Elections

Les Gambiens dans l'attente du nom de leur prochain président

  • PubliĂ© le 5 dĂ©cembre 2021 Ă  12:29
  • ActualisĂ© le 5 dĂ©cembre 2021 Ă  16:48
Des électeurs gambiens dans un bureau de vote de Banjul, le 4 décembre 2021

Les Gambiens attendaient toujours dimanche de connaßtre le nom de leur prochain président, un fastidieux décompte en cours donnant un avantage net mais provisoire au sortant Adama Barrow au lendemain d'un vote crucial pour une jeune démocratie qui cherche à surmonter son passé dictatorial.

Seuls les rĂ©sultats d'une quinzaine des 53 circonscriptions, publiĂ©s sur les comptes de la radio-tĂ©lĂ©vision nationale, ont Ă©tĂ© communiquĂ©s depuis la fermeture des bureaux samedi Ă  17H00 (locales et GMT), plaçant Adama Barrow en tĂȘte. Un officiel de la commission Ă©lectorale devant laquelle les mĂ©dias ont installĂ© leurs camĂ©ras a indiquĂ© Ă  l'AFP sous le couvert de l'anonymat que les rĂ©sultats des circonscriptions seraient annoncĂ©s une par une, sans que la commission ne se prononce sur un vainqueur auparavant.

Il escomptait que le processus serait achevé dimanche. Seul le président de la commission est habilité à annoncer les résultats, a-t-il insisté. Les opérations sont rallongées par le peu de moyens dont dispose le pays, la forte mobilisation apparente des électeurs et le procédé de vote trÚs particulier à ce pays.

Les Gambiens se sont pressés par centaines dans les isoloirs samedi, et, en guise de bulletin, ont voté avec une bille introduite par un tuyau dans un des bidons aux couleurs et à l'effigie de chaque candidat, procédé institué sous la colonisation à cause d'un illettrisme largement répandu.

Environ un million de Gambiens, sur une population de deux millions, étaient appelés à choisir en un seul tour parmi six candidats, tous des hommes, celui qui dirigera pendant cinq ans le plus petit pays d'Afrique continentale, qui est aussi l'un des plus pauvres au monde.

L'élection était annoncée comme un duel annoncé entre le président sortant Adama Barrow et l'opposant historique Ousainou Darboe. Cinq ans aprÚs la fin de la dictature, la consolidation démocratique est un des enjeux de l'élection. Le sort de l'ancien dictateur Yahya Jammeh et la crise économique en sont d'autres.

La communauté internationale sera attentive à l'acceptation ou la contestation par les perdants des résultats officialisés par la commission, dit un haut diplomate international parlant de "moment capital". Il y a cinq ans, Adama Barrow, ancien promoteur immobilier aujourd'hui ùgé de 56 ans et alors quasiment inconnu, avait déjoué les pronostics et battu le dictateur Jammeh aprÚs plus de vingt ans de régime caractérisé par une multitude d'atrocités commises par l'Etat et ses agents: assassinats, disparitions forcées, viols, actes de torture...

- Crise économique -

M. Jammeh, qui refusait de reconnaßtre sa défaite, a été forcé à s'exiler en Guinée équatoriale sous la pression d'une intervention militaire ouest-africaine.
La présidentielle de 2021 est la premiÚre sans lui depuis 1996. Adama Barrow revendique le retour des libertés, la construction de routes et de marchés, et la pacification des relations avec la communauté internationale.

Ousainou Darboe, 73 ans, avocat, quatre fois deuxiÚme derriÚre Yahya Jammeh à la présidentielle, accuse M. Barrow d'avoir manqué à tous ses engagements pour rester au pouvoir. M. Barrow est revenu sur sa promesse initiale de ne rester que trois ans au pouvoir. Il a beaucoup atténué ses engagements passés à faire rendre des comptes aux responsables des crimes des années Jammeh.

Son parti nouvellement créé a au contraire nouĂ© une alliance avec celui de l'ancien autocrate. Le prochain prĂ©sident devra dĂ©cider s'il suit ou non les recommandations d'une commission chargĂ©e d'enquĂȘter sur la pĂ©riode Jammeh, qui a demandĂ© que les responsables des crimes commis Ă  cette Ă©poque soient jugĂ©s.

Des Gambiens interrogés samedi exprimaient d'autres préoccupations. PrÚs de la moitié des Gambiens vivent sous le seuil de pauvreté. Le pays a été durement touché par le Covid-19. En dehors de l'agriculture, le pays, avec ses plages sur l'Atlantique, vivait du tourisme, dont les flux se sont taris. Les Gambiens souffrent du chÎmage, de l'augmentation des prix du riz, du sucre ou de l'huile, et du manque d'accÚs aux soins.

AFP

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