Au moins 3.000 Honduriens ont pris la route à pied vendredi formant une caravane humaine dans l'espoir d'entrer aux Etats-Unis et d'y trouver une vie meilleure, malgré les restrictions imposées par le Guatemala et le Mexique sur leur chemin.
Le gros de la foule est parti peu aprÚs 04H00 locales (10H00 GMT) de San Pedro Sula, à 180 km au nord de Tegucigalpa, en direction d'Agua Caliente, frontaliÚre avec le Guatemala, un trajet d'environ 260 km, a constaté l'AFP. Un premier contingent de 300 personnes avait déjà pris la route jeudi.
La situation Ă©conomique de nombreux habitants du pays d'AmĂ©rique centrale, dĂ©jĂ soumis Ă la violence des gangs et des narcotrafiquants, s'est encore dĂ©tĂ©riorĂ©e avec le passage de deux puissants ouragans en novembre et les consĂ©quences de la pandĂ©mie de coronavirus. "Mon rĂȘve c'est d'arriver aux Etats-Unis, de m'acheter une petite maison, parce que j'en ai assez de vivre ici en louant et de travailler pour d'autres personnes", raconte Ă l'AFP Melvin Fernandez, un chauffeur de taxi du port de La Ceiba parti avec son Ă©pouse et ses trois enfants de 10, 15 et 22 ans.
Norma Pineda, 51 ans, s'est retrouvĂ©e "Ă la rue" aprĂšs les passage des ouragans Eta et Iota. "Nous partons car il n'y a pas de travail ici, les autoritĂ©s ne nous aident pas, on a besoin de nourriture, de vĂȘtements...", raconte-t-elle.
Les migrants marchent en colonne le long des routes, sac au dos, la plupart le visage couvert d'un masque en raison de la pandémie de Covid-19.
Le Guatemala impose aux migrants pour traverser la frontiÚre de présenter des documents d'identité en rÚgle et un test PCR négatif. Une centaine d'Honduriens ont déjà été refoulés jeudi faute de test.
Beaucoup de migrants veulent croire que le prĂ©sident Joe Biden, qui sera investi mercredi, assouplira la politique migratoire des Etats-Unis, mĂȘme si Washington les a dĂ©jĂ mis en garde.
"Ne perdez pas votre temps et votre argent et ne risquez ni votre sécurité ni votre santé", a déclaré jeudi le commissaire par intérim du Service des douanes et de la protection des frontiÚres des Etats-Unis (CBP), Mark A. Morgan.
De son cÎté, le gouvernement mexicain a averti qu'il "ne permettra pas l'entrée illégale (sur son territoire) de caravanes de migrants". Quelque 500 policiers ont été envoyés à la frontiÚre avec le Guatemala.
Plus d'une douzaine de caravanes de migrants ont quitté le Honduras depuis octobre 2018, mais toutes se sont heurtées aux milliers de gardes-frontiÚres et militaires américains positionnés à la frontiÚre sud avec le Mexique par le président Donald Trump.
AFP


