L'ancien président iranien est décédé à 82 ans

Iran : Des milliers de personnes aux funĂ©railles de Rafsandjani

  • PubliĂ© le 10 janvier 2017 Ă  12:48
Des Iraniens se recueillent devant le cercueil de l'ancien président Akbar Hachémi Rafsandjani, à la mosquée Jamaran, le 9 janvier 2017 à Téhéran

Des centaines de milliers de personnes assistaient mardi à Téhéran aux funérailles nationales de l'ancien président iranien Akbar Hachémi Rafsandjani, un pilier de la République islamique, mort dimanche à 82 ans.


Le guide suprĂȘme Ali Khamenei a prononcĂ© "la priĂšre du mort" pour l'ex-prĂ©sident, un conservateur modĂ©rĂ© et pragmatique, dont il avait saluĂ© la mĂ©moire juste aprĂšs sa mort en dĂ©pit de leurs "diffĂ©rences" d'opinion.
Dans la foule, des personnes brandissaient des photos du guide suprĂȘme et de Rafsandjani assis cĂŽtĂ© Ă  cĂŽte en train de sourire, selon des images diffusĂ©es en direct par la tĂ©lĂ©vision nationale Irib.
"Au revoir vieux compagnon", avait écrit une femme sur une pancarte.
Des personnalitĂ©s politiques et militaires de tous bords Ă©taient Ă©galement prĂ©sentes Ă  l'universitĂ© de TĂ©hĂ©ran, oĂč se dĂ©roulent les funĂ©railles.
Parmi elles, le président modéré Hassan Rohani et le général Ghassem Souleimani, chef des opérations extérieures des Gardiens de la révolution, l'armée d'élite iranienne.
L'ex-président Rafsandjani sera ensuite enterré dans le mausolée de l'imam Khomeiny, situé dans le sud de Téhéran, à cÎté de la tombe du pÚre-fondateur en 1979 de la République islamique, dont il était trÚs proche.
Mardi a été décrété jour férié en Iran et des restrictions de circulation ont été mises en place dans le centre de Téhéran. Les transports publics étaient gratuits pour permettre à la population de la capitale de se rendre aux obsÚques en nombre.
Des vidéos diffusés sur les réseaux sociaux montraient dans des avenues menant à l?université de Téhéran des petits groupes de manifestants scandant des slogans en faveur de l'opposant Mir Hossein Moussavi.
Placé en résidence surveillée depuis 2011, M. Moussavi était l'un des chefs du mouvement de protestation de 2009 contre la réélection de l'ex-président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, violemment réprimé par les autorités.


- Appel à l'unité -


D'autres petits groupes scandaient également des slogans en faveur de l'ex-président réformateur Mohammad Khatami, qui a été un proche allié de M. Rafsandjani pour former une alliance entre réformateurs et modérés.
Cette coalition avait permis en 2013 Ă  l'actuel prĂ©sident modĂ©rĂ© Hassan Rohani d'ĂȘtre Ă©lu.
L'un des fils de l'ex-président Rafsandjani, Mohsen Hachémi, a souhaité que ces funérailles se déroulent "dans le calme".
"La préoccupation de mon pÚre était toujours l'unité et nous demandons à la population de participer massivement à ces funérailles pour montrer au monde l'unité du pays", avait-il dit lundi.
Dans une réaction exceptionnelle concernant la mort de dirigeants iraniens depuis la Révolution islamique de 1979 et la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays, les Etats-Unis ont présenté leurs condoléances à la famille de M. Rafsandjani.
"L'ancien président Rafsandjani a été un personnage de premier plan tout au long de l'histoire de la République islamique d'Iran", a en outre déclaré le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest.
Il a ajouté qu'il ne souhaitait pas "spéculer sur les conséquences" de sa mort sur le plan politique en Iran.
A l'approche de l'élection présidentielle, en mai, la mort de M. Rafsandjani constitue une perte importante pour le président Rohani, qui était son protégé et devrait briguer un second mandat de quatre ans.
C'est également un coup dur pour le camp réformateur et modéré qui le soutient.
Car l'ex-prĂ©sident, qui dirigeait le Conseil de discernement du rĂ©gime, chargĂ© notamment de conseiller le guide suprĂȘme, Ă©tait un fin politique bĂ©nĂ©ficiant de rĂ©seaux d'influence Ă  travers tout le pays.
L'ayatollah Khamenei devra trĂšs vite nommer son successeur Ă  la tĂȘte du Conseil de discernement. L'orientation politique de ce nouveau dirigeant sera dĂ©terminante pour l'Ă©quilibre du pouvoir aux sein des institutions, pour la plupart contrĂŽlĂ©s par les conservateurs.

Par Mariam HAROUTIOUNIAN - © 2017 AFP

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