Menace

Le groupe EI dit vouloir lancer une "nouvelle phase" en ciblant Israël

  • PubliĂ© le 27 janvier 2020 Ă  20:53
  • ActualisĂ© le 28 janvier 2020 Ă  06:27
Un drapeau du groupe jihadiste Etat islamique (EI) décroché par un combattant kurde, le 30 avril 2017 dans la région de Raqa, en Syrie

Le groupe ultra-radical Etat islamique (EI) a affirmé lundi, dans un message audio, vouloir lancer une "nouvelle phase" de son "jihad", en ciblant spécifiquement Israël. Cet appel est lancé alors que le président américain Donald Trump reçoit lundi son "ami" le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, avant de présenter un plan de paix régional jugé "historique" par Israël mais rejeté par avance avec force par les Palestiniens.

Le nouveau chef de l'EI, Abou Ibrahim al-Hachemi al-Qourachi, est "dĂ©terminĂ©" Ă  entamer une "nouvelle phase qui n'est autre que de combattre les Juifs et de rendre ce qu'ils ont volĂ© aux musulmans", a affirmĂ© le porte-parole de l'EI, Abou Hamza El Qourachi, dans ce message de 37 minutes diffusĂ© sur l'application Telegram. "Les yeux des soldats du califat, oĂč qu'ils se trouvent, sont toujours (rivĂ©s) sur JĂ©rusalem", a-t-il ajoutĂ©. "Dans les prochains jours, si Dieu le veut, vous verrez (...) ce qui vous fera oublier les horreurs" du passĂ©, a encore dĂ©clarĂ© Abou Hamza El Qourachi, en allusion Ă  une Ă©ventuelle attaque.

L'AFP n'a pas pu immédiatement authentifier le message mais l'enregistrement a été diffusé sur les organes de propagande habituels du groupe sur les réseaux sociaux.
Avant sa défaite territoriale en mars 2019, l'organisation jihadiste avait administré un vaste "califat" autoproclamé à cheval sur la Syrie et l'Irak, qui a compté jusqu'à sept millions d'habitants.

Elle y imprimait une monnaie, prĂ©levait des taxes et gĂ©rait des programmes scolaires. Sous l'effet d'opĂ©rations militaires combinĂ©es des forces syriennes et irakiennes soutenues par leurs alliĂ©s respectifs, ce vaste territoire s'est rĂ©duit comme peau de chagrin avant d'ĂȘtre rayĂ© de la carte.

- Plan de paix américain -

Mais l'EI a préservé en Syrie et en Irak une présence non négligeable autour de l'Euphrate et dans le désert attenant. Le groupe possÚde également plusieurs branches en Afrique et en Asie, qui mÚnent toujours des attaques meurtriÚres. Il est notamment présent dans la péninsule égyptienne du Sinaï, frontaliÚre d'Israël et que l'Etat hébreu avait occupée pendant 15 ans aprÚs la guerre israélo-arabe de 1967.

Lundi, le porte-parole de l'EI a fustigé le "plan de Trump" sur la paix au Proche-Orient. "Aux musulmans de Palestine et du monde entier (...) soyez l'ogive de la lutte contre les Juifs", a-t-il déclaré dans son message.

Il a exhorté les combattants de l'EI, en particulier ceux de Syrie et du Sinaï, à transformer les colonies juives en "terrain d'essai" pour leurs armes et "roquettes chimiques".
Quelque 600.000 colons israéliens vivent actuellement dans les colonies à Jérusalem-est et en Cisjordanie occupée, auprÚs d'environ trois millions de Palestiniens.
Les Etats-Unis ont présenté en juin le volet économique de leur plan de paix, qui prévoit environ 50 milliards de dollars d'investissements internationaux dans les Territoires palestiniens et les pays arabes voisins sur dix ans.

Selon les Palestiniens, le plan américain comprend l'annexion par Israël de la Vallée du Jourdain, vaste zone stratégique de la Cisjordanie, et des colonies dans les Territoires palestiniens, ainsi que la reconnaissance officielle de Jérusalem comme seule capitale d'Israël.

C'est d'ailleurs depuis la reconnaissance en décembre 2017 par M. Trump de Jérusalem comme la capitale d'Israël que les dirigeants palestiniens ont coupé tout contact formel avec la Maison Blanche.

Lundi, le Premier ministre palestinien, Mohammed Shtayyeh, a appelé la communauté internationale à boycotter le plan américain.

Ce plan "ne passera pas" et pourrait mĂȘme conduire les Palestiniens Ă  une "nouvelle phase" de leur lutte, a prĂ©venu dimanche IsmaĂŻl Haniyeh, chef du mouvement islamiste Hamas.
Donald Trump a annoncé le 27 octobre la mort de l'ex-chef de l'EI Abou Bakr al-Baghdadi lors d'un raid dans le nord-ouest de la Syrie.

Peu aprĂšs, l'EI avait dĂ©signĂ© Abou Ibrahim al-Hachemi al-Qourachi comme nouveau "calife des musulmans". Mais ce dernier Ă©tait inconnu des analystes, certains doutant mĂȘme de son existence, et un haut responsable amĂ©ricain le qualifiant de "parfait inconnu".

L'organisation est désormais dirigée par Amir Mohamad Abdel Rahmane al-Maoula al-Salbi, a récemment affirmé le quotidien britannique The Guardian, citant des responsables de deux services de renseignement non précisés.
AFP

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