Il est réfugié à l'ambassade

La justice britannique se penche sur une libération de Julian Assange

  • PubliĂ© le 13 fĂ©vrier 2018 Ă  12:09
  • ActualisĂ© le 13 fĂ©vrier 2018 Ă  12:13
Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange sort sur le balcon de l'ambassade d'Equateur à Londres pour parler à la presse, le 5 février 2016

Le fondateur de WikiLeaks sortira-t-il libre de l'ambassade d'Equateur Ă  Londres, oĂč il est rĂ©fugiĂ© depuis bientĂŽt six ans? La justice britannique dira mardi si elle lĂšve ou non le mandat d'arrĂȘt visant Julian Assange.


Le tribunal londonien de Westminster, qui avait jugĂ© ce mandat d'arrĂȘt valide le 6 fĂ©vrier, doit rĂ©pondre Ă  une nouvelle question soulevĂ©e par la dĂ©fense: savoir si le maintien de ce mandat est dans l'intĂ©rĂȘt public. La dĂ©cision est attendue Ă  14H00 GMT.
L'Australien de 46 ans avait trouvĂ© asile en juin 2012 dans l'ambassade d?Équateur, immeuble de briques rouges situĂ© dans le quartier chic de Knightsbridge, pour Ă©chapper Ă  une extradition vers la SuĂšde oĂč il Ă©tait recherchĂ© depuis fin 2010 pour des accusations de viol et d'agression sexuelle qu'il niait.
Le fondateur de WikiLeaks craint, en cas d'arrestation, d'ĂȘtre extradĂ© et jugĂ© aux États-Unis pour la publication par WikiLeaks en 2010 de nombreux secrets militaires et documents diplomatiques amĂ©ricains.
Les poursuites pour viol ont Ă©tĂ© abandonnĂ©es en mai 2017, mais le tribunal de Westminster n'a pas suivi, la semaine derniĂšre, l'argument de la dĂ©fense selon lequel cela rendait le mandat d'arrĂȘt caduc.
La juge Emma Arbuthnot l'a au contraire maintenu, estimant qu'il avait été délivré aprÚs que Julian Assange eut enfreint les conditions de sa liberté sous caution.

- 'Trois fois la peine maximale' -

Sur Twitter, Julian Assange a soulignĂ© qu'il avait "dĂ©jĂ  purgĂ© plus de trois fois la peine thĂ©orique maximale" pour s'ĂȘtre soustrait Ă  la justice. Il s'est Ă©galement rĂ©fĂ©rĂ© Ă  un article du Guardian de lundi affirmant, en citant des courriels du parquet britannique, que celui-ci avait dissuadĂ© la SuĂšde de renoncer aux poursuites, comme elle semblait vouloir le faire dĂšs 2013.
Dans l'espoir de trouver une solution au casse-tĂȘte judiciaro-diplomatique, Quito lui avait accordĂ© en dĂ©cembre la nationalitĂ© Ă©quatorienne, mais le Royaume-Uni avait refusĂ© de lui accorder un statut diplomatique, ce qui lui aurait permis de quitter l'ambassade sans ĂȘtre arrĂȘtĂ© par la police britannique.
Le fondateur de WikiLeaks n'a fait que de rares apparitions publiques au balcon de l'ambassade oĂč il vit dans un petit appartement, avec un chat pour seule compagnie.
S'il Ă©tait amenĂ© Ă  quitter les lieux, il n'aurait plus forcĂ©ment l'image de dĂ©fenseur des libertĂ©s qu'il avait pu avoir au moment oĂč il y avait trouvĂ© refuge. DĂ©sormais controversĂ©, il a Ă©tĂ© rĂ©cemment accusĂ© d'ĂȘtre un valet de la Russie en raison de son influence sur l'Ă©lection du rĂ©publicain Donald Trump Ă  la Maison Blanche.
En juillet 2016, WikiLeaks avait rendu publics 20.000 courriels piratés du Parti démocrate, dont certains trÚs préjudiciables à la campagne de Hillary Clinton. En octobre, un mois avant le scrutin, ce sont des milliers de courriels du président de l'équipe de campagne de la démocrate, John Podesta, qui avaient été diffusés par WikiLeaks, suscitant des éloges appuyés du candidat Donald Trump.
Face aux accusations, Julian Assange a niĂ© que la Russie, ou tout autre État, eĂ»t Ă©tĂ© derriĂšre ces fuites.
A l'issue de l'audience la semaine derniÚre, l'Equateur avait assuré qu'il continuerait à protéger Julian Assange, "tant que sa vie sera en danger". Il avait aussi dit continuer de chercher avec le Royaume-Uni une "solution satisfaisante pour les deux pays et respectueuse des droits de l'homme".

Par Pascale TROUILLAUD - © 2018 AFP

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