Marie-Ange Laroche, "bouleversĂ©e" par les rebondissements dans l'enquĂȘte sur la mort du petit GrĂ©gory, a assurĂ© lundi "n'avoir jamais frappĂ© (sa soeur) Murielle Bolle" aprĂšs sa dĂ©position incriminant son mari Bernard, rĂ©futant le tĂ©moignage d'un cousin, devenu clĂ© dans cette affaire relancĂ©e 32 ans aprĂšs les faits.
"Ce soir-là (le 5 novembre 1984 ndlr), j'ai saisi Murielle par les épaules, mais je ne l'ai pas frappée. C'est faux, je suis formelle. Je lui ai dit: +Qu'est-ce que tu as dit ?+", a-t-elle affirmé lors d'un entretien accordé à l'AFP et à l'Est Républicain chez son avocat Me Gérard Welzer à Epinal.
"Les gendarmes peuvent venir m'entendre, je n'ai rien à cacher, rien à me reprocher", a-t-elle lancé. Elle a précisé ne plus avoir revu sa soeur cadette depuis cette époque.
Marie-Ange Laroche, 60 ans, dément ainsi un de ses cousins qui a affirmé avoir assisté le soir du 5 novembre à une "raclée" administrée par la famille Laroche à Murielle au motif que la jeune fille, alors ùgée de 15 ans, venait de livrer au juge d'instruction un témoignage accablant son beau-frÚre Bernard Laroche.
L'adolescente avait dit aux gendarmes qu'elle était dans la voiture de Bernard Laroche, passé prendre Grégory le 16 octobre 1984, jour de sa mort, avant de le déposer, pensait-elle, chez des amis des Villemin. Elle avait réitéré ces déclarations le 5 novembre devant le juge Jean-Michel Lambert, qui avait inculpé Bernard Laroche. Elle s'était rétractée le lendemain de son témoignage, affirmant avoir parlé sous la menace des gendarmes.
Remis en liberté, Bernard Laroche a été abattu le 29 mars 1985 par Jean-Marie Villemin, convaincu que son cousin était le meurtrier de son fils Grégory, 4 ans, retrouvé pieds et poings liés dans la Vologne le 16 octobre 1984.
Murielle Bolle, aujourd'hui ĂągĂ©e de 48 ans, a Ă©tĂ© mise en examen le 29 juin pour enlĂšvement de mineur de 15 ans suivi de mort et placĂ©e en dĂ©tention en Bourgogne. Depuis le jeudi 6 juillet elle observe une grĂšve de la faim. Elle doit ĂȘtre confrontĂ©e Ă son cousin le 28 juillet Ă Dijon.
- Acharnement-
"C'est trop facile de taper sur Bernard. Il est mort, il peut pas se dĂ©fendre", s'insurge Marie-Ange, qui vit dans la vallĂ©e de la Vologne oĂč elle travaille dans un Ă©tablissement public.
Selon Me Welzer, Marie-Ange Laroche a décidé d'écrire au président de la République pour dénoncer l'acharnement dont elle est victime et attirer l'attention sur des incohérences dans le dossier.
"On m'a traĂźnĂ©e dans la boue. On m'a dĂ©truite, salie. Ma vie est foutue", a soupirĂ© Mme Laroche, brisĂ©e par les larmes de l'Ă©motion. Pour Me Welzer, le tĂ©moignage du cousin sur "la raclĂ©e" qu'aurait reçue Murielle Bolle aprĂšs avoir accablĂ© son beau-frĂšre Bernard Laroche "ne tient pas". "Il est attestĂ© qu'il n'Ă©tait pas au domicile des Laroche le 5 novembre", assure Me Welzer. "Il est capital que les enquĂȘteurs Ă©tablissent la faussetĂ© de ses dĂ©clarations".
Marie-Ange Laroche prĂ©cise qu'elle ne frĂ©quentait pas ce cousin, dont la mĂšre Ă©tait la soeur de la sienne. "Je ne suis mĂȘme pas sĂ»re qu'il ait jamais vu Bernard avant son assassinat", a-t-elle dĂ©clarĂ©.
Elle s'insurge également contre un carnet écrit par le juge Maurice Simon, à un moment en charge de l'affaire mais décédé depuis, qui est "une succession d'injures, de ragots, de convictions établies contre mon mari", accuse-t-elle. "Aujourd'hui, les thÚses avancées par l'accusation reprendraient mot pour mot les notes contenues dans les carnets de ce magistrat", dénonce Mme Laroche dans son courrier au chef de l'Etat.
Me Welzer soutient que le tĂ©moignage du cousin est "un tĂ©moignage roue de secours" et dĂ©plore que les enquĂȘteurs d'aujourd'hui aient "chaussĂ© les mĂȘmes chaussures" que leurs prĂ©dĂ©cesseurs.
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AFP

