Les oeuvres aux formes organiques, parfois monumentales, de l'artiste britannique Henry Moore sont présentées en Bretagne, au Fonds HélÚne et Edouard Leclerc (FHEL), mais aussi dans des lieux publics, à l'occasion d'une exposition retraçant la vie de l'un des sculpteurs les plus influents du XXe siÚcle.
"La scénographie est trÚs réussie, il y a de l'espace, on peut aller trÚs lentement, un peu comme le slow-food, on peut digérer et comprendre les oeuvres", juge dans un français hésitant Mary Moore, fille de l'artiste décédé en 1986."J'ai vu beaucoup, beaucoup d'expositions de Moore et celle-ci fait partie des meilleures", assure-t-elle, aprÚs avoir découvert l'exposition qui ouvre ses portes dimanche, et jusqu'au 4 novembre, dans la petite ville de Landerneau, aux portes de Brest.
Les oeuvres prĂ©sentĂ©es, 120 sculptures et 80 dessins, sont en trĂšs grande partie issues des collections de la Henry Moore Foundation, installĂ©e Ă Perry Green, en Angleterre, lĂ oĂč l'artiste a vĂ©cu et travaillĂ©."Je connais trĂšs, trĂšs bien cette oeuvre en plĂątre, elle a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e quand j'Ă©tais jeune", explique Mary Moore, en montrant l'une des sculptures, "Upright internal/External Form", rĂ©alisĂ©e entre 1952 et 1953 et mesurant deux mĂštres de haut. "Je l'ai redĂ©couverte ici, j'y vois un utĂ©rus et je n'avais jamais vu cela auparavant", s'Ă©tonne-t-elle.
- "trĂšs rare" -
Les oeuvres de Henry Moore se dĂ©couvrent et se redĂ©couvrent ainsi, en fonction de l'endroit oĂč l'on se trouve, de la lumiĂšre ou de l'espace qui les entourent."En fonction de oĂč on se trouve on a une masse brutale ou des formes fĂ©minines, sensuelles et rondes", note Michel-Edouard Leclerc, Ă la tĂȘte du Fonds du nom de ses parents HĂ©lĂšne et Edouard Leclerc, pionniers de la grande distribution, en dĂ©crivant l'imposante piĂšce de bronze intitulĂ©e "Two piĂšce reclining" et rĂ©alisĂ©e en 1960.
La figure humaine a toujours été au centre de l'art de l'artiste. Tout au long de sa carriÚre, ainsi que le montre l'exposition présentée de maniÚre à la fois chronologique et thématique, Henry Moore explore sa structure, ses différents points d'équilibre et ses dimensions, au travers de trois thÚmes majeurs: la figure couchée, la mÚre et l'enfant et les rapports de forme intérieur/extérieur.
Parmi les autres oeuvres présentées, celle intitulée "Figure", réalisée en pierre entre 1933 et 1934 et provenant d'une collection privée. "Elle est trÚs, trÚs rare", assure Michel-Edouard Leclerc assurant qu'elle n'a jamais été montrée depuis 1936.Vers le milieu des années 1950, le sculpteur britannique est de plus en plus sollicité pour la réalisation de commandes publiques.
L'Unesco, d'abord, lui commande une oeuvre monumentale pour son nouveau quartier général à Paris.De nombreuses villes des Etats-Unis reconnaissent aussi dans son style à la fois figuratif et abstrait le symbole d'une nouvelle tendance politique démocratique portée par l'ouest de l'Europe et un parfait contrepoint à la sculpture réaliste socialiste précédemment soutenue par les régimes
Moore s'engage par ailleurs de plus en plus dans une pratique qui vise à sortir ses sculptures des musées, convaincu que l'artiste a un rÎle civique à jouer dans cette période transitionnelle."La sculpture est un art de plein air. La lumiÚre du jour, celle du soleil lui est nécessaire, et pour moi, le meilleur environnement et complément de celle-ci est la nature", estimait le sculpteur.
Plusieurs de ses oeuvres ont ainsi été installées à Landerneau, mais aussi à Brest dans des lieux publics. Deux imposantes sculptures trÎnent devant la mairie de la petite ville et sur ses quais, le long de l'Elorn, tandis qu'une troisiÚme s'expose devant les Ateliers des Capucins à Brest, nouveau lieu de vie et de culture dans la Cité du Ponant.Le FHEL a été créé en 2011 dans l'ancien couvent qui a abrité les premiers entrepÎts des magasins Leclerc dans les années 60.
 AFP


