Le bilan d'un glissement de terrain survenu samedi prÚs de Bandung, sur la grande ßle de Java, est monté à 17 morts lundi et pourrait encore s'alourdir alors que plus de 70 personnes sont toujours portées disparues.
Des dizaines de personnes sans nouvelles de leurs proches attendent dans l'angoisse lundi prÚs du village de Pasirlangu, à 25 km du nord-ouest de Bandung, l'un des deux villages en partie enseveli samedi vers 02H30 (19H30 GMT vendredi) par un énorme éboulement de terrain provoqué par des pluies torrentielles.
"Il est impossible qu'ils soient encore en vie. Je veux juste que leurs corps soient retrouvés", a témoigné Aep
Saepudin, un homme qui se rend quotidiennement au village pour obtenir des nouvelles des 11 membres de sa famille portĂ©s disparus, parmi lesquels sa sĆur.
"Le bilan du glissement de terrain survenu à l'ouest de Bandung s'élÚve désormais à 17 morts", a indiqué lundi Abdul
Muhari, porte-parole de l'Agence nationale de gestion des catastrophes (BNPB). Des responsables locaux ont ajouté que 73 personnes étaient toujours portées disparues.
Plus d'une cinquantaine de maisons ont été gravement endommagées et plus de 650 personnes ont été évacuées, a ajouté l'agence locale de gestion des catastrophes.
Quelque 2.000 militaires, policiers et volontaires, aidés d'équipements lourds, participent lundi aux opérations de recherche au pied du Mont Burangrang, sous de lourds nuages menaçants, a constaté une journaliste de l'AFP.
Les secouristes procédaient avec prudence, creusant parfois à la main, par crainte d'un nouvel éboulement en raison de l'instabilité du terrain et des précipitations qui se poursuivent.
"Ce qui nous inquiÚte le plus, ce sont les risques de glissements de terrain ultérieurs", a déclaré Rifaldi Ashabi, un secouriste de 25 ans.
- Déforestation -
Les catastrophes comme les glissements de terrain sont fréquents en Indonésie pendant la saison des pluies, qui s'étend habituellement d'octobre à mars et détrempe les sols.
En novembre, trois provinces de l'ßle occidentale de Sumatra ont été dévastées par des inondations qui ont fait quelque 1.200 morts alors que des centaines de milliers d'habitants privés de toit ont été déplacés et hébergés dans des abris d'urgence.
Ecologistes, experts et mĂȘme le gouvernement indonĂ©sien ont soulignĂ© la responsabilitĂ© de la dĂ©forestation dans les crues et les glissements de terrain qui ont dĂ©vastĂ© ces trois provinces de Sumatra.
Les autorités ont annoncé la semaine derniÚre la révocation des permis de 28 entreprises d'exploitation forestiÚre, miniÚres et hydroélectriques, en réponse aux inondations.
Le gouvernement indonĂ©sien a intentĂ© dans le mĂȘme temps plusieurs actions en justice, rĂ©clamant plus de 200 millions de dollars de dommages et intĂ©rĂȘts contre six entreprises accusĂ©es de dommages environnementaux non spĂ©cifiĂ©s.
Le gouverneur de Java occidental, Dedi Mulyadi, a attribué la catastrophe de samedi aux vastes plantations qui entourent Pasirlangu, principalement utilisées pour la culture de légumes, et s'est engagé à reloger les habitants touchés.
"Cette zone devrait ĂȘtre reboisĂ©e. Les habitants de la rĂ©gion devraient ĂȘtre relogĂ©s car le risque de glissement de terrain est Ă©levĂ©", a dĂ©clarĂ© M. Dedi.
Plus de 240.000 hectares de forĂȘt primaire ont Ă©tĂ© perdus en 2024 en IndonĂ©sie, selon l'analyse du projet Atlas Nusantara de la start-up de surveillance de la forĂȘt The TreeMap.
Or, ces forĂȘts contribuent Ă absorber les eaux de pluie et Ă stabiliser le terrain grĂące aux racines des arbres.
AFP


