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La BCE renforce un peu plus son arsenal pour soutenir la zone euro

  • PubliĂ© le 3 dĂ©cembre 2015 Ă  18:44
Mario Draghi, président de la BCE, à Francfort le 3 décembre 2015, lors d'une conférence de presse

La BCE a musclĂ© son jeu jeudi pour soutenir l'Ă©conomie europĂ©enne en abaissant encore ses taux et en prolongeant son programme de rachat de dette avec un seul objectif en tĂȘte, relancer l'inflation, mais sans rĂ©ussir Ă  contenter les marchĂ©s.


L'institution monĂ©taire a une nouvelle fois abaissĂ© son taux de dĂ©pĂŽt au jour le jour, de -0,2% Ă  -0,3%. La mesure, qui s'apparente Ă  une augmentation de la pĂ©nalitĂ© pour les banques qui stockent de l'argent, est destinĂ©e Ă  les inciter Ă  prĂȘter, pour stimuler l'activitĂ© Ă©conomique et relancer la faible inflation en zone euro.
Surtout, la BCE a renforcé la puissance de feu de son "bazooka", le surnom de son programme de rachat de dette, en allongeant d'au moins six mois sa durée, jusqu'en mars 2017, et en incluant dans les 60 milliards d'euros de dette qu'elle rachÚte tous les mois des titres qui n'y figuraient pas auparavant. D'ici au printemps 2017, elle aura mis 1.500 milliards d'euros sur la table.
Les marchés financiers ont réagi brutalement, les places boursiÚres reculant fortement tandis que l'euro remontait brutalement, les investisseurs semblant trouver les annonces de la BCE trop timorées par rapport à ce qu'ils attendaient.
En inondant le marché de liquidités et en baissant les taux, la BCE rend les placements en zone euro moins attractifs, ce qui pÚse sur la valeur de la monnaie unique. Celle-ci remonte si l'action de la BCE est en-deçà des attentes.
- marchés désappointés -
"La BCE ne parvient pas à concrétiser les espoirs qu'elle a suscités", a réagi Jonathan Loynes, de Capital Economics.
Avant les annonces, l'analyste Johannes Gareis, de Natixis expliquait que "le marché mise sur une action forte". Selon cet analyste, la BCE a pris l'habitude "de surprendre les marchés, quelles que soient les attentes (...). Pour autant, nous voyons une chance pour que Mario Draghi (le président de la BCE) déçoive cette fois-ci".
"Nous en faisons plus parce que ça marche, pas parce que c'est un échec", a expliqué M. Draghi lors de sa conférence de presse à Francfort.
Les nouvelles mesures de la BCE ont été décidées par le conseil des gouverneurs en fonction de l'évolution du panorama économique et des prévisions pour les pays de la monnaie unique.
La BCE a légÚrement relevé ses prévisions de croissances du PIB de la zone euro pour 2015 et 2017, mais elle a aussi baissé ses prévisions d'inflation 2016 et 2017, alors que la zone euro vit sous la menace d'une spirale déflationiste.
Lestée par la chute des prix du pétrole, l'inflation en zone euro est au point mort depuis plusieurs mois et n'est à nouveau ressortie qu'à 0,1% en novembre, trÚs loin de l'objectif d'un peu moins de 2% des gardiens de l'euro.
- "recalibrer" -
MĂȘme si l'institution "agit de maniĂšre plus agressive, cela l'amĂšnera simplement un peu plus prĂšs des limites du possible. En dĂ©finitive, le volume de dette que la BCE peut acheter est limitĂ© et il y a aussi un plancher pour les taux d'intĂ©rĂȘt", faisait valoir Ulrich Leuchtmann, de Commerzbank, mĂȘme si la BCE ne cesse de rĂ©pĂ©ter qu'elle fera tout ce qu'il faudra pour atteindre ses objectifs.
La BCE est prĂȘte Ă  "recalibrer" sa politique si les risques augmentent, a encore assurĂ© jeudi M. Draghi. Et notamment "si cela ne suffit pas, nous pouvons continuer" le "QE" au-delĂ  de mars 2017, a-t-il dit.
Par son action massive, la banque centrale crĂ©e une situation inĂ©dite pour les marchĂ©s financiers alors que la RĂ©serve fĂ©dĂ©rale amĂ©ricaine s'apprĂȘte elle Ă  attĂ©nuer son aide Ă  l'Ă©conomie amĂ©ricaine en remontant ses taux, ce qui va aboutir Ă  une divergence.
Les marchés financiers avaient été perturbés quelques minutes avant l'annonce de la BCE sur ses taux à 12H45 GMT par une information erronée du Financial Times affirmant que les taux resteraient inchangés, provoquant des turbulences en cascades sur les marchés actions, obligataires et des changes.

Par David COURBET - © 2015 AFP
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