĂȘtre le premier Ă  rĂ©ussir son retour Ă  l'ElysĂ©e, et l'actuel qui jette l'Ă©ponge sans essayer, une sorte d'Ă©quitĂ© semble s'est rĂ©tablie. "Quelle folle quinzaine politique!" a rĂ©sumĂ© dans un tweet le dĂ©putĂ© juppĂ©iste Benoist Apparu.

Par Fran BLANDY - © 2016 AFP
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