Le procÚs de Nordahl Lelandais, jugé par les assises de l'IsÚre pour avoir enlevé et tué Maëlys, 8 ans, en août 2017, approche de son terme avec le réquisitoire et les plaidories de la défense jeudi, avant le verdict attendu vendredi.
L'ancien maßtre-chien militaire, dont le procÚs trÚs médiatisé aura duré trois semaines, encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Celui qui aura 39 ans vendredi, le jour du verdict, est jugé pour l'enlÚvement et le meurtre de Maëlys De Araujo, ainsi que pour des agressions sexuelles contre deux petites-cousines alors ùgées de 4 et 6 ans, au cours de l'été 2017.
Il a été déjà condamné en mai 2021 à vingt ans de réclusion criminelle pour le meurtre d'Arthur Noyer, un jeune chasseur alpin qu'il avait pris en stop une nuit d'avril 2017 à Chambéry.
L'avocat de la mĂšre de MaĂ«lys, Me Fabien Rajon a dit attendre du rĂ©quisitoire de l'avocat gĂ©nĂ©ral Jacques Dallest "de la luciditĂ© et de la fermetĂ©". "De la luciditĂ© (...) quant au fait que cet individu est particuliĂšrement dangereux et de la fermetĂ©, non pas dans un esprit de vengeance, mais parce qu'il en va des intĂ©rĂȘts de la sociĂ©tĂ©", a-t-il expliquĂ© devant la presse jeudi soir.
- "Mobile sexuel évident" -
Un peu plus tÎt face à la cour, Me Rajon avait souligné dans une longue plaidoirie que si Nordahl Lelandais n'était pas poursuivi pour le viol de Maëlys dans le cadre de ce procÚs faute de "preuve incontestable", le "mobile sexuel est pour (lui) une évidence".
L'ex-militaire a reconnu au cours du procÚs avoir tué "volontairement" Maëlys en évoquant un accÚs de panique et une "hallucination", expliquant avoir vu le visage d'Arthur Noyer sur celui de la fillette. Et il a répété n'avoir jamais eu d'intention sexuelle à son égard. Dans sa plaidoirie, l'avocat a aussi évoqué les facteurs "inquiétants" de la personnalité de l'accusé, sa "dangerosité" et son "manque de recul" sur ses actes.
Il a ensuite lu devant la cour un courrier des parents d'Arthur Noyer datĂ© du 14 fĂ©vrier s'indignant des dĂ©clarations de Nordahl Lelandais. "ArrĂȘtez de vous servir d'Arthur. Vous n'avez aucune empathie, vous n'avez pas changĂ©, vous resterez un malfaisant, un manipulateur, un lĂąche", Ă©crivent-ils.
Avant lui, les cinq autres avocats des parties civiles ont eux aussi tracĂ© un portrait extrĂȘmement sombre de l'accusĂ©. Pour l'avocat du pĂšre de MaĂ«lys, Me Laurent Boguet, Nordahl Lelandais est "un homme-loup" qui "apprĂ©hende parfaitement les limites du bien et du mal et (qui) a fait le choix de s'organiser vers le cĂŽtĂ© sombre".
C'est quelqu'un qui "mÚne son existence en chauffard et malheur à vous si vous croisez sa route quand il a décidé d'accélérer! La vitesse ça grise, c'est bon. Jusqu'à ce qu'on se prenne le mur", lance-t-il.
L'accusé, assis dans son box, en chemise noire, a écouté en silence les plaidoiries. Me Caroline Rémond, avocate des deux petites-cousines victimes d'attouchements, a également insisté sur le caractÚre "prédateur" à la recherche d'une "proie" de l'ancien maßtre-chien, qui avait filmé ses agressions quand les enfants étaient endormies.
Au cours des dĂ©bats, Nordahl Lelandais a livrĂ© des versions fluctuantes sur la disparition de MaĂ«lys, variant notamment sur les circonstances de l'enlĂšvement de la fillette qui serait montĂ©e, selon lui, de son plein grĂ© dans sa voiture. Il a affirmĂ© lui avoir donnĂ© des coups au visage, dans un Ă©pisode soudain de violence, quelques minutes aprĂšs l'avoir emmenĂ©e de la salle des fĂȘtes oĂč il l'avait rencontrĂ©e peu auparavant, pendant une soirĂ©e de mariage.
AprĂšs le rĂ©quisitoire du ministĂšre public le matin, la parole doit revenir jeudi aprĂšs-midi Ă la dĂ©fense, avec la plaidoirie de Me Alain Jakubowicz. L'accusĂ© lui-mĂȘme devrait pouvoir s'exprimer une derniĂšre fois vendredi matin avant les dĂ©libĂ©rations.
AFP
