Nasa

Le télescope spatial James Webb a atteint son poste d'observation final

  • PubliĂ© le 25 janvier 2022 Ă  03:10
  • ActualisĂ© le 25 janvier 2022 Ă  17:03
Vue d'artiste du télescope spatial James Webb

Presque un mois aprÚs son lancement, le télescope spatial James Webb a atteint son orbite finale, à 1,5 million de km de la Terre, depuis laquelle il pourra notamment permettre d'observer les premiÚres galaxies de l'univers, a confirmé la Nasa lundi.

Il a activé ses propulseurs à environ 19H00 GMT afin d'atteindre le point de Lagrange 2 ou "L2", idéal pour observer le cosmos. "Bienvenue à la maison, Webb!", s'est exclamé le patron de l'agence spatiale américaine, Bill Nelson, dans un communiqué.

"Nous avons fait un pas de plus vers la mise au jour des mystÚres de l'univers. Et j'ai hùte de voir les premiÚres nouvelles images de l'univers par (le télescope) Webb cet été!", a-t-il ajouté.

A cette orbite minutieusement choisie, la Terre, le Soleil et la Lune se trouveront tous de l'autre cÎté de son pare-soleil, ce qui lui assurera d'opérer dans l'obscurité et dans un trÚs grand froid indispensables à l'étude des premiers rayonnements cosmiques via ses capteurs infrarouges.

C'est la troisiÚme fois que le télescope actionne ainsi ses propulseurs depuis son lancement à bord d'une fusée Ariane 5, le 25 décembre.

La grande impulsion fournie par la fusĂ©e avait en effet Ă©tĂ© sciemment minimisĂ©e pour Ă©viter que l'instrument dĂ©passe son objectif, sans vĂ©ritable espoir de retour, et il devait encore, par petites poussĂ©es successives, s'y placer de lui-mĂȘme.

La durĂ©e de la mission pourrait ĂȘtre de 20 ans, selon Keith Parrish, l'un des responsables du projet. Une possibilitĂ©, qui n'est pas envisagĂ©e pour le moment, serait d'une mission future aille dans l'espace pour pour alimenter le tĂ©lescope en carburant.

Le télescope James Webb, dont le coût pour la Nasa est estimé à 10 milliards de dollars, est l'un des équipements scientifiques les plus chers jamais construits, comparable à son prédécesseur Hubble ou l'immense accélérateur de particules du CERN.

- Halo -

Mais tandis qu'Hubble Ă©tait placĂ© en orbite autour de la Terre, Webb gravitera dans la zone de l'espace baptisĂ©e point de Lagrange 2, oĂč les forces d'attraction de la Terre et du Soleil sont contrebalancĂ©es par la force centrifuge du tĂ©lescope, permettant une trajectoire stable avec une moindre utilisation de carburant.

Le nouveau télescope ne sera pas exactement au point L2 mais oscillera autour de lui en "halo" à une distance similaire à celle de la Terre et de la Lune, selon un cycle de six mois.

D'autres missions spatiales ont auparavant été placées sur L2, comme le télescope spatial infrarouge Herschel développé par l'Agence spatiale européenne ou un satellite de la Nasa qui avait déjà pour objectif d'étudier le Big Bang.

Le positionnement de James Webb lui permettra également de rester en contact permanent avec la Terre via le Deep Space Network, un réseau de trois grandes antennes en Australie, Espagne et Californie.

La Nasa avait réussi début janvier à déployer -- opération trÚs périlleuse -- l'immense miroir du télescope qui lui permettra de recevoir des rayonnements émis par les premiÚres étoiles et galaxies, formées il y a plus de 13,4 milliards d'années, moins de 400 millions d'années aprÚs le Big Bang.

Avec l'expansion de l'univers, cette lumiĂšre parcourt toujours plus de chemin pour atteindre l'observateur, et ce faisant elle "rougit". Comme le bruit d'un objet qui s'Ă©loigne s'assourdit, l'onde lumineuse s'Ă©tire et passe de la frĂ©quence visible Ă  l’Ɠil nu, Ă  celle de l'infrarouge.

Or, Webb, contrairement à Hubble, est équipé pour percevoir ces signaux infrarouges, ce qui lui permettra de voir non seulement des objets plus anciens, mais aussi les nuages de poussiÚre interstellaire qui absorbent la lumiÚre des étoiles et les cachent au regard de Hubble.

Il doit Ă©galement faire un grand pas dans l'exploration des exoplanĂštes, en orbite autour d'autres Ă©toiles que le Soleil. Il examinera leur atmosphĂšre, en quĂȘte de conditions propices Ă  l'apparition de la vie.

Prochaine Ă©tape: ses instruments scientifiques doivent encore refroidir avant d'ĂȘtre trĂšs prĂ©cisĂ©ment calibrĂ©s. Ses premiĂšres images devraient ĂȘtre transmises en juin ou juillet.

AFP

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