Justice

Le tribunal rejette la demande de Ghosn d'assister au CA de Nissan

  • PubliĂ© le 11 mars 2019 Ă  12:42
  • ActualisĂ© le 11 mars 2019 Ă  15:53
Carlos Ghosn Ă  Tokyo, le 9 mars 2019

Le tribunal de Tokyo a rejeté lundi la demande de Carlos Ghosn d'assister au conseil d'administration du constructeur d'automobiles japonais Nissan, ont rapporté la chaßne de télévision publique NHK et le quotidien économique Nikkei.

"M. Ghosn a demandé à assister au conseil mais le tribunal ne lui en a pas accordé l'autorisation", a annoncé le tribunal de Tokyo dans un bref communiqué, sans donner de détails.

Dans un avis écrit transmis au parquet, Nissan s'est opposé à la présence de son ex-PDG, a expliqué à la presse le principal avocat du magnat déchu, Junichiro Hironaka. "Nous ne nous attendions pas à une opposition aussi forte", a-t-il déclaré, ajoutant qu'il étudiait la possibilité de contester cette décision.

Elle n'apparaĂźt pas surprenante Ă©tant donnĂ© que M. Ghosn a interdiction de rencontrer les protagonistes de l'affaire, au premier rang desquels les responsables de Nissan, Ă  l'origine de l'enquĂȘte qui a provoquĂ© sa chute et entraĂźnĂ© son incarcĂ©ration pendant plus de 100 jours. Le dirigeant avait Ă©tĂ© rĂ©voquĂ© en novembre de la prĂ©sidence du constructeur, quelques jours aprĂšs son arrestation le 19 novembre Ă  Tokyo, Ă  la sortie de son jet privĂ©, mais il reste administrateur tant que l'assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des actionnaires n'a pas votĂ© sa destitution.

Elle se tiendra le 8 avril à cette fin, ainsi que pour désigner au siÚge d'administrateur laissé vacant le nouveau président de Renault, Jean-Dominique Senard.

- Union affichée -

Le conseil d'administration de Nissan, qui se réunit mardi aprÚs-midi au siÚge de Yokohama, dans la banlieue de Tokyo, doit se pencher sur l'avenir de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi. A son issue, l'ensemble des dirigeants des trois constructeurs s'exprimeront, affichant leur union aprÚs les tensions provoquées par l'arrestation de celui qui a bùti en deux décennies le premier partenariat automobile mondial.

M. Senard, dĂ©jĂ  venu mi-fĂ©vrier au Japon pour retisser les liens, sera accompagnĂ© du directeur gĂ©nĂ©ral de Renault, Thierry BollorĂ©, ainsi que du patron exĂ©cutif de Nissan, Hiroto Saikawa, et du PDG de Mitsubishi Motors, Osamu Masuko. L'ordre du jour n'est pas spĂ©cifiĂ©, mais une nouvelle structure de gouvernance devrait ĂȘtre annoncĂ©e Ă  cette occasion, a indiquĂ© Ă  l'AFP une source proche de l'alliance.

La sociĂ©tĂ© nĂ©erlandaise Renault-Nissan BV (RNBV), formĂ©e en 2002 pour symboliser l'ensemble automobile franco-japonais nĂ© en 1999, va ĂȘtre remplacĂ©e par un nouveau comitĂ© tripartite incluant Mitsubishi Motors, qui pourrait siĂ©ger alternativement en France et au Japon, selon cette source.
L'objectif est de tourner la page de l'Úre Ghosn, dont la toute-puissance a été dénoncée avec virulence par Nissan.

Le capitaine d'industrie de 65 ans, qui se dit innocent et fustige un "complot" ourdi par le constructeur japonais, a perdu tous ses titres et prĂ©pare activement sa dĂ©fense depuis sa rĂ©sidence surveillĂ©e de la capitale japonaise, oĂč il est traquĂ© par les mĂ©dias. Me Hironaka a prĂ©vu de discuter mardi avec son client de la tenue d'une Ă©ventuelle confĂ©rence de presse. "M. Ghosn veut l'organiser au meilleur moment, quand il sera au meilleur de sa forme", a prĂ©cisĂ© l'avocat.

Libéré le 6 mars sous caution, Carlos Ghosn a été inculpé pour minoration d'une partie de ses revenus pour un montant de 9,23 milliards de yens (74 millions d'euros) entre 2010 et 2018, dans les rapports de Nissan remis aux autorités boursiÚres. Il a également été inculpé pour abus de confiance.
Dans l'attente de son procĂšs, qui n'interviendra pas avant plusieurs mois, il a interdiction de quitter, mĂȘme briĂšvement, le Japon. Il n'a pas le droit d'accĂ©der Ă  internet, ses allĂ©es et venues ainsi que celles de ses visiteurs sont filmĂ©es et les images rĂ©guliĂšrement remises au tribunal.

Le parquet a cependant jugĂ© vendredi que ces "conditions de libĂ©ration sous caution n'Ă©taient pas efficaces pour empĂȘcher une altĂ©ration de preuves compromettantes".

AFP

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