Des incidents redoutés

JO-2024: autour de la flamme olympique, une "bulle" pour éviter le buzz

  • PubliĂ© le 22 juin 2023 Ă  12:49
  • ActualisĂ© le 22 juin 2023 Ă  13:24
L'actrice grecque Xanthi Georgiou allume la flamme olympique des Jeux d'hiver de Pékin 2022, à Olympie le 18 octobre 2021

Le relais de la flamme olympique en vue des Jeux de Paris-2024, dont le parcours est dévoilé vendredi, pourrait offrir une importante caisse de résonance aux opérations coup de poing d'activistes, sans oublier la menace terroriste, et mobilisera policiers et gendarmes en nombre pendant prÚs de trois mois.

La torche, allumée sur le site d'Olympie en GrÚce, doit arriver par la mer à Marseille à bord du trois-mùts Bélem le 8 mai 2024 puis sillonner une soixantaine de territoires français, via les Antilles et Tahiti, avant son arrivée à Paris pour la cérémonie d'ouverture, le 26 juillet.

La sĂ©curitĂ© de ce long pĂ©riple de 12.000 kilomĂštres, avalĂ©s par quelque 10.000 relayeurs, fait dĂ©jĂ  l'objet de l'attention des autoritĂ©s, soucieuses d'Ă©viter tout incident qui viendrait gĂącher la fĂȘte avant mĂȘme qu'elle ait vraiment commencĂ©.

Dans une instruction en date du 28 avril, que l'AFP a consultée, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin demande aux préfets "une attention particuliÚre concernant les mouvements de contestations et de revendications susceptibles de faire émerger des actions à forte visibilité médiatique".

Le fiasco en 2008 du passage de la flamme olympique à Paris avant les Jeux de Pékin, interrompu avant son terme aprÚs des incidents avec des manifestants pro-Tibet, est encore dans les mémoires.

Pour ne pas revoir ces images, le Comité d'organisation des Jeux olympiques (Cojo) a indiqué fin mai qu'il y aurait "une bulle itinérante" autour de la flamme assurée par les moyens de l'Etat (gendarmerie, police), à laquelle s'ajouteront sur chaque territoire des forces de sécurité locales supplémentaires.

"C’est un dispositif mobile. Ça veut dire qu’on ne sĂ©curise pas tout mais seulement au fur et Ă  mesure que ça avance. Un peu comme lors du Tour de France", dĂ©crypte un haut-gradĂ© du ministĂšre de l'IntĂ©rieur.

Quelles unités constitueront cette bulle ? Combien de policiers et gendarmes seront déployés autour du porteur ? Avec quels équipements (motos, rollers, vélos, etc.) ? "C'est trop tÎt pour le dire. Il reste encore beaucoup d'arbitrages à faire", glisse-t-on place Beauvau.

- "Eteignons-lĂ !" -

"Il y aura sans doute un +effectif-socle+, renforcé par des forces mobiles aux moments symboliques, comme le départ et l'arrivée, ou les passages sur des sites emblématiques, comme le Mont-Saint-Michel, et un dispositif de lutte antidrones", anticipe le haut-gradé.

A Paris, Ă  la "bulle" s'ajoutera le "tube", explique un cadre de la prĂ©fecture de police: "On va sĂ»rement sĂ©curiser comme pour une remontĂ©e des Champs-ÉlysĂ©es du 11-Novembre ou la descente du bus des Bleus en 2018 (aprĂšs la victoire Ă  la Coupe du monde de football, NDLR), avec du barriĂ©rage et des effectifs jalonnĂ©s sur tout le parcours", dĂ©veloppe-t-il.

Les menaces commencent Ă  ĂȘtre identifiĂ©es et listĂ©es par les services de renseignement qui font remonter leurs informations au Centre de renseignement olympique (CRO), un outil spĂ©cialement créé pour les Jeux.

"Le risque traditionnel, c'est l'acte terroriste", rappelle une source sécuritaire. Puis tout ce qui relÚve de l'ordre public, avec "les contestataires de la réforme des retraites" réunis sur les réseaux sociaux derriÚre le hashtag #PasderetraitpasdeJO, et les activistes environnementaux comme ceux de DerniÚre Rénovation et Extinction Rébellion.

"Il y aura peut-ĂȘtre des militants qui vont tenter de ralentir ou de bloquer le parcours, mais le dispositif sĂ©curitaire a anticipĂ© de tels scĂ©narios", assure une source proche des instances olympiques.

Avec le lancement en juin de la campagne de recrutement des porteurs du flambeau, plane aussi le risque d'une infiltration de faux candidats qui se feraient porter pùle le jour J ou, pire, viendraient perturber le bon déroulé du relais.

Des "criblages" (enquĂȘtes administratives de sĂ©curitĂ©) sont prĂ©vus pour les personnes participant Ă  l'organisation du relais "selon des modalitĂ©s qui restent Ă  dĂ©finir", confie-t-on place Beauvau.

"A l’heure actuelle, on ne sait pas si on fera quelque chose pour les JO. C’est une Ă©chĂ©ance qui est lointaine", tempĂšre ainsi auprĂšs de l'AFP Nicolas Turcev, de DerniĂšre RĂ©novation. "Les JO, on en parle, mais la flamme n’est pas le sujet principal", abonde un membre d'Extinction RĂ©bellion.

D'autres se sont dĂ©jĂ  emparĂ©s du sujet. Le collectif Saccage2024 appelle Ă  un rassemblement vendredi matin place de la Sorbonne, Ă  Paris - oĂč sera dĂ©voilĂ© le tracĂ© de la flamme olympique. Mot d'ordre: "Eteignons-lĂ !"

AFP

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1 Commentaires
Dom
Dom
3 ans

Encore de l'argent gaspillé!