Diplomatie

Kim Jong Un en route vers HanoĂŻ pour son sommet avec Donald Trump

  • PubliĂ© le 25 fĂ©vrier 2019 Ă  18:24
  • ActualisĂ© le 25 fĂ©vrier 2019 Ă  18:42
Photo prise le 23 février 2019 et transmise par l'agence officielle nord-coréenne KCNA montrant le leader Kim Jong Un à son départ de Pyongyang

Kim Jong Un Ă©tait attendu mardi Ă  HanoĂŻ aprĂšs un long pĂ©riple ferroviaire Ă  travers la Chine en vue d'un deuxiĂšme tĂȘte-Ă -tĂȘte avec Donald Trump lourd d'enjeux au vu de la dĂ©claration largement symbolique du prĂ©cĂ©dent sommet de Singapour.

La capitale vietnamienne se prĂ©parait Ă  accueillir mercredi et jeudi ce nouveau rendez-vous entre le dirigeant nord-corĂ©en et le prĂ©sident amĂ©ricain qui espĂšre arriver Ă  la dĂ©nuclĂ©arisation du pays reclus mĂȘme s'il affirme ĂȘtre prĂȘt Ă  prendre son temps.

Kim Jong Un est monté samedi à Pyongyang à bord de son train blindé vert olive frappé d'un liseré jaune pour un trajet qui l'a conduit en Chine vraisemblablement en direction du Vietnam.
Si le trajet emprunté est top secret, le convoi nord-coréen pourrait, selon des sources vietnamiennes, arriver aux premiÚre heures mardi en gare de Dong Dang, localité vietnamienne frontaliÚre de la Chine, aprÚs 4.000 kilomÚtres de voyage.
De cette gare, fermée au public et encerclée par des gardes armés, le numéro un du régime pourrait gagner Hanoï par la route, dont les autorités vietnamiennes ont annoncé la fermeture mardi entre 06H00 et 14H00 locales (7H00 GMT).
En juin, M. Kim s'était engagé à "travailler vers la dénucléarisation complÚte de la péninsule coréenne". Mais le manque d'avancées concrÚtes depuis ont rendu sceptiques nombre d'observateurs.

"C'est excitant"

Stephen Biegun, l'émissaire des Etats-Unis pour la Corée du Nord, a récemment reconnu que Pyongyang et Washington ne s'étaient "pas mis d'accord sur la signification" de la dénucléarisation.
Les Etats-Unis ont maintes fois réclamé que Pyongyang se débarrasse de son arsenal nucléaire de maniÚre complÚte, vérifiable et irréversible.
Pour la Corée du Nord, la dénucléarisation a un sens plus large. Elle veut la levée des sanctions internationales qui l'étranglent et la fin de ce qu'elle perçoit comme les menaces américaines, à savoir la présence militaire en Corée du Sud et dans la région en général.
Donald Trump a semblé vouloir tempérer par avance les espoirs suscités par le sommet vietnamien, répétant dimanche qu'il n'était pas pressé de convaincre le Nord de renoncer à son arsenal nucléaire tant que celui-ci s'abstiendrait, comme il le fait depuis plus d'un an, de procéder à des tirs de missiles et des essais nucléaires.
"Je ne veux brusquer personne", a-t-il dit à la veille de son départ de Washington. "Tant qu'il n'y a pas de tests, nous sommes contents".

Depuis des mois, le président américain manie la carotte et le bùton envers le Nord, faisant miroiter son potentiel économique tout en refusant l'allÚgement des sanctions.
"Il y a une véritable opportunité pour faire quelque chose de trÚs trÚs spécial. C'est excitant", a-t-il répété, avant de rappeler: "nous n'avons rien lùché, les sanctions sont toujours en place".
La Corée du Nord martÚle qu'elle a déjà fait des gestes, avec le gel des essais militaires et en faisant sauter les accÚs à son site d'essais nucléaire.
Mais parallÚlement, elle souligne qu'elle a fini de développer son arsenal et qu'elle n'a plus besoin de telles infrastructures.

ModÚle économique vietnamien

Pour Harry Kazianis, du groupe de réflexion conservateur Center for the National Interest, les deux parties devront faire "au moins un pas en avant sur la dénucléarisation" car "rien ne serait pire pour chacun que de sortir de la réunion en ayant perdu son temps".
"M. Trump va certainement se focaliser plus sur un fil narratif selon lequel il a obtenu la paix plutÎt que pousser M. Kim à la dénucléarisation", prédit plutÎt Scott Seaman, analyste chez Eurasia Group.
Pour Kim Yong-hyun, de l'Université Dongguk, le meilleur scénario serait que les deux dirigeants se mettent d'accord sur une feuille de route pour la dénucléarisation.
Washington pourrait promettre des garanties de sécurité sous la forme d'une déclaration officielle sur la fin de la guerre de Corée (1950-53) qui s'est achevée sur un armistice.

La présidence sud-coréenne a jugé crédible un tel scénario. "Je crois qu'il existe une réelle possibilité", a dit son porte-parole Kim Eui-kyeom.
Le dirigeant nord-corĂ©en devrait profiter de son sĂ©jour au Vietnam pour visiter des zones industrielles dans les provinces de Quang Ninh et Bac Ninh, oĂč se trouve une usine du gĂ©ant sud-corĂ©en Samsung.

La CorĂ©e du Nord, qui a engagĂ© discrĂštement depuis quelques annĂ©es des rĂ©formes et oĂč le contrĂŽle de l'Etat s'est un peu inflĂ©chi, pourrait ĂȘtre intĂ©ressĂ©e par le modĂšle Ă©conomique vietnamien, pays communiste oĂč le gouvernement garde le contrĂŽle total sur le pouvoir tout en bĂ©nĂ©ficiant de l'Ă©conomie de marchĂ©.

AFP

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