Réchauffement climatique

COP28 : l'annĂ©e 2023 sera bien la "plus chaude" de l'histoire

  • PubliĂ© le 6 dĂ©cembre 2023 Ă  12:16
  • ActualisĂ© le 6 dĂ©cembre 2023 Ă  12:26
Brume de pollution sur DubaĂŻ oĂč se tient la COP28 sur le climat, le 4 dĂ©cembre 2023

L'année 2023 sera bien la "plus chaude" de l'histoire et la température monte mercredi chez les négociateurs à la COP28 pour tenter de terminer la premiÚre semaine avec des progrÚs sur la question toujours plus disputée des énergies fossiles.

A Dubaï, une nouvelle version du texte en discussion en vue d'un futur accord, théoriquement d'ici le 12 décembre, est attendue "probablement" mercredi dans la journée, selon un observateur.

Mais rien n'est jamais certain Ă  la COP, ni sur la forme, ni sur le fond.

La situation est "trÚs dynamique", résumait une négociatrice mardi soir, alors que les représentants de prÚs de 200 pays ont débattu jusque trÚs tard du noeud gordien du projet d'accord final: le sort du pétrole, du gaz et du charbon, principales causes du réchauffement climatique.

Plusieurs options sont sur la table, notamment l'objectif d'une "sortie ordonnée et juste des énergies fossiles". L'apparition de cette formulation préfigure un éventuel consensus qui fixerait un objectif universel tout en permettant un échéancier différent pour les pays selon leur degré de développement ou de dépendance aux hydrocarbures.

Mais cette option est en balance avec une possibilité plus radicale: ne rien décider sur les énergies fossiles, reflet de l'opposition à ce stade de l'Arabie saoudite et de la Chine, selon plusieurs observateurs qui assistent aux réunions à huis clos.

L'Inde s'est aussi opposée mardi soir à des objectifs sectoriels ou sur des énergies spécifiques, a confirmé un témoin à l'AFP.

- "A bord du train" -

L'accord de Paris de 2015 "a été un grand succÚs pour nous tous", a jugé mardi le négociateur saoudien Khaled Almehaid.
"Désormais le défi est de savoir comment garder tous les passagers à bord du train", a-t-il ajouté, plaidant par cet euphémisme diplomatique pour la ferme opposition saoudienne à tout message anti-pétrole à la COP.

En l'état, le texte ne propose pas d'objectif à court terme pour les trois énergies fossiles alors que les experts du climat estiment qu'il faut réduire les émissions de 43% d'ici à 2030 par rapport à 2019 pour espérer tenir la limite de 1,5°C.

La nouvelle version attendue mercredi doit ĂȘtre portĂ©e dans une grande rĂ©union plĂ©niĂšre faisant le bilan de la premiĂšre semaine de travaux.

Avant une journée de repos jeudi et l'arrivée ce week-end des ministres, censés reprendre la main au niveau politique pour la derniÚre ligne droite.

Pendant ce temps, le réchauffement climatique ne connaßt pas de répit. Le service européen Copernicus a confirmé que l'année 2023 serait bien la "plus chaude" de l'histoire aprÚs un mois de novembre "extraordinaire".

- "Le plus tĂŽt possible" -

Le mois de novembre 2023 a par ailleurs été 1,75°C plus chaud que la moyenne d'un mois de novembre pour la période 1850-1900, qui correspond à l'Úre pré-industrielle.

L'automne boréal (dans l'hémisphÚre Nord) est ainsi le plus chaud de l'histoire "avec une marge large", puisqu'il est 0,88°C au-dessus de la moyenne, selon Copernicus.

"Ce mois de novembre extraordinaire, comprenant notamment deux jours avec des températures supérieures de 2 degrés à l'Úre préindustrielle, signifie que 2023 est l'année la plus chaude jamais enregistrée dans l'histoire", a déclaré Samantha Burgess, cheffe adjointe du service changement climatique (C3S) de Copernicus.

"Tant que les concentrations de gaz Ă  effet de serre continueront d'augmenter, il ne faut pas s'attendre Ă  des rĂ©sultats diffĂ©rents de ceux observĂ©s cette annĂ©e. La tempĂ©rature continuera d'augmenter, de mĂȘme que les effets des vagues de chaleur et des sĂ©cheresses", a soulignĂ© Carlo Buontempo, directeur du C3S.

"Atteindre le net zéro (en termes d'émissions) le plus tÎt possible est un moyen efficace de gérer les risques liés au climat", a-t-il ajouté, dans une allusion aux négociations à la COP28.

AFP

guest
0 Commentaires