De Victor Hugo, à Edith Piaf en passant par De Gaulle, des funérailles de personnalités françaises ont donné lieu à des élans de ferveur populaire, rassemblant dans la douleur des dizaines de milliers de personnes.
- ObsĂšques nationales pour Victor Hugo -
Victor Hugo a Ă©tĂ© le premier Ă©crivain Ă bĂ©nĂ©ficier d'obsĂšques nationales jusqu'alors rĂ©servĂ©es aux plus hauts personnages de l?Ătat. L'immense majoritĂ© des dĂ©putĂ©s lui accorde les funĂ©railles nationales, aprĂšs sa mort le 22 mai 1885.
Le 31 mai, son cercueil est déposé sous l'Arc de Triomphe. Le catafalque est barré des initiales "VH". Le cortÚge, qui achemine, le 1er juin, sa dépouille, des Champs-Elysées au Panthéon, est suivi par deux millions de personnes, selon la presse de l'époque.
Une foule équivalente, toujours selon la presse d'alors, aurait accompagné la dépouille de Sadi Carnot, président de la République assassiné le 24 juin 1894 par un anarchiste, de Notre-Dame de Paris au Panthéon.
- 500.000 Parisiens pleurent Piaf -
AprĂšs sa mort, le 11 octobre 1963, Edith Piaf n'a pas eu droit Ă un hommage national, en raison de sa vie privĂ©e jugĂ©e dissolue par l?Ăglise. Cela n'a pas empĂȘchĂ© le peuple de Paris d'accompagner avec ferveur sa plus cĂ©lĂšbre "mĂŽme".
Le convoi funÚbre, parti de son domicile du boulevard Lannes (16e arrondissement de Paris) jusqu'au cimetiÚre du PÚre Lachaise, a été suivi par 500.000 personnes. Au moins 40.000 sont ensuite venues lui rendre un dernier hommage au cimetiÚre.
- La France en deuil pour de Gaulle -
Le 10 novembre 1970, le général de Gaulle meurt à Colombey-les-Deux-Eglises, terrassé par une crise cardiaque. Son testament précise qu'il ne veut pas d'obsÚques nationales. Conformément à sa volonté, ses obsÚques ont lieu deux jours plus tard en dehors de toute représentation officielle, à Colombey. Le gouvernement décrÚte un jour de deuil national et une cérémonie est célébrée à Notre-Dame-de-Paris.
A l'intĂ©rieur de la basilique, se pressent 7.000 personnes, dont le prĂ©sident amĂ©ricain Richard Nixon, le prince Charles, le Premier ministre indien Indira Gandhi et le chah d'Iran. A l'extĂ©rieur, 70.000 personnes suivent la cĂ©rĂ©monie depuis le parvis. Le mĂȘme jour Ă Colombey, 50.000 personnes accompagnent le gĂ©nĂ©ral jusqu'Ă sa derniĂšre demeure.
- Cohue au PĂšre Lachaise pour Jean Gabin -
Le 17 novembre 1976, le catafalque de Jean Gabin est exposé au cimetiÚre du PÚre Lachaise à Paris, avant son incinération.
"Comme au spectacle, se poussant, se pressant +pour mieux voir+, une foule considĂ©rable, impossible Ă chiffrer", envahit toutes les allĂ©es du cimetiĂšre, "ne voulant pas quitter les alentours du crĂ©matorium, mĂȘme une fois le cercueil enlevĂ©", raconte l'AFP.
"Cris d'hystérie, disputes, évanouissements, bousculades, tombes piétinées, service d'ordre débordé, rues entiÚrement bloquées autour du PÚre Lachaise, commencées dans le deuil et la dignité", les obsÚques de Jean Gabin se poursuivent "dans le tumulte et la confusion, nés certes de la ferveur et de l'admiration, mais qui ont choqué nombre de participants et amis du grand comédien disparu", écrit l'AFP.
Ces cendres sont dispersées deux jours plus tard en mer d'Iroise dans l'intimité.
- 50.000 personnes et pas de service d'ordre pour Sartre -
Le 19 avril 1980, la dĂ©pouille de Jean-Paul Sartre est conduite de l'HĂŽpital Broussais, oĂč il est mort, au cimetiĂšre du Montparnasse, en empruntant les grandes avenues du 14e arrondissement de Paris. Le cortĂšge funĂšbre est suivi par une foule qui ne cesse de grossir, pour atteindre 50.000 personnes, dont beaucoup de jeunes. Au milieu des anonymes qui se sont spontanĂ©ment rĂ©unis, on trouve Michel Rocard, Yves Montand, Simone Signoret.
Quelques policiers en gants blancs entourent le corbillard, mais il n'y a pas de service d'ordre pour canaliser cette foule, silencieuse et recueillie, qui s'est réunie spontanément.
AFP



