"Faites vos jeux, rien ne va plus!". Fraichement formés, 45 croupiers attendent de se lancer dans l'arÚne: mardi à Paris ouvre le Partouche Casino Club, le plus grand club de jeux de la capitale - avec le feu vert des autorités.
En février, l'expérimentation parisienne qui était en cours et concernait sept clubs de jeux a en effet été pérennisée. Profitant de cette occasion, Partouche, l'un des grands noms du paysage des casinos, va ouvrir prÚs des Champs-Elysées un nouveau club de jeux sur quatre étages et 5.000 m2.
Quelques semaines auparavant, au fond d'une galerie marchande d'un immeuble de bureaux à Saint-Cloud, prÚs de Paris, une trentaine de futurs croupiers s'affairent autour de tables de jeux derriÚre des vitres fumées, à l'école "All'In Casino Experts".
On entend les jetons s'entrechoquer et les roulettes tourner mais ici les mains sont tremblantes en poussant les colonnes de jetons vers le client fictif et la voix qui annonce les cartes est hésitante.
Ils sont une soixantaine à avoir été sélectionnés sur 550 CV reçus par France Travail pour cette formation de 14 semaines commandée par Partouche. A la sortie, le groupe a embauché 45 d'entre eux.
Au programme du nouveau club oĂč ces croupiers officieront en tenue noir et blanc: jeux de cartes, poker, craps, blackjack, punto banco. Fabrice Paire, prĂ©sident du directoire du groupe Partouche, assure Ă l'AFP que la roulette suivra "dans l'annĂ©e" - c'est ce que "nous dit le ministĂšre de l'IntĂ©rieur".
Contrairement aux casinos, les clubs de jeux n'ont pas de machines Ă sous.
Le Partouche Casino Club pourra aussi accueillir des tournois de poker internationaux et emploiera au total 250 personnes.
- "Gommer les mauvaises habitudes" -
Etre ressortissant européen et avoir un casier judiciaire vierge sont les prérequis, ensuite "c'est un métier qui demande beaucoup de rigueur", explique à l'AFP François Peretti, cofondateur de l'école. "On prend les plus motivés".
Il faut "connaßtre ses tables de multiplication basiques, aprÚs on apprend des nouvelles tables pour la roulette comme la table de 35 ou de 17", détaille-t-il.
La dextérité est importante. "C'est un métier technique", souligne auprÚs de l'AFP le directeur du Partouche casino Club, Giovanni Bulzomi: "pour couper les (piles de) jetons, il faut mettre les doigts d'une certaine façon, ce ne sont pas des mouvements naturels, et on ne mélange pas les cartes comme à la maison".
La rĂ©glementation française des jeux, trĂšs stricte, indique comment gĂ©rer les tables: mĂ©langer les cartes, les annoncer, prĂ©senter les jetons... sous l'Ćil de camĂ©ras de surveillance.
Une fois sélectionné, le candidat croupier doit encore recevoir l'agrément du ministÚre de l'Intérieur.
Pas besoin d'ĂȘtre un joueur de poker aguerri, au contraire, "il faut gommer toutes les mauvaises habitudes, et c'est plus facile de dĂ©marrer avec quelqu'un qui n'y connaĂźt rien", prĂ©cise François Peretti.
C'est le cas de Marella Parnas, 29 ans, qui, à peine sa thÚse en sismologie validée, s'est lancée "par curiosité" dans cette formation de croupiÚre.
"Au début, c'est assez intimidant", reconnaßt celle qui se dit "plus à l'aise" avec les jetons qu'avec les cartes, "on se découvre des nouveaux muscles dans les doigts, de nouvelles aptitudes". GauchÚre, elle se rend compte qu'au final, elle "manipule mieux de la main droite".
Les croupiers commenceront avec un salaire brut d'environ 2.000 euros auxquels s'ajoutent pourboires et heures supplémentaires.
Le Partouche Casino Club, qui ouvrira à midi et jusqu'à 6h le lendemain matin, "va donner une dynamique nouvelle pour l'ensemble des clubs à Paris", assure Fabrice Paire. Et "avec l'arrivée des roulettes", Partouche espÚre capter "la clientÚle touristique, les étrangers qui viennent dans des grands hÎtels parisiens".
Un étage, "plus feutré" et avec "tenue correcte exigée", sera proposé pour que "les joueurs internationaux ou qui ont une véritable ampleur de jeu puissent retrouver ce qu'ils retrouvent dans les grands casinos" mondiaux, précise le dirigeant.
Il s'attend à ce que ce nouveau club dépasse les 30 millions d'euros de produit brut des jeux annuel (les mises des joueurs moins leurs gains).
Un seuil atteint actuellement par les gros clubs de jeux.
AFP



