L'Iran a accusé mardi les Etats-Unis d'avoir violé le cessez-le-feu aprÚs des frappes américaines nocturnes dans le sud du pays, tandis qu'au Liban des attaques israéliennes ont fait 31 morts, selon les autorités locales.
Ces frappes portent un coup aux apparents progrÚs dans les négociations pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient.
Dans le mĂȘme temps, comme une Ă©tape de plus vers l'accalmie, l'agence iranienne Isna a rapportĂ© mercredi que le trafic aĂ©rien Ă©tait maintenant rouvert sans interruption dans 10 aĂ©roports du pays. Parmi eux figurent les deux grands aĂ©roports de TĂ©hĂ©ran, qui avaient dĂ©jĂ repris leur activitĂ© en avril aprĂšs des semaines de fermeture en raison de la guerre.
Les signes d'ouverture de ces derniers jours ont cĂ©dĂ© la place Ă une rhĂ©torique martiale, dans un conflit oĂč les armes se sont quasiment tues depuis le 8 avril mais oĂč le blocage du dĂ©troit d'Ormuz continue, faisant flamber les prix du pĂ©trole.
"L'armée terroriste américaine, poursuivant ses actions illégales et injustifiées depuis le cessez-le-feu (...), a commis au cours des derniÚres 48 heures une violation flagrante du cessez-le-feu dans la région d'Hormozgan", a déclaré le ministÚre des
Affaires étrangÚres, sans préciser la nature des faits.
Et de prévenir: "La République islamique ne laissera aucun acte malveillant sans réponse".
Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) avait annoncé avoir frappé dans la nuit des sites de lancement de missiles dans le sud.
L'Iran n'a pas officiellement confirmĂ© l'information, mais les mĂ©dias d'Etat ont rapportĂ© des explosions dans la ville portuaire de Bandar Abbas et annoncĂ© qu'une enquĂȘte Ă©tait en cours pour en dĂ©terminer l'origine.
Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont eux affirmé avoir abattu un drone américain et tiré sur d'autres aéronefs tentant de pénétrer dans l'espace aérien du pays, sans en préciser la date.
- Internet partiellement rétabli -
Portés la veille par l'espoir d'un accord, les marchés mondiaux ont retrouvé mardi "un ton plus prudent", commente Daniela Hathorn, analyste chez Capital.com, à l'exception de Wall Street qui a de nouveau atteint des sommets en clÎture.
Le pétrole est lui reparti à la hausse mardi, avant de baisser de nouveau mercredi matin en Asie.
En Iran, l'accÚs à internet a été partiellement rétabli mardi selon l'ONG étrangÚre de surveillance de la cybersécurité NetBlocks, aprÚs une coupure quasi totale de prÚs de trois mois en raison de la guerre, déclenchée le 28 février par l'attaque israélo-américaine.
"Depuis quelques minutes, je peux ouvrir des sites internet internationaux avec mon fournisseur d'accÚs", a déclaré à l'AFP une habitante de 22 ans de la ville occidentale de Kermanshah, ajoutant qu'elle avait toutefois toujours besoin de VPN (réseau privé virtuel) pour accéder aux réseaux sociaux.
Malgré les menaces qui fusent, les tractations diplomatiques se poursuivent.
De hauts responsables iraniens, dont le négociateur en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le ministre des Affaires étrangÚres, Abbas Araghchi, ont effectué lundi une visite à Doha, une premiÚre depuis le début des hostilités.
Le gouverneur de la Banque centrale a également fait le déplacement pour discuter des fonds gelés à l'étranger en raison des sanctions américaines. Téhéran exige le déblocage de 24 milliards d'avoirs, selon l'agence de presse Tasnim.
C'est un des principaux points de contentieux, aux cÎtés du volet nucléaire que l'Iran souhaite aborder dans un second temps. Washington, qui soupçonne Téhéran de vouloir se doter de la bombe atomique, réclame la destruction du stock d'uranium hautement enrichi, dont le sort est incertain depuis de précédentes frappes israélo-américaines, en juin 2025.
- Au-delĂ de la "ligne jaune" -
La diplomatie chinoise, qui communique avec les deux parties, a réitéré l'appel de Pékin au respect du cessez-le-feu et exprimé l'espoir que Washington et Téhéran recherchent un compromis, a rapporté mercredi l'agence d'Etat Chine nouvelle.
Lors d'une conversation tĂ©lĂ©phonique mardi avec le dirigeant qatari, le prĂ©sident iranien, Massoud Pezeshkian, a indiquĂ© que son pays Ă©tait "prĂȘt Ă parvenir Ă un cadre respectueux pour mettre fin Ă la guerre", selon la radio-tĂ©lĂ©vision Ă©tatique Irib.
Son homologue amĂ©ricain cherche de son cĂŽtĂ© une issue Ă cette guerre impopulaire qui a gravement perturbĂ© l'Ă©conomie mondiale en raison du quasi blocage par TĂ©hĂ©ran du dĂ©troit d'Ormuz, par oĂč transite en temps normal un cinquiĂšme du pĂ©trole brut et du gaz naturel liquĂ©fiĂ© consommĂ©s dans le monde.
Sa réouverture est un enjeu majeur des négociations et les tensions y restent vives: un pétrolier a ainsi été touché mardi au large d'Oman, selon l'agence maritime britannique UKMTO.
Donald Trump doit réunir mercredi son gouvernement pour parler notamment de l'Iran.
Sur le front libanais, l'armée israélienne a mené de nouvelles frappes mardi dans le sud du pays, faisant 31 morts, selon le gouvernement libanais.
Trente-et-une personnes, dont au moins quatre enfants et trois femmes, ont été tuées lors de ces attaques et 40 autres ont été blessées, a indiqué le ministÚre libanais de la Santé. Quatorze personnes ont été tuées à Burj al-Shamali, prÚs de Tyr, a précisé le ministÚre.
IsraĂ«l a dans le mĂȘme temps annoncĂ© Ă©tendre ses opĂ©rations terrestres contre le mouvement pro-iranien Hezbollah au-delĂ de la "ligne jaune" qu'elle a Ă©tablie dans le sud du pays.
"Nous intensifions notre action au Liban", a répété mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu, malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril.
AFP



