Le soleil est lĂ mais le froid persistait quasiment partout jeudi dans l'Hexagone, maintenant sur le pied de guerre pouvoirs publics et associations, inquiĂštes de tensions sur certains dispositifs d'accueil des SDF.
"Nous sommes dans le coeur de l'épisode", explique à l'AFP Stéven Testelin, prévisionniste à Météo-France. Ce froid ne devrait pas lùcher prise avant lundi.
Jeudi matin, les minimales sont descendues à -15 à La Bourboule (Puy-de-DÎme), -11 à Aubusson (Creuse), Brive et Aurillac, -8 à Bordeaux et Lyon. Il a fait -5 à Marseille, Montpellier, et -3 à Paris. Soit 5 à 8°C en moyenne au-dessous des normales de saison.
"Nous sommes globalement trĂšs en-dessous des normales, mĂȘme si ce ne sont pas des froids exceptionnels", rĂ©sume M. Testelin.
La bise de nord-est est en outre arrivée. Bien que faible (15 km/h), elle faisait plonger les températures ressenties à -8 à Paris ou encore -11 à Montpellier.
Fait inhabituel en Gironde, le service des Eaux de Bordeaux Métropole a envoyé à ses abonnés un mail pour les alerter sur les risques de gel des compteurs d'eau et canalisations...
Seules quelques zones bénéficiaient de valeurs positives, notamment le sud-est protégé par la proximité d'une dépression en Méditerranée: +1° à Ajaccio et 7° à Bastia, 2 à Toulon, 3 à Nice.
AprĂšs la neige, la situation revenait Ă la normale en Corse. Les Ă©tablissements scolaires rouvraient peu Ă peu. Un ferry transportant 163 passagers est parvenu Ă entrer au port de Bastia, aprĂšs ĂȘtre restĂ© bloquĂ© devant prĂšs de 24 heures en raison du vent et de la houle.
Au 3e jour de cet épisode, les structures d'accueil des sans-abri étaient en revanche trÚs sollicitées.
Quelque 130.000 places d'hĂ©bergement sont "mobilisĂ©es pour assurer la mise Ă l'abri de tous ceux qui doivent l'ĂȘtre", a indiquĂ© mercredi le Premier ministre Bernard Cazeneuve, au terme d'une rĂ©union Ă l'ElysĂ©e "sur le plan grand froid".
Plus de 3.400 places dites "exceptionnelles" ont été ouvertes ces derniers jours, selon la ministre du Logement Emmanuelle Cosse.
- 'Quasi saturés' -
A Lyon, le Samu social et les professionnels de l'urgence se sont cependant mis en grĂšve jeudi, pour rĂ©clamer "l'ouverture immĂ©diate des places restantes prĂ©vues par le plan Grand froid et l'ouverture de places supplĂ©mentaires". La prĂ©fecture s'est dite prĂȘte Ă les recevoir.
En IsÚre, les hébergements d'urgence à l'année et hivernaux (2.200 lits) sont "quasi saturés", a indiqué Yves Dareau, secrétaire général de la préfecture. En revanche, il reste des places parmi les 205 proposées en gymnase. "Il y a donc encore des places disponibles", a-t-il insisté sur France Bleu
"On constate quand mĂȘme un manque de places", explique Jeanne LĂ©vĂȘque, du Secours populaire isĂ©rois, car certaines personnes ou familles ne veulent pas aller en gymnase en raison de la prĂ©caritĂ© de la durĂ©e d'hĂ©bergement ou du manque d'intimitĂ©.
La responsable reçoit des appels d'autres associations "pour nous dire +y'a plus de places au 115, comment fait-on ?+".
A Grenoble, le Secours Populaire a constatĂ© dans ses permanences "une affluence beaucoup plus importante des SDF et des migrants Ă la rue, et mĂȘme des personnes qui ont un logement mais n'arrivent pas Ă se chauffer".
L'ONG manque de couvertures et vĂȘtements chauds, et, comme d'autres associations, lance un appel aux dons et aux bĂ©nĂ©voles pour faire face.
L'approvisionnement Ă©lectrique devrait en revanche ĂȘtre suffisant jeudi face Ă une consommation qui devrait atteindre un pic depuis le dĂ©but de l'hiver, a indiquĂ© le gestionnaire du rĂ©seau français Ă haute tension RTE mercredi.
La vague de froid n'entraßnera pas de coupures d'électricité, a assuré la ministre de l'Environnement SégolÚne Royal, "malgré l'indisponibilité de six réacteurs nucléaires".
Pour la suite, Météo-France prévoit encore une journée bien froide vendredi, ainsi que le week-end. "On pourrait renouer avec les normales de saison en 2e partie de semaine prochaine", selon M. Testelin.
Par Jean-Louis SANTINI - © 2017 AFP







