Tué par l'armée

La France annonce la mort d'un important chef jihadiste au Sahel

  • PubliĂ© le 6 novembre 2019 Ă  03:07
  • ActualisĂ© le 6 novembre 2019 Ă  09:50
Un blindé français de l?opération  Barkhane, au Mali en mars 2019

Le Marocain Abou Abderahman al Maghrebi, alias Ali Maychou, considéré comme le numéro deux et leader religieux du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), organisation jihadiste reliée à Al-Qaïda, a été tué par les forces françaises au Mali début octobre, a annoncé mardi à l'AFP la ministre française des Armées, Florence Parly.

Le jihadiste a Ă©tĂ© tuĂ© "dans la nuit du 8 au 9 octobre" sur le sol malien en coordination avec les forces maliennes et un soutien amĂ©ricain, a-t-elle prĂ©cisĂ© dans l'avion qui la ramenait d'une tournĂ©e dans plusieurs pays de la rĂ©gion du Sahel, oĂč quelque 4.500 militaires français sont dĂ©ployĂ©s dans le cadre de l?opĂ©ration antijihadiste Barkhane.

Ce Marocain Ă©tait "le deuxiĂšme terroriste le plus recherchĂ© au Sahel - y compris par les AmĂ©ricains", a dĂ©clarĂ© la ministre dans l'avion qui la ramenait de Gao, au Mali, vers la France. Il avait rejoint Al-QaĂŻda au Maghreb islamique (AQMI) en 2012. Il en Ă©tait devenu le leader spirituel avant de participer Ă  la fondation du Groupe de soutien Ă  l'islam et aux musulmans (GSIM) en 2017 avec Iyad ag Ghali, le numĂ©ro un de l'organisation dont il Ă©tait le plus proche fidĂšle (et qui est en tĂȘte de la liste des personnes recherchĂ©es).

Le GSIM a revendiqué les attaques récentes fin septembre début octobre contre les forces maliennes à Boulkessy et Mondoro avec 40 militaires tués. Le groupe a aussi revendiqué l'attentat de Ouagadougou de mars 2018 (8 morts). Les attentats de Ouagadougou de 2016 (30 morts) et 2017 (19 morts) sont également l'oeuvre d'Al-Qaïda.

Cerveau de l'expansion d'Al QaĂŻda au Sahel, artisan de l'unitĂ© des katibas du sud au sein du GSIM, Ali Maychou est le deuxiĂšme personnage d'importance du GSIM tuĂ© cette annĂ©e, aprĂšs la mort de l'AlgĂ©rien Djamel Okacha, alias Yahya Abou El Hamame en fĂ©vrier. "Il s'agit de la neutralisation d'un personnage trĂšs influent", a dĂ©clarĂ© Ă  l'AFP Mme Parly, au lendemain de sa visite au Burkina Faso, oĂč elle a rencontrĂ© des forces spĂ©ciales françaises. "Il est trĂšs important de dĂ©sorganiser ces mouvements en profondeur", a soulignĂ© la ministre, "mais cela ne signifie pas que ces mouvements s'autodĂ©truisent en parallĂšle".

"Il faut continuer ce travail de contre terrorisme mais ce n'est qu'un élément" de la tùche à accomplir pour sécuriser les pays du Sahel, a-t-elle rappelé en mentionnant l'importance d'accompagner les forces armées locales pour qu'elles gagnent en autonomie.

- Dégradation sécuritaire -

"La vĂ©ritable victoire sera celle des armĂ©es sahĂ©liennes", a-t-elle fait valoir alors que la situation sĂ©curitaire dans la zone est fortement dĂ©gradĂ©e. La nouvelle de cette Ă©limination intervient quelques jours aprĂšs la mort d'un soldat français dans le nord-est du Mali, tuĂ© par un engin explosif. Le groupe Etat islamique au Grand Sahara (EIGS), autre organisation jihadiste active au Mali, a revendiquĂ© cette attaque, de mĂȘme que celle d'un camp militaire du Nord du pays oĂč 49 soldats ont Ă©tĂ© tuĂ©s vendredi (deux autres sont morts samedi tuĂ©s par une explosion dans le centre).

Malgré la présence des forces française, africaine et onusienne, la dégradation de la situation sécuritaire et les revers subis renforcent les doutes sur la capacité de l'armée malienne à faire face aux agissements jihadistes et aux autres violences auxquelles cet vaste pays est en proie depuis 2012 et qui ont fait des milliers de morts, civils et combattants.

Plus largement, l'ensemble des armées nationales des pays sahéliens, parmi les plus pauvres au monde, semblent incapables d'enrayer la progression des attaques.

La France espÚre que d'autres pays européens contribueront à la lutte armée contre les jihadistes en envoyant des forces spéciales au Mali en 2020, alors que parallÚlement, Paris anime au sein de l'organisation G5 Sahel un volet de développement de ces pays pour lutter aussi par ce biais contre les mouvements jihadistes, en appelant différents pays et institutions à financer des projets.

AFP

guest
0 Commentaires