Actualités du monde

JO-2016 - Dopage: premiĂšres exclusions de sportifs russes et premier appel au TAS

  • PubliĂ© le 25 juillet 2016 Ă  23:01
Ioulia Efimova, le 9 août 2015, à Kazan

Le parcours du combattant juridique a commencé à onze jours des Jeux de Rio: la Russe Ioulia Efimova a été la premiÚre lundi à faire appel de son exclusion pour dopage par la Fédération internationale de natation, sur la base des critÚres fixés par le CIO dimanche.


Officiellement, dix sportifs russes, sept nageurs, deux haltérophiles et un lutteur, ont été déclarés non éligibles lundi pour les Jeux de Rio. Et donc retirés de la liste de la délégation russe pour Rio établie par le Comité olympique russe (ROC).
Mais Ioulia Efimova, quadruple championne du monde et médaillée de bronze sur 200 m brasse aux Jeux de Londres, n'a pas accepté cette sanction. Son agent, Andreï Mitkov, a aussitÎt annoncé qu'elle allait faire appel devant le Tribunal arbitral du sport de Lausanne, en Suisse, et ce à la fois contre le Comité international olympique (CIO), le ROC et la Fina, la Fédération internationale de natation.
Il s'agit donc du premier recours judiciaire contre le bel Ă©difice mis en place dimanche par le CIO, consistant Ă  sauver le ROC certes, mais Ă  demander aux diverses FĂ©dĂ©rations internationales (FI) de trier elles-mĂȘmes et de sĂ©lectionner les sportifs russes qui ne seraient pas touchĂ©s par le scandale de dopage d'Etat dĂ©voilĂ© en dĂ©tail par le rapport McLaren le 18 juillet.
En donnant cette mission aux FI, le CIO avait fixĂ© deux critĂšres stricts: ne jamais avoir Ă©tĂ© sanctionnĂ© pour dopage, quand bien mĂȘme la peine aurait Ă©tĂ© purgĂ©e, et ne pas ĂȘtre citĂ© dans le rapport McLaren.
- Feu vert du tennis -
C'est ce premier critÚre qu'attaque Efimova, contrÎlée positive en 2014 à un stéroïde, ce qui lui avait valu une suspension de 16 mois.
Si la Fina et les Fédérations d'haltérophilie et de lutte ont donc trouvé matiÚre à appliquer les consignes du CIO lundi, cela n'a pas été le cas des Fédérations de tennis et d'équitation, qui ont, elles, donné leur feu vert à la présence des sportifs russes dans leurs disciplines.
Cette décision du CIO de laisser aux fédérations la responsabilité de la présence de sportifs russes à Rio, sans exclure le ROC, a suscité de nombreuses critiques dans le mouvement olympique.
L'AMA s'est ainsi dite "déçue" tandis que l'Usada, l'agence américaine antidopage, a parlé de "désordre" créé par le CIO.
Lundi, l'Agence française de lutte antidopage a aussi regretté la décision du CIO, estimant que l'instance aurait pu "faire preuve d'une grande fermeté".
En Russie, oĂč le sport et les mĂ©dailles sont une prioritĂ© nationale, le soulagement Ă©tait par contre immense lundi. "Nous nous fĂ©licitons naturellement" de la dĂ©cision du CIO, a ainsi estimĂ© le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, Ă©voquant une "dĂ©cision positive".
"Cette décision n'est pas mauvaise pour nous. Elle a été prise et nous devons la respecter", a déclaré à l'AFP le président du comité pour le Sport à la Douma (chambre basse du Parlement), Dmitri Svichtchev, tout en regrettant que les sportifs russes ayant déjà été sanctionnés pour dopage soient privés de Jeux.
Lors d'une conférence de presse, le président du ROC, Alexandre Joukov, avait lui annoncé qu'il allait "étudier l'historique en matiÚre de dopage de chaque sportif sélectionné" pour les JO. En début de soirée, il a indiqué qu'au moins 13 sportifs avaient des "antécédents" de dopage et ne pourraient pas s'envoler pour Rio, sans préciser les noms des trois qui ne sont pas encore connus, et leurs sports.
Ces dix sportifs officiellement interdits de Rio, voire treize bientÎt, s'ajoutent aux 67 athlÚtes russes déjà collectivement bannis des JO par la Fédération internationale d'athlétisme.
- Gymnastes et escrimeurs déjà à Rio -
La dĂ©cision de la FĂ©dĂ©ration internationale de judo, qui avait soutenu la Russie avant mĂȘme que se prononce le CIO, devrait rapidement suivre.
Les patrons des Fédérations russes d'escrime et de pentathlon ont estimé eux que leurs sportifs seraient autorisés à concourir à Rio, mais ils attendent une confirmation officielle qu'ont déjà reçue les archÚres russes, championnes du monde.
Mais certains sportifs n'ont pas attendu pour s'envoler à Rio. C'est le cas des escrimeurs et des gymnastes, dont l'entraßneur principal, Valentina Rodionenko, a assuré à l'agence de presse TASS: "Le pire est derriÚre nous."
La majorité de la sélection russe s'envolera pour Rio jeudi. Pour les 67 athlÚtes privés de JO à cause de la suspension de la Fédération russe d'athlétisme, il n'y a en revanche plus aucune chance d'aller à Rio aprÚs la décision jeudi du Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne.
"Notre bataille pour Rio est terminée", a regretté la star du saut à la perche Yelena Isinbayeva, qui visait à Rio une troisiÚme médaille d'or olympique avant de prendre sa retraite.
Pas celle de la nageuse Efimova donc. Avant d'autres recours Ă©ventuels Ă  venir, de la part d'autres sportifs dĂ©boutĂ©s. Ce que craignait le prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration internationale d'aviron pourrait se produire: voir les recours s'Ă©terniser, et certains athlĂštes russes ĂȘtre interdits de JO... aprĂšs les JO.

Par Colette LARRABURU - © 2016 AFP
guest
0 Commentaires