Sur le devant de la scĂšne

Les drones en stars du salon du Bourget

  • PubliĂ© le 24 juin 2023 Ă  18:09
  • ActualisĂ© le 24 juin 2023 Ă  18:44
Le drone de combat Aarok de la société Turgis & Gaillard présenté au salon de l'aéronautique et de l'espace du Bourget, le 19 juin 2023 prÚs de Paris

Des petits, des minis, des grands, de plus en plus armés voire suicides: les drones, massivement utilisés sur le champ de bataille en Ukraine, occupent une place inédite cette année sur les stands de la 54e édition du salon du Bourget.

CÎté français, c'est un prototype de drone de combat baptisé Aarok de la société Turgis & Gaillard, présenté pour la toute premiÚre fois, qui attire l'attention des professionnels.

Développé sur fonds propres pour "plus de dix millions d'euros" et assemblé dans un hangar à Blois, l'aéronef au fuselage blanc de la catégorie de drones MALE (Moyenne altitude longue portée) doit encore valider les tests en vol.

L'objectif est de séduire l'armée française qui a jusqu'ici parié dans cette catégorie sur l'américain Reaper de General Atomics, dont il a acquis 12 exemplaires.

L'Arok, pesant 5,5 tonnes et d'une autonomie de 24 heures, existe pour "combler un trou capacitaire dans les armées françaises, on avait en France ce qu'on fait de mieux en termes de radars, missiles, capteurs, tout, sauf l'avion", explique Patrick Gaillard, directeur général de Turgis & Gaillard.

Le confondateur de la société précise que son drone coûtera "moins cher" que le Reaper (un MQ-9A coûte 15 à 20 millions d'euros), et ne comportera aucune piÚce américaine, pour en faciliter l'export. L'engin est capable de mener des opérations de surveillance comme de frapper une cible à 35 km de distance avec une précision de 2 m.

Sur le stand General Atomics, qui a vendu plus de 1.100 exemplaires d'une vingtaine de différents drones en 30 ans, pas d'inquiétude, il y a de la place pour tout le monde.

"Quelle que soit leur taille, les engins sans pilotes sont le futur" de la guerre, lance le directeur de la Communication et du Marketing Mark Brinkley qui présente sur le salon le nouveau modÚle MQ-9B dont les premiers exemplaires sont en cours de livraison au Royaume-Uni.

-Drone européen-

L'Eurodrone europĂ©en est quant Ă  lui prĂ©sentĂ© Ă  l’état de maquette sur le stand d'Airbus, Ă  qui le contrat de 7,1 milliards de dollars a Ă©tĂ© notifiĂ© en fĂ©vrier, avec trois ans de retard.

Lancé en 2015, le projet dirigé par Berlin doit doter l'Allemagne, la France, l'Italie et l'Espagne de drones comparables au Reaper. Mais le premier vol est prévu en 2026 et les livraisons deux ans plus tard, soit plus d'un quart de siÚcle aprÚs le bestseller américain.

Bonne nouvelle toutefois pour Safran dans la catégorie des drones tactiques: le groupe français a annoncé mardi son premier contrat à l'export, avec l'armée de terre grecque pour quatre Patroller, dont le premier exemplaire sera livré cet été à l'armée française.

Comme d'autres pays européens, la France a également "pris un retard considérable" sur les drones suicide, encore appelés munitions rÎdeuses ou munitions téléopérées (MTO), qui ont prouvé leur efficacité en Ukraine, explique Cédric Perrin, sénateur auteur de plusieurs rapports sur les drones.

"C'est un sujet majeur donc l'industrie s'y intéresse de plus en plus", insiste-t-il.

Dans cette catégorie, KNDS, Eos et Traak ont annoncé lundi au Bourget avoir été sélectionnés par l'Agence d'innovation de la défense pour développer un drone suicide de 80 km de portée susceptible de concurrencer l'Américain Switchblade, dont l'armée française projette l'acquisition.

Une version dotĂ©e d'une tĂȘte militaire inerte doit ĂȘtre testĂ©e "dans 18 mois", selon les entreprises.

Pour former les opérateurs de drones, la filiale de Dassault Aviation, Sogitec, finalise quant à elle le développement d'un systÚme de simulation valable pour différents types de drones, Genius.

DerriĂšre un Ă©cran, il est possible de zoomer avec un joystick sur une carte et survoler un faux aĂ©roport oĂč stationnent trois hĂ©licoptĂšres.

Le terrain d'entraĂźnement peut aussi bien ĂȘtre une infrastructure, qu'un dĂ©sert ou une zone d'habitation. "On peut crĂ©er un environnement Ă  la main du client", explique StĂ©phane Morelli, responsable du produit.

Un filon qui semble prometteur sur un marché du drone qui évolue à vitesse grand V chaque année.

AFP

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