Football français

L1: face aux incidents dans les stades, des mesures trĂšs attendues

  • PubliĂ© le 16 dĂ©cembre 2021 Ă  10:17
  • ActualisĂ© le 16 dĂ©cembre 2021 Ă  10:22
Le milieu français de Marseille Dimitri Payet reçoit une bouteille sur la pelouse de l'Olympique lyonnais en Ligue 1 le 21 novembre 2021 à Décines-Charpieu

PrÚs d'un mois aprÚs le sulfureux OL-OM, interrompu à cause d'un projectile lancé sur Dimitri Payet, le gouvernement réunit jeudi matin les dirigeants du football français pour annoncer des mesures visant à endiguer les incidents à répétition dans les enceintes de Ligue 1.

Une rĂ©union consacrĂ©e Ă  "la lutte contre la violence dans les stades" est programmĂ©e Ă  08H30 place Beauvau autour des ministres GĂ©rald Darmanin (IntĂ©rieur), Roxana Maracineanu (Sports) et Éric Dupond-Moretti (Justice), pour dĂ©voiler les remĂšdes envisagĂ©s par les autoritĂ©s, comme l'exĂ©cutif s'y Ă©tait engagĂ© le 23 novembre.

Des reprĂ©sentants du football professionnel, Ă  commencer par le prĂ©sident de la Ligue de football professionnel Vincent Labrune, y prendront part, pour certains en visio-confĂ©rence. "Je suis surpris que les acteurs – le gouvernement, la ligue, les clubs – n'assument pas un peu plus leurs responsabilitĂ©s", s'est insurgĂ© mercredi Payet dans une tribune publiĂ©e en ligne par Le Monde, oĂč le capitaine marseillais dĂ©nonce "une forme de dĂ©mission collective insupportable" et souhaite que la rĂ©union de jeudi "ne soit pas sans lendemain".

Selon une source proche des discussions, la table ronde devra servir Ă  "mettre du contenu" dans les quatre axes de travail annoncĂ©s par le gouvernement: les interdictions de stade pour les supporters fautifs, la sĂ©curisation des enceintes, la formation des stadiers et l'amĂ©lioration du processus dĂ©cisionnel entourant l'arrĂȘt d'un match en cas de trouble.

Pas de "big bang"

Les derniers arbitrages étaient en cours mercredi mais, sauf revirement, ils ne devraient pas accoucher de nouvelles mesures nécessitant une loi. Depuis plusieurs années, et notamment depuis 2016 et la loi Larrivé qui a renforcé le pouvoir des clubs au niveau du maintien de l'ordre dans leurs stades, la plupart des acteurs considÚrent que l'arsenal législatif est suffisant.

"Il ne faut pas s'attendre Ă  un big bang" sur les mesures individuelles, notamment les interdictions de stade, confirme une autre source proche du dossier. "Le droit est dĂ©jĂ  disponible, il doit ĂȘtre mieux connu, mieux utilisĂ© et plus efficace", ajoute-t-elle, Ă©cartant toute mesure visant Ă  aggraver les sanctions existantes.

Concernant la sécurité dans les stades, le gouvernement sera attentif à ce que la vidéoprotection soit "à un niveau satisfaisant" du cÎté des clubs, qui devront en outre prouver leur capacité à faire face aux jets de projectiles visant les joueurs, complÚte cette source.

La Ligue 1 a Ă©tĂ© le théùtre d'incidents parfois graves dĂšs le mois d'aoĂ»t Ă  Montpellier ou Ă  Nice, oĂč une bagarre impliquant des supporters, des joueurs et des membres des staffs techniques a Ă©clatĂ© sur la pelouse de l'Allianz-Riviera.La sĂ©rie noire s'est prolongĂ©e jusqu'au 21 novembre avec des projectiles lancĂ©s Ă  Lyon contre Payet, touchĂ© par une bouteille d'eau en plastique au niveau de la tĂȘte. La rencontre, arrĂȘtĂ©e aprĂšs quatre minutes de jeu, sera rejouĂ©e Ă  huis clos sur le terrain de l'OL, sanctionnĂ© d'un point de pĂ©nalitĂ© au classement.

"La violence urbaine a envahi nos stades, on est totalement dĂ©munis, mais par bonheur ces derniĂšres semaines, l'Etat est intervenu pour nous aider", a lancĂ© samedi Vincent Labrune. "Des milliers de voyous n'ont rien Ă  faire lĂ . Il faut ĂȘtre intransigeant, agir vite et bien", a-t-il tonnĂ© durant l'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de la FĂ©dĂ©ration française de football.

Responsabilité des clubs

"Il n'y a jamais eu autant d'incidents", a relevé à ses cÎtés le président de la FFF Noël Le Graët. "Je crois qu'on doit faire un certain nombre d'efforts dans les clubs", a assuré le dirigeant, attendu jeudi place Beauvau.

Concernant l'affaire OL-OM, la responsabilitĂ© de Lyon a Ă©tĂ© Ă©tablie sur le plan disciplinaire. Aucun filet de sĂ©curitĂ© n'avait en effet Ă©tĂ© installĂ© devant le virage des ultras lyonnais, d'oĂč est parti le projectile visant Payet.
"Nous avons bien sûr considéré que le club était responsable des agissements des supporters présents dans son stade. Cette décision fait ressortir une responsabilité de l'OL, absolument", s'est justifié le président de la commission de discipline, Sébastien Deneux, aprÚs avoir communiqué le 8 décembre la sanction infligée à l'OL.

L'auteur du jet de projectile a été condamné par la justice à six mois de prison avec sursis en comparution immédiate.

AFP

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