DeuxiÚme jour au Pérou

Le pape dans une zone d'intempéries

  • PubliĂ© le 20 janvier 2018 Ă  07:31
  • ActualisĂ© le 20 janvier 2018 Ă  08:16
Le pape François porte les cadeaux qui lui ont été offerts par des communautés indigÚnes à Puerto Maldonado (Pérou) le 19 janvier 2018

Le pape François consacrera samedi sa deuxiÚme journée au Pérou à une région au bord de l'océan Pacifique durement touchée par le phénomÚne climatique El Niño, aprÚs un programme politiquement plus chargé la veille.


Samedi, l'infatigable pape François s'envolera pour Trujillo, Ă  560 kilomĂštres au nord de Lima, oĂč il doit cĂ©lĂ©brer sa premiĂšre messe en plein air au PĂ©rou.
Il a choisi une plage pouvant accueillir 500.000 fidĂšles, dans la ville historique de Huanchaco, un paradis des surfeurs oĂč s'alignent aussi les "caballitos de totora", des embarcations traditionnelles de pĂȘcheurs en forme de canoe.
AprÚs la célébration de la messe, le pape argentin se rendra dans le quartier "Buenos Aires", au sud de Trujillo, durement touché par des inondations en avril 2017.
En 2017, les intempéries, inondations et glissements de terrain ont provoqué la mort de 133 personnes au Pérou sur les quatre premiers mois.
Dans cette ville, il prĂ©sidera aussi une cĂ©rĂ©monie mariale, en hommage Ă  la "Vierge Ă  la Porte", sur une place en prĂ©sence de quelque 35.000 fidĂšles. Et il s'exprimera aussi devant des prĂȘtres et religieux du nord du pays.
Incursion en plein coeur de l'Amazonie pour aller soutenir les peuples autochtones, puis rencontre avec les autorités politiques du pays à Lima étaient au menu de vendredi.
Mais sa journée était aussi une occasion de parcourir la capitale en "papamobile" et saluer des foules enthousiastes, contrastant avec la distance des Chiliens trÚs focalisés sur les scandales de pédophilie au sein de l'Eglise.
AprÚs cette journée menée tambour battant et un pneu crevé sur la route, François est encore apparu vers neuf heures du soir au balcon de la nonciature qui l'héberge, détendu et souriant, devant des fidÚles en pùmoison.
Vendredi, le pape avait appelé à Lima à lutter contre "le virus" de "la corruption", à l'occasion d'un discours prononcé au palais du gouvernement devant les autorités politiques et civiles du pays.
"Que de mal fait à nos peuples latino-américains, et aux démocraties de ce continent béni, ce +virus+ social, un phénomÚne qui infecte tout, les pauvres et la terre mÚre étant les plus lésés", avait déploré le pape, qui fustige réguliÚrement ce mal universel.
Au Pérou, ses paroles s'inscrivent dans le contexte d'une crise politique profonde, depuis la grùce accordée à Noël à l'ancien président péruvien Alberto Fujimori, condamné à la prison pour corruption et crimes contre l'humanité.
TrĂšs critiquĂ© pour cette dĂ©cision, le chef de l'Etat Pedro Pablo Kuczynski, ex-banquier de Wall Street, a lui-mĂȘme Ă©chappĂ© Ă  une destitution pour ses liens avec le gĂ©ant du BTP brĂ©silien Odebrecht.
Lors de sa visite en Amazonie le matin, le pape François a appelé à défendre ce poumon vert de la planÚte, répondant à l'appel au secours de milliers d'indigÚnes venus à sa rencontre.
"Probablement, les peuples autochtones amazoniens n?ont jamais été autant menacés sur leurs territoires", a estimé François, déplorant "les blessures profondes que portent en eux l'Amazonie et ses peuples".
Arrivé dans la matinée à Puerto Maldonado, ville du sud-est du Pérou entourée de jungle, le pape argentin était attendu avec impatience par plusieurs milliers d'indigÚnes péruviens, brésiliens et boliviens.
Une rencontre rythmée par des chants et des danses de différentes tribus, portant tenues traditionnelles, couronnes de plumes et colliers de dents d'animaux pour certains.
L'Amazonie abrite 20% de l'eau douce non gelĂ©e de la planĂšte, 34% des forĂȘts primaires et 30 Ă  50% de la faune et de la flore du monde.
Ce poumon vert se répartit sur neuf des douze pays de l'Amérique du Sud, notamment le Brésil (67%), la Bolivie (11%) et le Pérou (13%).
MenacĂ©s par l'exploitation des forĂȘts et des ressources naturelles, les indigĂšnes espĂ©raient un message fort du pape François lors de cette rencontre inĂ©dite.
"Nous vous demandons de nous défendre", a lancé, à la tribune, une représentante du peuple Harakbut, Yesica Patiachi. "Si on nous enlÚve nos territoires, nous pouvons disparaßtre".
Pour symboliser cet appel au secours, la communauté Ese Eja avait préparé comme cadeau pour le pape un arc et une flÚche... destinés à les protéger.

Par Laure FILLON - © 2018 AFP

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