Pour réduire son empreinte environnementale

Il vit uniquement de la nature... dans une grande ville américaine

  • PubliĂ© le 7 novembre 2019 Ă  11:12
  • ActualisĂ© le 7 novembre 2019 Ă  11:44
Rob Greenfield, 33 ans, ici le 4 novembre 2019 dans le jardin oĂč il vit depuis un an Ă  Orlando, en Floride, souhaite inciter les gens Ă  vivre de maniĂšre durable

Rob Greenfield est Américain et se déplace beaucoup en auto-stop.

C'est l'une des techniques qu'il a adoptĂ©es pour rĂ©duire son empreinte environnementale. Une autre est plus radicale: depuis un an, il n'a pas dĂ©pensĂ© un centime pour de la nourriture. Il ne s'alimente que de ce qu'il peut faire pousser lui-mĂȘme dans un jardin, pĂȘcher -- ou de ce qu'il rĂ©cupĂšre le long des routes. Car oui, les animaux morts retrouvĂ©s au bord de l'autoroute sont aussi une option pour cet activiste de 33 ans.

Son défi prendra fin le 10 novembre: en résumé, ne vivre que de ce qu'il peut trouver dans la nature. Ou plutÎt dans la ville d'Orlando, capitale des parcs d'attraction dont l'aire urbaine compte quelque 2,5 millions d'habitants, choisie par Rob Greenfield pour son climat tropical. "Cette année, j'ai fait pousser ou récupéré 100% de mon alimentation -- pas de supermarché, pas de restaurant, pas de biÚre au comptoir d'un bar", a raconté Rob Greenfield à l'AFP. "La nature a été mon jardin, mon garde-manger et ma pharmacie."

"Je veux inspirer les gens", explique celui qui a documentĂ© toute son aventure dans des vidĂ©os postĂ©es sur YouTube. "Les inciter Ă  questionner leur nourriture, Ă  changer leur rĂ©gime alimentaire, Ă  cultiver leurs propres aliments, Ă  soutenir les agriculteurs locaux et Ă  manger d'une façon qui soit meilleure pour la planĂšte, nos communautĂ©s et nous-mĂȘmes."

- Ferme urbaine -

Pendant une annĂ©e, lui qui vit pieds nus ("Je pense que les pieds fonctionnent tout Ă  fait bien", dit-il) a habitĂ© une petite maison dans le jardin d'un propriĂ©taire l'ayant autorisĂ© Ă  y vivre pour mener Ă  bien son projet. Autrefois bien taillĂ©, cet espace est aujourd'hui transformĂ© en ferme urbaine oĂč poussent papayes, bananes, patates douces, aubergines et concombres. Il s'y est construit une cuisine Ă  l'air libre, oĂč il conserve le miel produit par ses quatre ruches.

A cĂŽtĂ© des toilettes, il range les feuilles veloutĂ©es d'une plante, qui font office de papier hygiĂ©nique: "C'est plus doux que tout ce que vous pouvez acheter en magasin", affirme-t-il. Pendant l'interview, il dĂ©guste du cerf dans un bol, assaisonnĂ© Ă  l'ail, poivre, coriandre, aneth et cuit dans du lait de coco. Il a trouvĂ© l'animal sur une route du Wisconsin, oĂč il a passĂ© des vacances. Et il termine son repas avec des feuilles de moringa, aux nombreux bienfaits mĂ©dicinaux.

Et pour le sel? "Je récupÚre de l'eau de l'océan. Je remplis un pot ou une carafe, puis je la mets sur un réchaud pour la faire bouillir et s'évaporer. Cela donne du bon sel", explique-t-il.

- Une vie simple -

Sa dĂ©cision de mener "une vie simple", il l'a prise en 2011. Avant cela, il vivait "une vie d'AmĂ©ricain plutĂŽt classique (...) avec l'objectif d'ĂȘtre millionnaire Ă  30 ans". En 2014, il a dissous son entreprise de marketing.

Il s'est ensuite fait connaßtre en 2016 avec un autre projet choc: marcher à travers New York en portant toutes les ordures qu'il produisait, afin de sensibiliser les Américains à la quantité de déchets générés. Visant toujours à inciter les gens à vivre de maniÚre durable, il ne sait pas quel sera son prochain défi. Il souhaite en tout cas voyager à travers le monde.

Il vit aujourd'hui uniquement de ce que lui rapportent ses livres ou ses confĂ©rences -- mĂȘme s'il participe souvent Ă  des Ă©vĂ©nements sans rĂ©clamer d'argent. Cette annĂ©e, il a gagnĂ© 9.760 dollars. L'annĂ©e prĂ©cĂ©dente, c'Ă©tait 8.000. Le seuil de pauvretĂ© pour un individu seul est de 13.000 dollars aux Etats-Unis.

Rob Greenfield dit qu'il reverse la plupart de ce qu'il gagne à des ONG, car il ne souhaite pas que sa popularité --acquise notamment grùce à de nombreux articles de presse-- le rende riche. "J'ai inventé un systÚme pour m'aider à ne jamais perdre mes bonnes intentions. Je crois en une vie humble et je ne pense pas qu'il soit possible de vivre humblement avec beaucoup d'argent."

AFP

guest
0 Commentaires