Affrontements

Honduras : 41 morts dans une rixe entre bandes rivales dans une prison pour femmes

  • PubliĂ© le 21 juin 2023 Ă  02:44
  • ActualisĂ© le 21 juin 2023 Ă  05:50
Des gardiens surveillent des détenues de la prison de Tamara, au Honduras, aprÚs un affrontement et un incendie meurtriers le 20 juin 2023

Des affrontements entre bandes rivales mardi dans une prison pour femmes du Honduras, qui ont provoqué un incendie, ont fait au moins 41 morts, selon la police.

Le bilan "préliminaire" de cette explosion de violence dans cette prison située à environ 25 km au nord de la capitale Tegucigalpa est de 41 femmes décédées, a indiqué le porte-parole de la police Edgardo Barahona, qui n'a pas su préciser si toutes les victimes sont des détenues.

La rixe a fait également cinq blessées qui ont transportées dans un hÎpital de la capitale, a ajouté M. Barahona.

La présidente du Honduras Xiomara Castro (gauche) s'est déclarée sur son compte Twitter "bouleversée par le monstrueux assassinat (...) planifié par des maras", les bandes criminelles qui terrorisent le pays. Elle a exigé "des comptes" notamment du ministre de l'Intérieur en promettant des "mesures drastiques".

La majorité des victimes sont mortes brûlées vives tandis que d'autres ont succombé à des blessures par balle, a indiqué à l'AFP le porte-parole du parquet Yuri Mora.

M. Mora a indiquĂ© qu'une enquĂȘte Ă©tait en cours pour dĂ©terminer quelle est la bande Ă  l'origine de l'agression.

Selon la représentante de familles des détenues Delma Ordoñez, les victimes sont des membres du gang de la Mara Salvatrucha, ce qui semble indiquer, selon elle, que l'agression a été menée par des détenues de la bande rivale Barrio 18.

Des membres d'une bande criminelle ont fait irruption dans la cellule d'un gang rival et ont mis le feu, a-t-elle assuré à la presse.

Ce secteur de la prison de Tamara, oĂč sont dĂ©tenues quelque 900 femmes, a Ă©tĂ© "complĂštement dĂ©truit" par l'incendie, selon Mme Ordoñez.

Des centaines de proches de détenues se sont rassemblés à proximité de la prison pour tenter d'obtenir des informations. "Nous ne savons pas qui sont" les victimes, se lamente un homme visiblement désespéré.

La vice-ministre de l'Intérieur Julissa Villanueva a annoncé sur son compte Twitter une "intervention immédiate de pompiers, de policiers et de militaires".

- GangrĂšne -

Le Honduras est gangréné par la corruption et la terreur que font régner les "maras", qui se livrent, comme au Guatemala et au Salvador voisins, au racket, au trafic de drogue et aux meurtres sur gages.

La criminalité organisée est la responsable d'un taux particuliÚrement important d'homicides qui s'est élevé l'année derniÚre à 40 meurtres pour 100.000 habitants, soit quatre fois supérieur à la moyenne mondiale, hors zones de conflit.

Selon les autoritĂ©s, en dĂ©pit de mesures prises pour contrĂŽler les 26 prisons du pays oĂč sont dĂ©tenues environ 20.000 personnes, les chefs des bandes criminelles incarcĂ©rĂ©s continuent d'ordonner crimes et dĂ©lits depuis leurs cellules.

La violence, ainsi que la misĂšre, poussent des milliers d'habitants Ă  Ă©migrer vers les Etats-Unis en quĂȘte d'une vie meilleure.

Le Honduras est un important noeud de transit de la cocaĂŻne colombienne vers les Etats-Unis.

Le précédent président de ce pays d'Amérique centrale Juan Orlando Hernandez a été remis en avril 2022 à la justice américaine qui le réclamait pour trafic de drogue. Son frÚre "Tony", reconnu coupable de trafic de drogue, avait été condamné à la prison à vie un an auparavant par un tribunal de New York.

Selon les procureurs américains, l'ancien chef de l'Etat avait fait de son pays un "narco-Etat" avec des complicités au plus haut niveau de la police et de l'armée.

En mai 2022, l'ancien chef de la police Juan Carlos Bonilla a lui aussi Ă©tĂ© extradĂ© vers les Etats-Unis oĂč il est accusĂ© d'avoir supervisĂ© le trafic de drogue pour le compte de l'ex-prĂ©sident Hernandez.

La nouvelle présidente de gauche Xiomara Castro a promis de lutter contre les bandes criminelles en permettant, comme au Salvador voisin, des arrestations sans mandat judiciaire.

AFP

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