[VIDEO] Massacre

Les bombes du régime syrien tuent 400 civils en cinq jours dans un fief rebelle

  • PubliĂ© le 23 fĂ©vrier 2018 Ă  01:33
  • ActualisĂ© le 23 fĂ©vrier 2018 Ă  06:21
Des médecins syriens examinent une enfant dans un hÎpital de fortune aprÚs des bombardements du régime syrien sur la ville de Douma dans la Ghouta orientale, le 22 février 2018

Plus de 400 civils, dont une centaine d'enfants, ont Ă©tĂ© tuĂ©s depuis dimanche dans l'enclave rebelle de la Ghouta orientale par d'intenses bombardements du rĂ©gime syrien, protĂ©gĂ© par son alliĂ© russe Ă  l'ONU oĂč le Conseil de sĂ©curitĂ© tente de nĂ©gocier une trĂȘve.


Pour la cinquiĂšme journĂ©e consĂ©cutive, les forces du prĂ©sident Bachar al-Assad ont soumis jeudi Ă  un dĂ©luge de feu cette rĂ©gion qu'elles assiĂšgent aux portes de Damas, une campagne dĂ©vastatrice qui annonce une offensive terrestre pour la reconquĂ©rir. Des ONG, organisations internationales et gouvernements se sont dits horrifiĂ©s par l'ampleur de ce pilonnage, d'une rare violence dans un pays pourtant ravagĂ© depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 340.000 morts. Dans la Ghouta orientale, oĂč quelque 400.000 habitants tentent de subsister, le coĂ»t humain et les destructions sont colossales.

 

Un correspondant de l'AFP a vu des mares de sang sur la route menant à un hÎpital de la ville de Douma. A l'hÎpital, des corps enveloppés de linceuls blancs, dont ceux de deux enfants, gisaient au sol. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), 416 civils, dont 95 enfants, ont été tués depuis le début dimanche de cette campagne de bombardements.

 

 

- 'Situation insoutenable' -

Jeudi à New York, l'ambassadeur russe à l'ONU Vassily Nebenzia a annoncé qu'il n'y avait "pas d'accord" entre les membres du Conseil de sécurité pour imposer un cessez-le-feu humanitaire d'un mois, négocié depuis plus deux semaines. Washington et Paris se sont élevés contre la position russe, l'ambassadeur français François Delattre évoquant une "situation insoutenable" pour les civils.

Son homologue suédois, Olof Skoog, a dit espérer une mise au vote vendredi du projet de résolution sur un cessez-le-feu, rédigé par son pays et le Koweït. Moscou, grand allié de Damas, utilise réguliÚrement son droit de veto pour protéger le régime syrien à l'ONU.

 

- 'Campagne d'annihilation' -

Les condamnations internationales se sont multipliées, en vain. Le patron de l'ONU Antonio Guterres a dénoncé un "enfer sur Terre" et le Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Zeid Ra?ad Al Hussein, a appelé à la fin d'une "monstrueuse campagne d'annihilation". Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a réclamé un accÚs à la Ghouta orientale pour porter secours aux blessés, qui meurent selon lui faute de soins immédiats et de matériel médical.

"Le rĂ©gime prĂ©tend viser des groupes armĂ©s mais en vĂ©ritĂ© il ne vise que les civils!", s'est insurgĂ© Ahmed Abdelghani, mĂ©decin dans les hĂŽpitaux bombardĂ©s de HammouriyĂ© et Arbine. "C'est un hĂŽpital civil, pourquoi le rĂ©gime nous vise-t-il?" Ces trois derniers jours, 13 hĂŽpitaux de la Ghouta orientale oĂč intervient l'ONG MĂ©decins sans frontiĂšres ont Ă©tĂ© touchĂ©s, selon l'organisation.

Au moins 59 civils sont morts jeudi dans des raids aĂ©riens et des tirs de roquettes visant plusieurs localitĂ©s, notamment Douma, la grande ville de la Ghouta, oĂč 37 personnes ont pĂ©ri, selon l'OSDH. L'Observatoire a affirmĂ© que l'aviation de la Russie, alliĂ©e du rĂ©gime, avait participĂ© aux raids. Dans la localitĂ© de HammouriyĂ©, un autre correspondant de l'AFP a vu des habitants se presser devant un magasin pour acheter de la nourriture avant de prendre la fuite quand des obus ont explosĂ© Ă  proximitĂ©.

- Offensive 'd'envergure' -

Le régime cherche à reprendre la Ghouta orientale, pour, dit-il, stopper les tirs de roquettes sur Damas. Selon le quotidien syrien Al-Watan, une offensive terrestre "d'envergure peut commencer à tout moment". Depuis dimanche, 16 personnes ont été tuées à Damas, bastion du régime, par des tirs d'obus et de roquettes des rebelles depuis la Ghouta orientale, selon les médias d'Etat et l'OSDH.

Selon le représentant syrien à l'ONU, Bachar Jaafari, "des centaines de roquettes et de mortiers" se sont ainsi abattus jeudi sur Damas. Un enfant a été tué jeudi par un tel tir, selon l'agence officielle Sana.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a assuré que Moscou avait proposé aux combattants de la Ghouta orientale d'évacuer le secteur mais que des jihadistes et leurs alliés avaient "catégoriquement rejeté cette proposition". Depuis le début en 2011 de la guerre en Syrie, plusieurs zones rebelles, comme la vieille ville de Homs en 2012 ou Alep en 2016, ont été écrasées par des bombardements et un siÚge étouffant pour forcer les combattants antirégime à déposer les armes.

 

 

Le conflit en Syrie a d'abord opposé les rebelles au régime puis s'est complexifié avec l'implication de groupes jihadistes et de puissances étrangÚres.
Avec l'intervention de la Russie en 2015, le régime d'Assad, qui était en mauvaise posture, a réussi à reprendre le contrÎle de plus de la moitié du territoire.

www.ipreunion.com avec l'AFP

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