Symbole de la lutte contre le racisme

L'Afrique du Sud marque, douce-amĂšre, les 10 ans de la mort de Mandela

  • PubliĂ© le 5 dĂ©cembre 2023 Ă  07:27
  • ActualisĂ© le 5 dĂ©cembre 2023 Ă  08:53
Nelson Mandela à Londres, le 28 août 2007

Son sourire s'affiche toujours en grand, peint sur plusieurs immeubles du centre de Johannesburg. L'Afrique du Sud marque mardi les dix ans de la mort de Nelson Mandela, entre nostalgie de son intégrité et déception de ce qui a suivi.

Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, ne prévoit pas de s'exprimer. Mais en fin de journée, la Pakistanaise Malala Yousafzai, prix Nobel 2014 pour son combat pour l'éducation, a été choisie pour prononcer le discours anniversaire dans un grand théùtre de Johannesburg.

L'anniversaire a un goût doux-amer pour l'Afrique du Sud. Avec d'un cÎté le souvenir de Madiba, celui qui leur a apporté la démocratie, l'ex-bagnard de Robben Island devenu le premier président noir du pays aprÚs avoir défait le régime raciste de l'apartheid, une star mondiale qui s'est éteinte à 95 ans le 5 décembre 2013.

Et de l'autre, en miroir, la situation actuelle du pays, toujours dirigé par son parti de l'ANC mais plombé par la corruption et les pannes d'électricité, et devenu le plus inégalitaire au monde selon la Banque mondiale.

"On aime ce qu'il (Mandela) a fait, on apprécie la liberté qu'il nous a offerte. J'aimerais juste que son héritage puisse se prolonger", confie à l'AFP Prosper Nkosi, qui vit prÚs de l'ancienne maison de Mandela à Soweto, l'immense township collé à Johannesburg, témoin et acteur de la lutte contre l'apartheid.

Mais "en dix ans, pas grand chose n'a changé ou ne s'est amélioré", ajoute-t-il.

Nelson Mandela est mort entouré des siens aprÚs un long crépuscule et des mois d'agonie, et d'angoisse pour les Sud-Africains et ses admirateurs du monde entier, au cours desquels son entourage se contentait de répéter que le vieux sage était dans un état "critique mais stable".

- Nostalgie et symbole -

La Fondation Mandela a organisé ce mois-ci dans la capitale économique sud-africaine une modeste exposition interactive intitulée "Mandela est mort", pour que les visiteurs puissent y laisser des messages, leurs critiques et espoirs, dix ans aprÚs.

Le visage de Madiba, son nom de clan, reste trĂšs prĂ©sent: sur les billets de banque, sur de nombreuses peintures murales dans les villes et townships et plus officiellement par la prĂ©sence de dizaines de statues. Dont celle, de plain-pied et de neuf mĂštres de haut, qui le reprĂ©sente les bras ouverts et trĂŽne devant le bĂątiment oĂč siĂšge le gouvernement Ă  Pretoria.

Pour Njabulo Mngadi, un habitant de Johannesburg, l'"Afrique du Sud doit redécouvrir "l'esprit de Mandela" pour mieux changer.

"On devrait continuer son Ɠuvre", car "il y a toujours des choses qui ne vont pas en Afrique du Sud".

Verne Harris, président par intérim de la fondation Mandela et qui a longtemps été l'archiviste de Madiba, reconnaßt qu'une "nostalgie profonde" reste palpable chez nombre de Sud-Africains.

Mais il redoute qu'en "s'accrochant Ă  ce symbole", le pays ne fasse du surplace: "Il est peut-ĂȘtre temps de le laisser partir, et de nous trouver de nouveaux modĂšles", estime-t-il.

AFP

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