"J'ai vu le camion qui fonçait et des corps qui voltigeaient": les témoins de l'attentat qui a endeuillé Nice jeudi soir, pendant les festivités du 14 juillet, décrivent un moment d'"horreur" qui a frappé des familles qui venaient d'assister au feu d'artifice sur la Promenade des Anglais.
+Najate, Niçoise de 52 ans qui traversait la promenade des Anglais au moment des faits:
"J'ai entendu unšboum, je me suis retournée et là , j'ai vu le camion qui fonçait et des corps qui voltigeaient. On voyait qu'il voulait faire le maximum de victimes. Il roulait vite. C'était horrible. J'ai vu un pÚre avec son fils de deux ans dans les bras. Le petit était mort. (AprÚs) je ne comptais plus les morts".
+Suzy, retraitée de 65 ans:
"Le camion est passĂ© trĂšs trĂšs vite, je me suis dit +c'est pas possible, il faut partir+, alors qu'on Ă©tait vraiment bien, il Ă©tait superbe ce feu d'artifice, on Ă©tait tranquilles, contents, satisfaits et tout d'un coup, l'horreur, tout d'un coup, un camion qui dĂ©boule Ă fond, des tirs de pistolet, de fusil --je connais pas les armes et je veux pas les connaĂźtre. (...) J'ai eu la chance d'ĂȘtre du bon cĂŽtĂ© de la promenade: il y a la bande avec les arbres et c'Ă©tait de l'autre cĂŽtĂ©. (...) J'Ă©tais Ă la terrasse d'un cafĂ© et je me suis prĂ©cipitĂ©e au fond du cafĂ©."
- Pascale se trouvait à proximité de l'hÎtel Negresco:
"Il y a eu un mouvement de foule, j'ai pensé tout de suite à un attentat en me disant +chasse tes idées!+. Avec mon ami on est remontés sur la promenade (des Anglais, ndlr) pour écouter un groupe de rock mais la premiÚre chanson n'est pas finie, on entend des cris, les gens qui poussent et on entend des coups de feu. Ca a été la débandade, on a couru comme des fous.
A un moment donné, on courait vers le Negresco, mon copain m'a dit + saute, saute+. On avait le sentiment qu'on nous tirait dessus. On a couru vers la mer pour échapper aux tirs, il y a des gens qui allaient dans la mer. En remontant sur la promenade on est tombé malheureusement sur les méfaits du camion. Des marins nous ont dit que c'était un camion fou qui avait fauché les gens. Il y avait un jeune homme griÚvement blessé. J'ai couru dans toutes les directions pour trouver un médecin qu'on a ramené vers le jeune homme. Je ne sais pas ce qu'il est devenu. Je n'ai pas peur, je me dit juste +qu'est ce que je peux faire?+".
- Laroussi, un touriste tunisien:
"On a vu le camion à 120 ou 150 km à l'heure. On était vers la plage. Il a pris la direction vers le casino. Les gens sons devenus fous. j'ai vu un petit coupé en deux, sa poussette est restée intacte. On n'a pas pu dormir de la nuit. C'est horrible. Pourquoi n'y avait-il pas de barrages? Les policiers ne sont arrivés que 20 minutes aprÚs".
Par Frédéric GARLAN - © 2016 AFP
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