Canada

La tension monte Ă  Ottawa entre la police et les derniers manifestants

  • PubliĂ© le 19 fĂ©vrier 2022 Ă  23:05
  • ActualisĂ© le 20 fĂ©vrier 2022 Ă  06:03
Un cordon de policier encercle des manifestants à Ottawa, au Canada le 19 février 2022

Les policiers ont repris samedi le contrÎle d'un axe majeur devant le Parlement canadien, utilisant des "substances irritantes" pour déloger les centaines de camionneurs qui paralysent encore le centre d'Ottawa, protestant depuis plus de trois semaines contre les mesures sanitaires.

"Les manifestants continuent d'ĂȘtre agressifs et de s'en prendre aux officiers. Ils refusent d'obtempĂ©rer aux ordres de se dĂ©placer", ont indiquĂ© dans un tweet les autoritĂ©s de cette ville d'ordinaire trĂšs calme oĂč la tension est montĂ©e d'un cran aprĂšs des heurts dans la nuit dans la nuit de vendredi.

Face à ces protestataires récalcitrants, dont certains jetaient des fumigÚnes à l'encontre de la police et formaient une chaßne humaine, les autorités ont dit avoir utilisé des "substances irritantes". Elles ont regagné samedi à la mi-journée le contrÎle de la principale rue devant le Parlement, procédant à l'arrestation de 47 personnes dont certaines munies de feux d'artifices.

- "Je ne pars pas" -

Quelques instants avant un nouvel assaut de la police, les manifestants toujours sur place nettoyaient leurs pancartes recouvertes de neige, dénonçant les mesures sanitaires liées au Covid-19. D'autres essayaient de se réchauffer prÚs d'un feu de camp sous les klaxons frénétiques des camions encore présents.

"Je ne pars pas", assure Johnny Rowe auprÚs de l'AFP, balayant d'un revers de la main les risques d'arrestation. "Il n'y a pas de retour en arriÚre possible", dit-il. "Tout le monde ici, moi inclus, a vu sa vie détruite par ce qu'il s'est passé ces deux derniÚres années".

"Toute personne trouvĂ©e dans la zone" du centre de la capitale canadienne "sera arrĂȘtĂ©e" a prĂ©venu la police sur Twitter samedi, accusant les camionneurs, nombreux Ă  ĂȘtre venus accompagnĂ©s d'enfants, de mettre ces derniers en danger.

Plus tĂŽt dans la matinĂ©e les autoritĂ©s avaient dĂ©jĂ  soulignĂ© s'ĂȘtre Ă©quipĂ©es "de casques et de matraques" face Ă  l'agressivitĂ© accrue des manifestants. De nombreux camionneurs ont cependant choisi de partir d'eux-mĂȘmes et d'enlever leur poids lourd des rues. "Je pars aujourd'hui", lance Vince Green qui explique devoir retourner Ă  Calgary dans l'Alberta pour s'occuper de ses enfants. Sa femme infirmiĂšre a perdu son emploi, dit-il, en raison de son refus de se faire vacciner.

MinimisĂ© au dĂ©part par les autoritĂ©s, ce mouvement dit "Convoi de la libertĂ©", initiĂ© fin janvier, est parti de camionneurs protestant contre l'obligation d'ĂȘtre vaccinĂ©s pour passer la frontiĂšre entre le Canada et les Etats-Unis. Mais les revendications se sont Ă©tendues Ă  un refus de l'ensemble des mesures sanitaires et, pour de nombreux manifestants, Ă  un rejet du gouvernement de Justin Trudeau.

- Réunion de crise -

AprĂšs une journĂ©e de fermeture exceptionnelle due au contexte sĂ©curitaire, le Parlement a repris samedi ses travaux autour de l'utilisation de la loi sur les mesures d'urgence dĂ©crĂ©tĂ©e par le Premier ministre canadien, qui a par ailleurs convoquĂ© samedi une rĂ©union de crise. La chambre examine depuis jeudi la mise en Ɠuvre de cette loi invoquĂ©e lundi par Justin Trudeau pour mettre un terme aux blocages "illĂ©gaux" en cours dans le pays.

C'est seulement la deuxiÚme fois que cette disposition est utilisée en temps de paix, et elle est trÚs contestée par l'opposition conservatrice. Justin Trudeau a assuré que la loi ne serait pas utilisée pour envoyer l'armée contre les manifestants ou limiter la liberté d'expression. Le but est simplement "de faire face à la menace actuelle et de maßtriser pleinement la situation", avait-il affirmé en fin de semaine.

AFP

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