Économie

La vaccination laisse espérer une croissance mondiale plus forte en 2021

  • PubliĂ© le 26 janvier 2021 Ă  17:18
  • ActualisĂ© le 26 janvier 2021 Ă  17:34
Le déploiement accéléré des vaccins contre le Covid-19 combiné à des plans de relance massifs rend le FMI optimiste pour 2021: il s'attend désormais à un rebond de 5,5% du PIB mondial contre 5,2% trois mois plus tÎt

Le déploiement accéléré des vaccins contre le Covid-19 dans le monde combiné à des plans de relance massifs, aux Etats-Unis notamment, rend le FMI optimiste pour 2021: il s'attend désormais à un rebond de 5,5% du PIB mondial contre 5,2% trois mois plus tÎt.

"Ces développements indiquent un point de départ plus solide pour les perspectives mondiales", a souligné le Fonds monétaire international dans ses derniÚres perspectives de l'économie mondiale rendues publiques mardi. Il précise que le scénario de référence repose sur "une large disponibilité" des vaccins dans les économies avancées et certains pays émergents à l'été 2021 ainsi que dans la plupart des pays d'ici la seconde moitié de 2022, soit un calendrier accéléré par rapport aux attentes d'octobre.

Pour autant, cette derniÚre estimation recouvre des réalités disparates d'un pays à l'autre. Les Etats-Unis, premiÚre puissance économique mondiale, devraient ainsi enregistrer une croissance de leur Produit intérieur brut de 5,1% (+2 points) dopé par le dernier plan de soutien économique de 900 milliards de dollars adopté fin décembre par le CongrÚs. Il s'agirait alors de la plus forte croissance annuelle depuis 1984.

C'est sans compter l'impact potentiel du gigantesque plan de sauvetage de 1.900 milliards dĂ©voilĂ© dĂ©but janvier par le nouveau prĂ©sident dĂ©mocrate Joe Biden, qui doit ĂȘtre prochainement discutĂ© au CongrĂšs, avant un programme d'investissements plus tard dans l'annĂ©e. La deuxiĂšme puissance, la Chine enregistrera, elle, une croissance de 8,1%, Ă  peine moins que les 8,2% projetĂ©s il y a trois mois.

En zone euro, la résurgence de la pandémie de Covid-19 et les mesures de confinement qui en résultent ont affaibli l'activité. L'institution de Washington n'attend plus qu'un PIB à 4,2% (-1 point). L'Allemagne devrait enregistrer une croissance de 3,5% (-0,7 point), la France +5,5% (-0,5 point), l'Italie +3% (-2,2 points) et l'Espagne +5,9% (-1,3 point).

- "Incertitude extraordinaire" -

Et toujours sur le vieux continent, le Royaume-Uni, frappé par le variant du nouveau coronavirus, voit sa prévision également abaissée, à 4,5% (-1,4 point). La prévision mondiale est certes meilleure qu'attendu à l'automne mais elle ne doit pas masquer "l'incertitude extraordinaire" pour l'économie, a en outre mis en garde le Fonds. Et, ce sont les pays qui garderont le cap en matiÚre de soutien budgétaire qui retrouveront le plus vite leur vigueur économique, note-t-il.

Cette mise en garde intervient au moment oĂč des rĂ©ticences apparaissent dans les rangs rĂ©publicains et dĂ©mocrates concernant le plan de sauvetage proposĂ© par Joe Biden. Les craintes reposent notamment sur l'explosion attendue du dĂ©ficit budgĂ©taire en cas d'adoption de ce gigantesque plan.

En zone euro et au Royaume-Uni, il faudra attendre jusqu'en 2022 pour que le niveau d'activité revienne à ses niveaux de fin 2019, avant l'éclosion de la pandémie. Les Etats-Unis et le Japon devraient quant à eux retrouver leur niveau d'avant crise dÚs le second semestre 2021.

Parmi les éléments donnant matiÚre à espérer une croissance encore meilleure que prévu cette année: la fabrication de vaccins y compris ceux en cours de développement dans les économies émergentes ainsi que leur distribution et l'efficacité des thérapies.

Cela signifierait une fin de pandémie plus rapide, renforçant la confiance des entreprises et des ménages. Une hypothÚse qui entraßnerait une reprise plus forte de la consommation, de l'investissement et de l'emploi, les entreprises embauchant et augmentant leur capacité en prévision d'une demande croissante.

- Troubles sociaux -

A contrario, la croissance pourrait s'avĂ©rer infĂ©rieure aux 5,5% dĂ©voilĂ©s mardi si la flambĂ©e de virus, y compris Ă  partir de nouveaux variants, s'avĂšre plus difficile Ă  contenir. Les espoirs d'une sortie relativement rapide de la pandĂ©mie seraient alors anĂ©antis, affaiblissant la confiance. De plus, des retards dans le dĂ©ploiement des vaccins ne sont pas exclus, de mĂȘme qu'une immunitĂ© de plus courte durĂ©e que prĂ©vu.

L'institution de Washington envisage aussi des troubles sociaux potentiels en raison d'une inégalité accrue et d'un accÚs inégal aux vaccins et aux thérapies. Dans ces conditions, elle met en garde contre le retrait prématuré du soutien politique "avant que la reprise n'ait pris racine" car il y aurait des faillites d'entreprises, des suppressions d'emplois et des pertes de revenus.

Pour 2022, le Fonds a laissé inchangée sa prévision à 4,2%. En revanche, il estime que la contraction du PIB enregistrée l'an passé a finalement été moindre quoique toujours historique : -3,5%, loin cependant des 5,2% estimés en juin 2020 avant que les pays européens et les Etats-Unis n'enregistrent un rebond d'activité marqué au troisiÚme trimestre.

AFP

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