Actualités du monde

Kerviel: le parquet requiert le rejet des dommages de la banque

  • PubliĂ© le 17 juin 2016 Ă  18:21
JérÎme Kerviel (D) et son avocat David Koubbi à leur arrivée le 15 juin 2016 au tribunal à Versailles

L'avocat gĂ©nĂ©ral a requis, vendredi au procĂšs en appel de l'ex-trader JĂ©rĂŽme Kerviel, le rejet de la demande de dommages et intĂ©rĂȘts Ă  hauteur de 4,9 milliards d'euros formulĂ©e par la SociĂ©tĂ© gĂ©nĂ©rale.


"Votre dĂ©cision pourrait ĂȘtre un message fort donnĂ© aux Ă©tablissements bancaires pour Ă©viter qu'Ă  l'avenir de tels faits puissent se reproduire", a expliquĂ© l'avocat gĂ©nĂ©ral Jean-Marie d'Huy devant la cour d'appel de Versailles. La banque a "commis des fautes civiles, distinctes et de nature diffĂ©rente des fautes pĂ©nales de JĂ©rĂŽme Kerviel, qui apparaissent suffisantes pour entraĂźner la perte totale de son droit Ă  rĂ©clamer une compensation intĂ©grale de ses pertes", a-t-il ajoutĂ©.
JĂ©rĂŽme Kerviel comparaĂźt depuis mercredi pour savoir s'il devra ou non payer Ă  la banque les 4,9 milliards d'euros de dommages et intĂ©rĂȘts qu'elle rĂ©clame.
L'ex-trader, condamné à cinq ans de prison, dont trois ferme, pour abus de confiance, a répété ce qu'il dit depuis toujours: son ex-employeur "savait" et n'a rien fait pour mettre un terme aux opérations frauduleuses que M. Kerviel a passées sur les marchés à terme en 2007-2008.
La Cour de cassation a confirmĂ© en 2014 la condamnation Ă  la prison de JĂ©rĂŽme Kerviel mais elle a cassĂ© le volet civil, c'est-Ă -dire les dommages et intĂ©rĂȘts initialement octroyĂ©s Ă  la banque, estimant que ses mĂ©canismes de contrĂŽle ont failli.
JérÎme Kerviel, briÚvement incarcéré aprÚs sa mise en examen en février 2008, n'est plus sous bracelet électronique depuis juin 2015. Il a connu la semaine derniÚre son premier succÚs judiciaire depuis le début de l'affaire en janvier 2008: le conseil de prud'hommes de Paris a condamné la banque à lui payer quelque 455.000 euros, estimant qu'il avait été licencié "sans cause réelle ni sérieuse" et dans des conditions "vexatoires".

Par Luana SARMINI-BUONACCORSI - © 2016 AFP
guest
0 Commentaires