Tennis

La Coupe Davis et les Bleus, un siĂšcle de passion

  • PubliĂ© le 23 novembre 2018 Ă  02:58
  • ActualisĂ© le 23 novembre 2018 Ă  07:42
Yannick Noah, ses joueurs et son encadrement exultent aprĂšs la victoire de la France en finale de la Coupe Davis face aux Etats-Unis, le 30 novembre 1991 Ă  Lyon

La Coupe Davis et les Bleus, c'est une longue histoire faite de grands moments, de désillusions, de matches improbables, et de victoires. Une passion, presque centenaire, tissée depuis la saga des "Mousquetaires" jusqu'aux épopées de la bande à Noah, qui vit ses derniÚres heures.

Evoquer l'histoire entre la France et la Coupe Davis remet inévitablement sur la table le sujet de sa disparition diront certains, ou de sa radicale mutation selon d'autres.
"La fin de la Coupe Davis. Quelle tristesse. Ils ont vendu l'ùme d'une épreuve historique. Sorry Mister Davis", avait écrit le capitaine des Bleus Yannick Noah au sujet de la nouvelle mouture qui verra le jour la saison prochaine.

Fini les déplacements partout dans le monde et les tournées en France lors d'un feuilleton à quatre épisodes... Place à un tournoi sur une semaine en novembre à Madrid. Sauf que pour Noah, cette épreuve sous son format actuel est indissociable de son histoire, et de celle du tennis français.
AprĂšs le sacre Ă  Roland-Garros en 1983, c'est la Coupe Davis qui lui a fait vivre ses plus grandes Ă©motions sportives. La finale remportĂ©e en 1991 Ă  Lyon, lors d'un week-end prolongĂ© Ă  haute intensitĂ© dramaturgique, n'aurait pas eu la mĂȘme saveur dans le format du futur portĂ© par l'ITF.
Avant que l'Olympique de Marseille ne remporte la Ligue des champions, que Zidane, Deschamps et consorts ne soulÚvent la Coupe du Monde, que les handballeurs ne débutent leur success-story, le capitaine Noah et ses amis Henri Leconte et Guy Forget avaient écrit l'un des chapitres les plus mémorables de l'histoire du sport français.

Un événement à part

Tous les ingrédients du succÚs héroïque étaient réunis. D'un cÎté, un joueur revenu de nulle part, Leconte, en état de grùce, associé à Forget, qui venait de réussir sa meilleure saison. De l'autre cÎté du filet, la sélection américaine réputée imbattable, emmenée par deux des meilleurs joueurs de l'histoire, Pete Sampras et Andre Agassi.
Le triomphe tricolore, célébré en dansant la Saga Africa sur le court de Gerland, avait permis de renouer le fil avec les "Mousquetaires", lauréats six fois d'affilée du Saladier d'argent dans les années 1920-30. C'est d'ailleurs pour accueillir les Etats-Unis que le stade de Roland-Garros avait été créé en 1928...
Les succĂšs de 1996 Ă  Malmö au bout d'un ultime duel dĂ©cisif oĂč Arnaud Boetsch sauva trois balles de match contre Nicklas Kulti puis l'exploit rĂ©alisĂ© sur le gazon de Melbourne en 2001, avec cette fois-ci Forget sur la chaise, n'ont fait qu'entretenir cet intĂ©rĂȘt pour la Coupe Davis qui ne passionne plus les meilleurs aujourd'hui. Un club dont les Bleus ne font plus partie depuis quelque temps. Leur intĂ©rĂȘt pour la Coupe Davis n'a toutefois jamais faibli. Un troisiĂšme sacre sous l'Ăšre Noah Ă  Lille en 2017 face Ă  la Belgique est venu consacrer une partie de cette gĂ©nĂ©ration de "nĂ©o-mousquetaires" promise au saladier d'argent depuis de nombreuses annĂ©es. Une victoire de plus qui a renforcĂ© ces liens quasi indĂ©fectibles.

Voilà aussi pourquoi le tennis français dans sa trÚs grande majorité a rejeté la réforme. Comme si la Coupe Davis restait un événement à part en France, malgré son érosion.
Les Bleus se sont en tout cas offert un enterrement premiĂšre classe avec une finale chez eux pour le dernier match des Bleus dans le format actuel. Le songe d'une victoire pour sceller l'histoire n'en est presque plus un...

AFP

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