Empire économique

La marque Trump mise en péril par une fin de mandat chaotique

  • PubliĂ© le 17 janvier 2021 Ă  09:47
  • ActualisĂ© le 17 janvier 2021 Ă  10:00
Des partisans de Joe Biden célÚbrent sa victoire à l'élection présidentielle devant le Trump International Hotel and Tower de Chicago (Illinois), le 7 novembre 2020

Un empire Ă©conomique bĂąti sur un nom, un nom ayant servi une carriĂšre politique. Quand Donald Trump quittera la Maison Blanche mercredi, il aura fort Ă  faire pour secourir une marque dĂ©sormais synonyme de tous les extrĂȘmes.

Avant qu'il ne devienne président, "la marque Trump était trÚs puissante", souligne Melissa Aronczyk, professeur en communication à l'université de Rutgers dans le New Jersey. "C'était une marque commerciale" à succÚs, "symbole du luxe", de richesse et de réussite. Des hÎtels luxueux aux propriétés immobiliÚres huppées en passant par les parcours de golf, le nom Trump est omniprésent dans les entités de la Trump Organization dont le siÚge est dans la Trump Tower à New York sur l'emblématique 5e avenue.

Mais les quatre annĂ©es de mandat Trump, marquĂ©es par des prises de position extrĂȘmes, et, les derniĂšres semaines entachĂ©es par l'assaut du Capitole par ses fervents partisans, ont rendu pĂ©rilleuses les affaires de la dynastie.

La marque Trump est devenue "toxique" car associée au chaos, au racisme, résume Tim Calkins, professeur de marketing à la Kellogg School of Management de l'université Northwestern, dubitatif sur le repositionnement de la marque tant les dégùts sont importants. Depuis les violences du Capitole du 6 janvier, les mauvaises nouvelles se sont accumulées.

De nombreuses entreprises ont coupé leurs liens ou pris leurs distances avec Donald Trump et sa holding familiale. Signature Bank a commencé à fermer des comptes du président, selon une porte-parole, tandis que la Deutsche Bank ne veut plus faire affaire avec lui, selon des médias américains.

A New York, le maire démocrate a mis fin aux contrats qui permettaient à la Trump Organization de gérer des attractions de Central Park et un terrain de golf du Bronx. Le championnat de golf PGA 2022 n'aura pas lieu au Trump National à Bedminster (New Jersey). "Notre marque était en jeu", avait argué la semaine derniÚre Seth Waugh, directeur général de l'instance organisatrice.

- Dette -

Ces revers peuvent-ils mettre en péril la Trump Organization alors que la pandémie de Covid-19 a déjà durement affecté ses hÎtels ? Difficile d'y répondre tant la galaxie Trump est opaque.

Le groupe n'étant pas coté en Bourse, les comptes ne sont pas rendus publics. D'aprÚs le magazine Forbes, l'empire Trump a généré des revenus de prÚs de 2 milliards de dollars entre 2017 et 2019, principalement de ses golfs, de ses complexes hÎteliers et clubs privés sélects, de royalties issues de licences, et de l'immobilier commercial à New York et à San Francisco.

Sollicitée par l'AFP sur l'impact économique de la pandémie et des événements du Capitole, la Trump Organization n'a pas donné suite. Seule certitude, le groupe traßne une dette de quelque 400 millions de dollars. "C'est un minuscule pourcentage de ma fortune nette", avait toutefois assuré Donald Trump en octobre dernier, selon le Washington Post. Sa fortune était estimée vendredi à 2,5 milliards par le magazine Forbes, contre 3,7 milliards fin 2016, avant son arrivée à la Maison Blanche.

- Ivanka -

Malgré ses déboires, le président peut compter sur des partisans irréductibles. "Il y aura toujours un groupe de personnes qui soutiendront Donald Trump quoi qu'il dise, quoiqu'il fasse", opine Capri Cafaro, professeur à l'American University.

Les Ă©vĂ©nements du Capitole ont finalement dĂ©montrĂ© que ses supporters Ă©taient prĂȘts Ă  le suivre quoiqu'il en coĂ»te. Historiquement, les marques finissent toujours avec le temps par se remettre des scandales et controverses, souligne Melissa Aronczyk, citant l'exemple de Volkswagen et l'affaire des Ă©missions polluantes truquĂ©es.

Certes le milliardaire va sans doute crouler sous les affaires judiciaires à court terme, dit Mme Aronczyk, mais "il est possible que la marque se remette". Son avenir dépend aussi de la place du milliardaire dans les médias à l'avenir, avance-t-elle. "Trump n'a pas été un président de l'establishment et il ne sera pas un ex-président de l'establishment", renchérit Capri Cafaro.

L'une des options pour promouvoir la marque Trump est aussi de jouer la carte Ivanka, la fille du prĂ©sident, d'autant qu'elle a pris soin de rester Ă  l'Ă©cart des derniers scandales. Sa marque est "intacte", constate mĂȘme Melissa Aronczyk.

Mais la renaissance financiÚre de la marque Trump pourrait passer par la création d'un nouveau média, estime Michael D'Antonio, auteur de biographies sur le milliardaire. Il imagine ainsi Donald Trump en "évangéliste politique" sur sa propre chaßne de télé, accessible via un abonnement à 4,99 ou 9,99 dollars par mois, et diffusé depuis la Floride.

AFP

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2 Commentaires
Pat@caisse
Pat@caisse
5 ans

+1 pour Pierre Trump s'est bĂąti seul sans personne. On peut ne pas aimer le personnage (chose que les me.dias occidentaux s'empressent d'entretenir) mais si vous creusez (oui, cela demande du temps parfois), vous verrez que rien n'est tout noir ou tout blanc....

Pierre Balcon
Pierre Balcon
5 ans

AFP : agence française de propagande , dealer des fakes news oĂč IMAZ press se fournit . lamentable . Et la charte de Munich ?