Japon

Inondations : au moins 199 morts

  • PubliĂ© le 12 juillet 2018 Ă  09:08
  • ActualisĂ© le 12 juillet 2018 Ă  09:25
La ville de Kurashiki sous les eaux aprĂšs des terribles inondations dans l'ouest du Japon, le 8 juillet 2018

Les inondations et glissements de terrain dans l'ouest du Japon ont tué au moins 199 personnes et, tandis que les recherches continuent, surgit déjà la question de l'évaluation du danger face à des phénomÚnes inédits.

Les autoritĂ©s disent ĂȘtre aussi sans nouvelles de plusieurs dizaines de personnes, les mĂ©dias parlant d'une soixantaine de disparus. Il s'agit dĂ©jĂ  de la plus grave catastrophe mĂ©tĂ©orologique depuis 1982 et le bilan s'aggrave de jour en jour. Les recherches se poursuivent avec des chances trĂšs amoindries de dĂ©couvrir des personnes en vie.

"Le dĂ©lai critique de 72 heures est passĂ©, mais nous allons continuer en pensant qu'il y a peut-ĂȘtre des survivants", a indiquĂ© Ă  l'AFP Mutsunari Imawaka, un fonctionnaire de la province d'Okayama, la plus meurtrie avec celle de Hiroshima. Le Premier ministre Shinzo Abe, qui a annulĂ© une tournĂ©e dans quatre pays, dont la Belgique et la France, s'est rendu mercredi dans la province d'Okayama et prĂ©voit une visite dans une autre rĂ©gion affectĂ©e vendredi.

Il n'a pas fait de déclaration, mais s'est briÚvement entretenu en privé avec quelques habitants sinistrés. Des milliers sont hébergés dans des refuges publics, d'autres ayant été accueillis par des proches. "C'est la premiÚre fois", "je n'ai jamais vu cela", "ma famille habite depuis des générations ici, on n'a jamais connu un phénomÚne pareil": tous les témoignages recueillis sur place par les journalistes de l'AFP convergent pour pointer une situation exceptionnelle.

- Dilemme -

La hauteur d'eau dans les parties inondées du quartier de Mabi à Kurashiki (préfecture d'Okayama) a atteint par endroits 4,8 mÚtres, selon les évaluations faites par l'Autorité d'information géospatiale du Japon. Les météorologues ont constaté une pluviométrie record en 72 heures dans 118 points d'observation répartis dans une quinzaine de préfectures.

Que les habitants n'aient pas pu partir à temps soulÚve la question des méthodes d'évaluation du danger, a reconnu le gouvernement, fortement critiqué par l'opposition pour sa gestion de crise jugée tardive. La cellule de crise nationale présidée par le Premier ministre n'a été mise en place que dimanche matin alors que le bilan avait atteint au moins 30 morts samedi soir.

"Nous avons vu ces derniĂšres annĂ©es des dĂ©sastres liĂ©s Ă  la pluie bien plus meurtriers qu'auparavant. Nous devons revoir ce que le gouvernement peut faire pour rĂ©duire les risques", a indiquĂ© mercredi aprĂšs-midi le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga. "La frĂ©quence Ă  laquelle les catastrophes mĂ©tĂ©orologiques ont lieu a augmentĂ©, et nous vivons dans un monde oĂč les rĂšgles apprises par l'expĂ©rience passĂ©e ne peuvent plus ĂȘtre appliquĂ©es", prĂ©vient Hiroyuki Ohno, responsable de l'institut Sabo, qui Ă©tudie les glissements de terrain.

PrÚs de 70% du territoire nippon est constitué de montagnes et de collines. Beaucoup d'habitations sont construites sur des pentes abruptes ou des plaines inondables, bref des zones à risque. Sans compter que de nombreuses maisons japonaises sont en bois, notamment mais les habitations traditionnelles en zone rurale.

Mais les experts pointent aussi du doigt le systĂšme d'avertissement japonais, qui confie Ă  des fonctionnaires locaux n'ayant aucune expĂ©rience de gestion des catastrophes la dĂ©cision d'Ă©mettre ou non des ordres d'Ă©vacuation, lesquels ne sont en outre pas contraignants. Avec pour consĂ©quence que les habitants doivent dĂ©cider eux-mĂȘmes s'ils partent ou restent, dans des situations oĂč ils manquent souvent d'informations prĂ©cises.

Les autorités locales ont aussi la hantise de dire aux gens de s'en aller pour rien. Du coup, "les réticences à émettre des ordres d'évacuation peuvent créer des retards (?) et si l'avertissement est donné à une heure nocturne, personne ne l'entend", s'inquiÚte Hirotada Hirose, un expert en gestion des catastrophes.

AFP

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