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Italie: ultimes tractations avant le verdict du président

  • PubliĂ© le 10 dĂ©cembre 2016 Ă  10:52
Le président italien Sergio Mattarella le 8 décembre 2016 au palais du Quirinale, le siÚge de la présidence italienne.

Le prĂ©sident italien Sergio Mattarella devait entamer samedi d'ultimes tractations avec les grands partis politiques dans l'espoir de dĂ©nouer, peut-ĂȘtre dĂšs lundi, la crise ouverte en Italie par la dĂ©mission de Matteo Renzi.


Les représentants de toutes les formations politiques représentées au Parlement italien défilent depuis vendredi matin au Quirinale, le siÚge de la présidence italienne.
Élections anticipĂ©es pour les uns, gouvernement d'union nationale pour d'autres: chacun dĂ©fend sa solution pour l'aprĂšs-Renzi alors que la crise bancaire a refait surface dans la troisiĂšme Ă©conomie de la zone euro.
Vendredi soir, la Ligue du Nord, parti anti-euro et anti-immigration, a confirmé devant le président son exigence d'élections anticipées.
D'autres partis, dont le Mouvement Cinq Étoiles, populiste et anti-systĂšme, sont sur la mĂȘme ligne, mais cette solution n'est pas nĂ©cessairement celle que retiendra M. Mattarella.
Ce dernier devra en tout Ă©tat de cause dĂ©signer le futur chef du gouvernement qui pourrait bien ĂȘtre le prĂ©sident du Conseil dĂ©missionnaire, Matteo Renzi. Mais ce dernier n'apparaĂźt guĂšre disposĂ© Ă  remplir ce rĂŽle, aprĂšs le non massif des Italiens au rĂ©fĂ©rendum constitutionnel dimanche.
- Solution de continuité -
Cette solution de continuitĂ© aurait nĂ©anmoins, selon la presse italienne, les faveurs du chef de l?État, qui a surtout Ă  coeur de prĂ©parer une transition ordonnĂ©e.
D'autant que la situation délicate dans laquelle se trouve depuis vendredi la BMPS, troisiÚme banque italienne et plus ancienne de la planÚte, a accentué la nervosité sur les marchés.
La Banque centrale européenne (BCE) lui a refusé le délai qu'elle lui demandait avant de lancer une augmentation de capital, ce qui la contraint à se tourner vers le gouvernement, démissionnaire, pour se sortir d'affaires.
L'agence Moody's a de son cÎté annoncé vendredi envisagé d'abaisser la note de sept banques italiennes.
Dans ce contexte, la cote du ministre des Finances Pier Carlo Padoan, déjà favori dans les journaux, pourrait remonter.
Il a été reçu vendredi par Matteo Renzi, tout comme le ministre des Affaires étrangÚres Paolo Gentiloni, autre grand favori du "Totopremier", exercice préféré des médias italiens lors des crises politiques, inspiré du loto sportif (totocalcio).
Le chef du gouvernement italien dĂ©missionnaire, bien que toujours chef de son Parti dĂ©mocrate (PD, centre gauche), ne sera pas Ă  la tĂȘte de la dĂ©lĂ©gation qui sera reçue par le chef de l'État vers 18H00 (17H00 GMT). Ce sera la derniĂšre formation politique, en qualitĂ© de premier parti reprĂ©sentĂ© au Parlement, Ă  ĂȘtre reçu par le prĂ©sident Mattarella.
L'auront prĂ©cĂ©dĂ©s les reprĂ©sentants de Forza Italia, le parti de l'ex-chef du gouvernement Silvio Berlusconi, et du Mouvement Cinq Étoiles, créé par le comique italien Beppe Grillo. Ce dernier ne conduira pas toutefois la dĂ©lĂ©gation de son mouvement, deuxiĂšme force politique en Italie avec 27% des voix derriĂšre le Parti dĂ©mocrate (32,5%), selon un sondage rĂ©alisĂ© aprĂšs le rĂ©fĂ©rendum de dimanche.
Les autres noms réguliÚrement cités pour la course à la présidence du Conseil sont celui du président du Sénat, Pietro Grasso, reçu vendredi soir par M. Mattarella, et du ministre des Transports Graziano Delrio.
Ce nouveau gouvernement pourrait ĂȘtre chargĂ© de changer la loi Ă©lectorale avant de prĂ©parer des Ă©lections anticipĂ©es en 2017. La lĂ©gislature actuelle doit prendre fin normalement en fĂ©vrier 2018.
Mais plusieurs commentateurs lui prédisent déjà une longue vie, avançant des raisons politiques internes ou d'ordre international.
L'Italie assure dÚs le mois de janvier la présidence du G7, le groupe des sept pays les plus riches de la planÚte, et organise un sommet de ses dirigeants en mai en Sicile. Elle rejoint aussi l'an prochain le Conseil de sécurité des Nations unies.
Mais la raison essentielle serait à chercher dans la résistance des 945 parlementaires italiens. La plupart d'entre eux, ironise la presse italienne, a absolument besoin de rester en poste jusqu'en septembre 2017 s'ils veulent prétendre à une retraite complÚte.

- © 2016 AFP
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