États-Unis

L'enquĂȘte du FBI se rapproche de la Maison Blanche, Trump contrattaque

  • PubliĂ© le 3 dĂ©cembre 2017 Ă  19:30
  • ActualisĂ© le 3 dĂ©cembre 2017 Ă  19:41
James Comey, le 8 septembre 2016 à Washington et Donald Trump, photographié le 13 janvier 2017 à New York

Donald Trump a lancé dimanche une violente contre-attaque contre le FBI, aprÚs son faux pas de la veille laissant entendre qu'il savait de longue date que son ancien conseiller à la sécurité nationale, inculpé dans l'affaire russe, avait menti à la police fédérale.


"Je n'ai jamais demandĂ© Ă  Comey d'abandonner l'enquĂȘte sur Flynn. Encore de fausses informations couvrant un autre mensonge de Comey", s'est dĂ©fendu Donald Trump au petit matin, dans le premier d'une salve de tweets critiquant la police fĂ©dĂ©rale avec une virulence inĂ©dite pour un prĂ©sident amĂ©ricain.
Lors d'une audition sous serment dĂ©but juin devant le SĂ©nat, l'ancien directeur du FBI James Comey --brutalement limogĂ© par le prĂ©sident-- avait affirmĂ© que Donald Trump lui avait personnellement demandĂ© d'enterrer l'enquĂȘte visant Michael Flynn.
Ce dernier a plaidĂ© coupable vendredi d'avoir notamment menti aux enquĂȘteurs, plongeant le premier cercle de l'entourage de Donald Trump au coeur de l'enquĂȘte du procureur spĂ©cial Robert Mueller sur l'ingĂ©rence de Moscou dans la prĂ©sidentielle amĂ©ricaine de 2016 et une possible entente entre l'Ă©quipe de l'homme d'affaires et le Kremlin.
Or dans un tweet qui a fait sensation, le prĂ©sident a Ă©crit samedi: "J'ai dĂ» limoger le gĂ©nĂ©ral Flynn parce qu'il a menti au vice-prĂ©sident et au FBI", laissant entendre par cette formulation qu'il Ă©tait au courant des mensonges quand il avait demandĂ©, selon James Comey, au patron du FBI d'abandonner l'enquĂȘte.
L'avocat personnel de Donald Trump, John Dowd, a ensuite affirmé aux médias que c'est lui qui avait rédigé ce message pour dédouaner le président. La Maison Blanche a par le passé souligné que les tweets de Donald Trump avaient valeur de communiqués officiels.
La sĂ©natrice dĂ©mocrate Dianne Feinstein, membre de la puissante commission du Renseignement au coeur de l'enquĂȘte russe, n'a pas Ă©tĂ© convaincue par ces arguments: "Je pense que ce qui est en train de se dessiner est un cas d'entrave Ă  la justice", a-t-elle affirmĂ© sur la chaĂźne NBC.


- 'Réputation en lambeaux' -


S'appuyant ensuite sur la nouvelle, tombĂ©e samedi, qu'un des principaux enquĂȘteurs du FBI chargĂ©s du dossier russe --et prĂ©cĂ©demment de l'enquĂȘte sur les courriels de Hillary Clinton, classĂ©e sans suite-- avait Ă©tĂ© Ă©cartĂ© du dossier aprĂšs des messages le critiquant, Donald Trump a lancĂ© plusieurs violents coups de boutoir contre la police fĂ©dĂ©rale.
"AprĂšs des annĂ©es de Comey, avec l'enquĂȘte bidon et malhonnĂȘte sur Clinton (et plus), Ă  la tĂȘte du FBI, sa rĂ©putation est en lambeaux - la pire de l'Histoire! Mais n'ayez crainte, nous lui rendrons sa grandeur", a poursuivi le prĂ©sident amĂ©ricain.
L'enquĂȘte sur les courriels de Hillary Clinton avait secouĂ© la campagne prĂ©sidentielle de 2016, motivant Donald Trump et ses supporteurs, dont Michael Flynn, Ă  demander, aux cris de "Enfermez-la", qu'elle soit condamnĂ©e et emprisonnĂ©e. En vain.
"+UN AGENT DU FBI ANTI-TRUMP A MENE L'ENQUETE CLINTON+ Maintenant tout commence Ă  s'expliquer", a encore assĂ©nĂ© le prĂ©sident, Ă  propos de cet enquĂȘteur, Peter Strzok, l'un des plus expĂ©rimentĂ©s dans les services de contre-espionnage du FBI et qui a Ă©tĂ©, cet Ă©tĂ©, rĂ©assignĂ© aux ressources humaines, selon le New York Times.


- 'TrĂšs haut responsable' -


Washington avait été secoué vendredi matin par la nouvelle que Michael Flynn avait plaidé coupable notamment d'avoir menti sur ses conversations avec l'ambassadeur de Russie aux Etats-Unis puis accepté de coopérer avec la justice.
M. Flynn a surtout confirmé à l'accusation avoir ponctuellement agi sur les instructions d'un "trÚs haut responsable" de l'équipe de transition présidentielle qui n'est autre, selon plusieurs médias américain, que Jared Kushner, gendre et proche conseiller de Donald Trump.
Puisqu'ils sont intervenus aprĂšs la victoire de l'homme d'affaires en novembre 2016, ces contacts avec l'ambassadeur de Russie ne confortent pas la thĂšse d'une concertation entre Moscou et l'entourage du candidat pour influencer le scrutin.
Mais Michael Flynn pourrait fournir de nouvelles informations aux enquĂȘteurs. Et si Robert Mueller parvenait Ă  prouver une collusion avec la Russie ou une entrave Ă  la justice --comme le laisse entendre le tĂ©moignage de James Comey-- une procĂ©dure de destitution ne pourrait ĂȘtre exclue pour le 45e prĂ©sident des Etats-Unis.


- Réforme fiscale éclipsée -


Samedi, Donald Trump avait toutefois assurĂ© n'ĂȘtre pas inquiet de ce que pourrait rĂ©vĂ©ler Michael Flynn et rĂ©affirmĂ© qu'il n'y avait eu "aucune collusion" de son Ă©quipe de campagne avec la Russie lorsqu'il briguait la Maison Blanche.
Il avait alors bien tentĂ© de maintenir l'attention sur la rĂ©forme fiscale adoptĂ©e la veille au SĂ©nat, premiĂšre grande victoire lĂ©gislative rĂ©publicaine depuis son arrivĂ©e Ă  la Maison Blanche, Ă  mĂȘme de faire oublier l'Ă©chec cuisant de la rĂ©forme de la santĂ©.
Mais ses déclarations et l'avalanche de tweets éclipsaient largement dimanche cette refonte historique du code des impÎts.

Par Sippachai KUNNUWONG - © 2017 AFP

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1 Commentaires
Pierre Balcon
Pierre Balcon
8 ans

Toujours l'AFP Ă  la manƓuvre dans ce laborieux article oĂč on ne comprend rien .
Le titre pourrait d'ailleurs ĂȘtre inversĂ© : "aprĂšs avoir voulu cibler Trump la justice s'interesse dĂ©sormais Ă  son entourage" .
Moralité : 1: on n'append rien sur l'affaire 2 on confirme que l'AFP n'est plus une agence de presse mais un outil de propagande