Vélib', berges, pub

Les coups durs volent en escadrille pour Hidalgo

  • PubliĂ© le 22 fĂ©vrier 2018 Ă  18:03
  • ActualisĂ© le 22 fĂ©vrier 2018 Ă  18:19
La maire de Paris Anne Hidalgo à La Roche-sur-Yon, dans l'ouest de la France, le 19 décembre 2017

Un VĂ©lib' qui dĂ©raille, un marchĂ© publicitaire et ses 40 millions d'euros envolĂ©s et maintenant des berges rendues aux voitures: les coups durs volent en escadrille pour la maire PS de Paris Anne Hidalgo, peut-ĂȘtre affaiblie mais toujours "dĂ©terminĂ©e".


"Propreté, affichage, Vélib', Grande roue, marché de Noël, et maintenant voies sur berges. Je ne sais pas si, comme le disait Jacques Chirac, les emm...ments volent en escadrille, mais pour Anne Hidalgo ... c'est la Patrouille de France !", twittait mercredi soir Eric AziÚre, président du groupe UDI-MoDem au Conseil de Paris.
Le propos est autant virulent que moqueur mais résume la série de couacs que vient de vivre ces derniÚres semaines la maire de Paris.
Avec en point d'orgue l'annulation mercredi par le tribunal administratif d'une mesure que Mme Hidalgo défend bec et ongles depuis deux ans contre une opposition tenace: le retour aux piétons et cyclistes de "l'autoroute urbaine" qu'était la voie Georges-Pompidou sur la rive droite de la Seine au centre de Paris.
Depuis mercredi soir, l'opposition municipale fustige "un passage en force permanent" (LR), une "accumulation d'incompétences" (UDI-MoDem) une "incurie juridique" (PPCI, pro-Macron ex-LR).
La Région Ile-de-France de la LR Valérie Pécresse, plus mesurée, évoque des "conséquences négatives (...) considérablement sous-estimées" avant la piétonnisation des voies sur berge, et propose une concertation.
Et chacun de rappeler les couacs : le systÚme de vélo en partage Vélib', fierté de Paris depuis plus de 10 ans et qui ne compte actuellement qu'un quart des stations promises depuis son passage au 1er janvier au nouvel opérateur Smovengo; 40 millions d'euros de recettes envolés le 5 février avec l'annulation par la justice d'un marché publicitaire de la Ville avec JCDecaux.
Fin décembre, c'était la Chambre régionale des comptes qui pointait les "irrégularités" dans les transactions sur les marchés de Noël et autre Grande Roue foraine.

- Des difficultés "provisoires" -

La maire vient en outre d'ĂȘtre accusĂ©e de refuser "par idĂ©ologie" une sĂ©pulture Ă  l'Ă©crivain royaliste Michel DĂ©on, de flirter avec l'impĂ©rialisme en acceptant une statue de l'AmĂ©ricain Jeff Koons, sans compter les polĂ©miques rĂ©currentes sur la propretĂ©, les rats, les places de stationnement, etc.
"Ce sont des difficultĂ©s qui doivent ĂȘtre provisoires", rĂ©torque Ă  l'AFP le sĂ©nateur RĂ©mi FĂ©raud, qui prĂ©side le groupe PS au Conseil de Paris, dont l'effet de "compilation donne une image fausse de l'action parisienne". "Il y a une judiciarisation de plus en plus importante de toutes les dĂ©cisions publiques, mais la part des dĂ©cisions annulĂ©es reste extrĂȘmement faible", dit-il.
En revanche, "depuis mercredi soir, des milliers de Parisiens manifestent leur inquiétude que la voie sur berge puisse redevenir une autoroute. Anne Hidalgo est depuis le début trÚs combative dans la lutte contre la pollution et le restera", forte de ce soutien, ajoute-t-il.
La maire de Paris, entourée mercredi soir de son équipe pour annoncer une procédure d'appel, a d'ailleurs rappelé qu'ils étaient "déterminés, comme au premier jour de notre mandat, à faire de Paris une ville plus respirable".
En dénonçant au passage l'action de la droite parisienne et régionale contre la piétonnisation: "pour elle, la circulation automobile est prioritaire sur la santé publique. Pour elle, une autoroute urbaine vaut mieux qu?un parc en c?ur de ville", a lancé la maire.
Reste que tout ceci "affaiblit" Mme Hidalgo, estime le président de l'Institut Elabe, Bernard Sananes, qui pointe une forte baisse, depuis mai 2017, de la popularité de la maire de Paris, mesurée à l'échelle nationale comme régionale, chez les sympathisants de gauche ou non.
Des décisions environnementales perçues comme "dogmatiques" par les Français, une "ligne pas claire" pour les sympathisants de gauche, peuvent l'expliquer, selon lui. "Son affaiblissement semble réel. Cela ouvre le jeu pour les prochaines municipales".

2018 AFP

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