Fashion week

Jeunesse et décontraction, retour du logo dans la mode masculine

  • PubliĂ© le 23 janvier 2017 Ă  05:12
Défilé de la maison Thom Browne à Paris, le 22 janvier 2017

Des silhouettes d'adolescents, de la décontraction et des logos à gogo: quelques tendances marquantes de la Fashion week homme automne hiver 2017-2018 à Paris, qui s'est achevée dimanche aprÚs cinq jours de défilés automne-hiver.

- Culte de la jeunesse -

L'heure est à la dégaine d'adolescent. Le pull ample en maille aux manches interminables dans lesquelles l'ado complexé dissimule ses mains, vu notamment chez Raf Simons dans le passé, gagne du terrain. Chez Dries Van Noten, il se porte version jacquard avec un jean déchiré à revers et des boots, ou à motifs peau de vache avec une pantalon noir étroit. Chez Etudes, les manches des gilets en grosse maille descendent jusqu'au genou. Du cÎté du label américain Off-White, les jeunes se lovent dans d'immenses pulls en mohair.
Au dĂ©filĂ© du japonais Facetasm, les mannequins portent des marques roses sur les joues qui Ă©voquent une acnĂ© juvĂ©nile. Dior va chercher l'inspiration du cĂŽtĂ© des "candy boys", ces jeunes fĂȘtards qui refusent de grandir, avec des accessoires en forme de nounours accrochĂ©s Ă  la ceinture.
A Milan, Dolce&Gabbana avait dédié son show à la génération connectée des "millenials", nés dans les années 1990 et 2000.

- Le show du logo -

Le logo, symbole de l'ostentation des annĂ©es 1980, fait un retour remarquĂ©. Parfois sous forme de clin d??il, comme au dĂ©filĂ© Balenciaga, deux jours avant l'investiture de Donald Trump, oĂč un logo "Balenciaga 2017" Ă©voquait celui de la campagne de Bernie Sanders, rival malheureux d'Hillary Clinton Ă  la primaire dĂ©mocrate. Le directeur artistique, Demna Gvasalia, avait aussi carrĂ©ment imprimĂ© sur un sweat shirt un logo "Kering", groupe auquel appartient la griffe.
Dior version techno hardcore devient "HARDIOR", tandis que dans la collection Louis Vuitton, un double logo rĂšgne en maĂźtre: le monogramme LV se mĂȘle au logo Supreme, marque streetwear new-yorkaise avec laquelle la griffe française signe une collaboration.
Des associations de marques qui tendent à se développer, comme l'illustrent les collaborations de The North Face avec les marques japonaises Junya Watanabe et Sacai. La référence étant la collection de l'iconoclaste label Vetements présentée en juillet dernier à Paris, réalisée uniquement sur la base de collaborations avec 17 marques, luxueuses ou streetwear.

- La mode parle -

Les slogans ne sont pas en reste, politiques parfois: chez Etudes, la main "Touche pas Ă  mon pote" de SOS Racisme se retrouve en grand format sur un bomber. Un plus nihiliste et adolescent "Never Mind" s'imprime sur un pull Ă  manches raglan noir et blanc.
"Visual pollution", "communism never happened", "massacre" sont quelques-uns des slogans choc de la marque chinoise Sankuanz, qui a frappé fort pour son premier défilé dans le programme officiel avec une collection apocalyptique comportant uniformes militaires et tenues de protection contre les risques chimiques.
Chez AgnĂšs b, un mannequin a brandi une Ă©charpe "SOS MĂ©diterranĂ©e", ONG portant secours aux migrants naufragĂ©s, lors d'un dĂ©filĂ© oĂč l'urgentiste Patrick Pelloux, le journaliste Marc-Olivier Fogiel, le chanteur Rodolphe Burger et le comĂ©dien Vincent Dedienne jouaient les mannequins.

- Mixité -

La formule consistant Ă  faire dĂ©filer en mĂȘme temps hommes et femmes, adoptĂ©e par de nombreuses marques Ă  Londres et Milan, a aussi fait des adeptes Ă  Paris parmi les jeunes crĂ©ateurs, mais aussi du cĂŽtĂ© de griffes comme Kenzo et Paul Smith. Des mannequins femmes Ă©taient aussi prĂ©sentes sur le podium de Berluti pour la premiĂšre collection de Haider Ackermann. L'androgynie rĂšgne du cĂŽtĂ© d'Ann Demeulemeester, au vestiaire plein de romantisme.

- Décontraction -

Le costume sur le dĂ©clin? Pas pour Kris Van Assche, le directeur artistique de Dior homme, qui propose de le rajeunir en intĂ©grant des codes de l'univers underground des rave parties, pour des hommes en quĂȘte d'une Ă©lĂ©gance moins sage. Balenciaga revisite aussi l'uniforme du businessman, avec des manteaux droits qui s'Ă©tirent en longueur et peuvent se porter les jambes Ă  l'air, tandis que Yohji Yamamoto reformule le costume trois piĂšces, version cool et confortable.
"Le vĂȘtement masculin, notamment dans les costumes, ne doit jamais ĂȘtre contraignant. Le confort, chez les hommes, est quelque chose qui passe avant tout", souligne VĂ©ronique Nichanian, directrice artistique de l'homme chez HermĂšs.
A noter cÎté couleur, un succÚs certain de l'orange. Les motifs tartan et prince de Galles continuent à séduire (Loewe, Kolor, Wooyoungmi). Les chemises se portent à moitié rentrées dans le pantalon, pour un cÎté faussement négligé, comme chez Ami.

AFP

guest
0 Commentaires