Le corps de Lyhanna probablement retrouvé, le fonctionnement de la justice critiqué

  • Publié le 5 juin 2026 à 11:33
  • Actualisé le 5 juin 2026 à 13:17
FDes gendarmes près du lieu où un corps a été découvert lors des recherches pour retrouver la collégienne Lyhanna, portée disparue, le 4 juin 2026 près de Puycasquier, dans le Gers ( AFP / Ed JONES )

Un corps identifié comme étant probablement celui de Lyhanna, une collégienne de 11 ans disparue depuis le 29 mai, a été retrouvé jeudi dans le Gers, ce qu'une autopsie devra confirmer. Les critiques s'intensifient sur les éventuelles failles judiciaires dans cette affaire, le suspect ayant fait l'objet de plusieurs plaintes.

Au sein d'une exploitation agricole, près du village de Puycasquier, "dans un espace écarté d’une vue directe, le corps paraissant être celui d’un enfant a été retrouvé, porteur de vêtements similaires à ceux que la mineure enlevée et séquestrée portait au moment de sa disparition", a affirmé le procureur d'Agen Olivier Naboulet dans un communiqué.

Dans la foulée de cette découverte, Matignon a annoncé que le Premier ministre Sébastien Lecornu réunirait vendredi les ministres de l'Intérieur et de la Justice pour évoquer l'affaire et d'éventuels dysfonctionnements dans le traitement de plaintes pour viols accusant l'homme soupçonné d'avoir enlevé Lyhanna. Gérald Darmanin s'est dit "terrifié" par un tel "dysfonctionnement".

Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a accusé jeudi soir l'Etat qui a "lourdement failli", avant d'affirmer que "le peuple français exige des comptes", dans un message sur son compte X.

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez avait annoncé mercredi diligenter, avec le garde des Sceaux, une enquête administrative sur d'éventuels dysfonctionnements.

Le principal suspect, un homme de 41 ans placé en détention provisoire et visé par plusieurs autres plaintes, avait travaillé dans l'exploitation agricole dans laquelle a été retrouvé le corps, selon un responsable agricole gersois.

Père de deux enfants, le suspect, qui connaissait Lyhanna car elle était amie de sa fille, a été mis en examen lundi pour enlèvement et séquestration, puis incarcéré.

Un barrage de gendarmerie barre la route à proximité du site, à une quinzaine de kilomètres de Fleurance, le bourg où la collégienne a été vue la dernière fois, montant dans la voiture du suspect, ont constaté des journalistes de l'AFP.

L'autopsie doit permettre d'"identifier formellement le corps et proposer des conclusions médico-légales sur les causes de la mort", a précisé le procureur.

Elle devra également indiquer si la victime a subi des violences sexuelles, a indiqué à l'AFP un officier de gendarmerie, qui précise que les prélèvements de traces, d'indices, d'empreintes ou d'ADN sur les lieux de la découverte du corps par les techniciens en investigation criminelle sont susceptibles d'éclairer les enquêteurs de la section de recherche de Toulouse.

- "Recueillement et deuil" -

Dans un communiqué diffusé par leur avocat, la famille a exprimé "le plus grand effroi".

"Dans l’attente de l’autopsie, le temps est maintenant au recueillement et au deuil. La famille tient à remercier toutes les personnes qui ont participé aux recherches (...), la Justice devra faire son œuvre en toute sérénité".

Grégory Bobbato, maire de Fleurance a pris la parole en début de soirée. Il a réclamé de la "dignité" en "respectant le deuil de la famille".

"Nous avons simplement ce soir une pensée pour toutes les familles de victimes et une pensée particulière et grave ce soir pour la famille de Lyhanna", en précisant que le parquet d'Agen communiquerait vendredi de nouvelles informations.

Au septième jour des recherches, environ 170 militaires de la gendarmerie étaient encore déployés autour du bourg de Fleurance, dans une zone rurale, boisée et vallonnée située à 80 km à l'ouest de Toulouse.

Depuis l'annonce de la disparition de la collégienne, un vaste dispositif avait été mis en place, avec des moyens terrestres, aériens (drones et hélicoptère) et des plongeurs de la gendarmerie ainsi que des pompiers.

- Antécédents -

Mis en examen, le suspect n'a fait aucune déclaration devant la juge d'instruction chargée du dossier, ni répondu à la moindre question.

Depuis le début de la semaine, des révélations sur ses antécédents ont tracé un profil inquiétant, avec plusieurs signalements ou plaintes, notamment pour viol sur mineure.

Selon la procureure de la République d'Auch, Clémence Meyer, le suspect avait notamment fait l'objet de plaintes en 2022 et 2025. La première a été classée sans suite et l'enquête était toujours en cours pour la seconde.

Mme Meyer a annoncé par ailleurs, sans plus de détails, qu'une nouvelle plainte pour viol sur mineur avait été déposée mercredi matin.

Les lacunes de traitement de ces antécédents alimentaient jeudi une incompréhension croissante, comme celle du maire de Fleurance qui dénonce un "dysfonctionnement profond", un "système" négligeant "la souffrance des victimes et des familles".

Au fil d'un porte-à-porte conduit par les gendarmes, plusieurs habitants ont partagé avec les médias leurs interrogations.

"Il y a longtemps que cet homme aurait dû avoir des problèmes", déplorait à Fleurance jeudi soir Françoise Tison, retraitée de 63 ans, elle aussi en colère et qui espère que le suspect sera "puni". 

AFP

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4 Commentaires
Baba
Baba
1 mois

Un monsieur viol
On classe son dossier.
Il faut de l'argent, pour les juges le mets en prison.
Trop facile .non les magistrats sont libres de faire ce quils veulent. Ils sont tres protégés.
Et ce sera toujours comme çà .
La constitution de 58 .
Concernant ses personnes doivent etre revue.désolé prétexte y manque .je ne crois pas.ils nont pas de compte a rendre a personne.
Voila ou çà emmène .

Emma
Emma
1 mois

C'est une horreur. La justice, les procureurs, les magistrats sont tous coupables. Comment ils ont pu laisser un prédateur sexuel libre . Des plaintes et pas d'enquêtes, pas de garde a vue, pas d'arrestation. Une petite tuée c'est une douleur incommensurable pour les parents, la famille.
Faut que ça change bon sang.

Ded
Ded
1 mois

Une horreur oui, mais prévisible quand on sait que la justice est en sous effectif chronique , idem pour la gendarmerie et que les enquêtes sont longues car il faut éviter les annulations pour vice de procédure, sans compter les silences , les non dits de beaucoup de gens , de témoins et autres!
Le gouvernement peut faire semblant de s'agiter et de prendre des mesures , Lecornu peut "piquer une colère" auprès du ministre adoré par lui et Macron, de la justice , c'est du vent! depuis 2017 , combien de postes , dans tous les services publiques ont été supprimer pour faire plaisir à la droite et l'extrême droite et à la populace si prompte à se réjouir quand on attaque ces fainéants de fonctionnaires. La même populace va maintenant hurler aux loups !
Trop tard!

Heinrich Koffee
Heinrich Koffee
1 mois

Ce que vous dites, je l’aurais dit autrement. Mais je pense de la même manière !!