ImmobilisĂ© en France depuis une semaine sur fond de conflit entre Paris et Londres sur les licences de pĂȘche, le chalutier britannique Cornelis a quittĂ© mercredi Le Havre aprĂšs un feu vert de la justice, alors que de nouvelles discussions sont prĂ©vues jeudi et vendredi.
Illustration des tensions entre la France et le Royaume-Uni dans le litige sur la pĂȘche, le Cornelis, immobilisĂ© par les autoritĂ©s françaises dans le port du Havre depuis mercredi dernier, a pu larguer les amarres vers 18H00.
Epilogue d'une semaine d'affrontements juridiques, la cour d'appel de Rouen a autorisĂ© le navire, soupçonnĂ© d'avoir pĂȘchĂ© plus de deux tonnes de coquilles Saint-Jacques sans licence, "Ă quitter immĂ©diatement Le Havre sans avoir Ă payer de caution", a indiquĂ© Ă l'AFP l'avocat du capitaine, Me Mathieu Croix.
LâĂtat avait demandĂ© l'immobilisation du chalutier dans l'attente du versement d'une caution de 150.000 euros, pour garantir la prĂ©sence du capitaine qui doit comparaĂźtre le 11 aoĂ»t prochain pour rĂ©pondre de l'accusation de pĂȘche illĂ©gale.
Mais le juge des libertés et de la détention (JLD) s'était opposé à cette immobilisation. Cette demande était "disproportionnée" par rapport à la valeur de la marchandise saisie, d'environ 5.000 euros selon l'avocat du capitaine. Il a salué une "bonne décision de justice" de nature à faire baisser les tensions dans ce dossier inflammable.
Dans un arrĂȘt dont l'AFP a eu copie, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Rouen, aprĂšs une audience qui s'est tenue mercredi matin, a confirmĂ© "l'ordonnance de levĂ©e de saisie de navire et de son matĂ©riel de pĂȘche, rendue le 28 octobre par le juge des libertĂ©s et de la dĂ©tention".
- "Libre de partir" -
Au Havre, le capitaine Jondy Ward et sept membre de son Ă©quipage, tout sourires, ont posĂ© Ă l'arriĂšre de leur bateau devant les objectifs des journalistes, principalement britanniques, avant de quitter le port vers 18h00 en actionnant la sirĂšne, a constatĂ© l'AFP. "Le navire est dĂ©sormais libre de partir. Nous largons les amarres et prenons la direction de la mer", a rĂ©agi le propriĂ©taire du Cornelis Andrew Brown de l'entreprise de pĂȘche de coquillages Shellfish Macduff, se rĂ©jouissant de l'issue du dossier. "C'Ă©tait une longue semaine", a commentĂ© M. Brown.
Ce dĂ©nouement intervient alors que le porte-parole du gouvernement français, Gabriel Attal, a affirmĂ© mercredi qu'une rĂ©union se tiendrait vendredi Ă Bruxelles Ă la Commission europĂ©enne, au lendemain de la visite Ă Paris du secrĂ©taire d'Etat britannique chargĂ© du Brexit, David Frost, destinĂ©e Ă rĂ©gler le litige sur la pĂȘche.
Annonçant qu'une rencontre est prĂ©vue entre le secrĂ©taire d'Etat aux Affaires europĂ©ennes ClĂ©ment Beaune et David Frost, M. Attal a rappelĂ© que le litige sur la pĂȘche est d'abord "un sujet europĂ©en", et qu'il faudra attendre l'issue de la rĂ©union avant une Ă©ventuelle mise en oeuvre de sanctions.
M. Attal a rappelé que "toutes les options étaient sur la table" concernant de futures sanctions, alors qu'Emmanuel Macron a accordé dimanche aux Britanniques un sursis jusqu'à jeudi avant de mettre en place des mesures si Londres n'acceptait pas la "désescalade" proposée par Paris.
Gabriel Attal a rĂ©affirmĂ© que le gouvernement français attendait de Londres qu'il "respecte" ses engagements post-Brexit, notamment "sur les licences de pĂȘche", rĂ©futant l'idĂ©e que l'accord signĂ© ait Ă©tĂ© "vague" sur ce point.
Construit en 1985, le Cornelis Gert Jan, un gros chalutier de prĂšs de 36 mĂštres de long pour huit mĂštres de large, avait Ă©tĂ© dĂ©routĂ© mercredi dans le cadre d'un durcissement des contrĂŽles par les autoritĂ©s françaises dans la Manche, alors que la France est en conflit avec le Royaume-Uni sur les licences de pĂȘche post-Brexit. Le capitaine encourt une amende de 75.000 euros et des sanctions administratives, selon le Parquet.
AFP



