Quelque 500 "gilets jaunes" ont participĂ© samedi Ă Saint-Ătienne Ă une manifestation "nationale", donnant lieu Ă des face-Ă -face tendus avec les forces de l'ordre, tandis qu'Ă Paris et Bordeaux d'autres rejoignaient des rassemblements de soutien aux Kurdes ou aux Chiliens.
AprĂšs avoir traversĂ© Saint-Ătienne en dĂ©but d'aprĂšs-midi, les manifestants ont bloquĂ© vers 16H00 la RN 88, en direction de Firminy et du Puy-en-Velay, Ă l'aide de bidons mĂ©talliques, coupant la circulation dans les deux sens, a constatĂ© un correspondant de l'AFP sur place. Ils ont Ă©tĂ© dĂ©logĂ©s par les forces de l'ordre Ă grand renfort de gaz lacrymogĂšnes et les voies ont Ă©tĂ© dĂ©gagĂ©es. La manifestation s'est dispersĂ©e vers 18h00 place du Peuple, en centre-ville. Ce 50e acte des "gilets jaunes" n'a pas donnĂ© lieu Ă des "dĂ©gĂąts significatifs ni (...) blessĂ©s", selon la prĂ©fecture de la Loire, qui a fait Ă©tat de six interpellations.
A Bordeaux, environ 250 personnes, selon la prĂ©fecture de la Gironde, dont une minoritĂ© porteurs de gilets jaunes, ont arpentĂ© dans le calme le centre de Bordeaux, derriĂšre des banderoles proclamant "Fin de mois, Fin du monde = MĂȘme combat" ou "Le problĂšme en France, c'est le social, pas le voile". Les "gilets jaunes" ont rapidement rejoint un rassemblement de prĂšs de 250 Kurdes de la mĂ©tropole bordelaise qui manifestaient dans un flot de drapeaux rouges, jaunes et verts, aux couleurs du Rojava, pour dĂ©noncer l'offensive turque dans le Kurdistan syrien.
A Paris, plusieurs centaines de personnes ont défilé, pour moitié des "gilets jaunes", pour moitié des soutiens aux Chiliens. "Tous ensemble, les peuples unis ne seront jamais vaincus", proclamait une banderole.
Dans le Tarn, d'autres "gilets jaunes" ont participĂ© Ă un rassemblement d'environ 200 militants Ă©cologistes Ă Sivens oĂč, voici cinq ans, RĂ©mi Fraisse avait Ă©tĂ© tuĂ© lors d'affrontements entre forces de l'ordre et opposants au barrage.
A Toulouse, bastion du mouvement de lutte contre les violences policiĂšres, la manifestation a rassemblĂ© dans l'aprĂšs-midi plusieurs centaines de "gilets jaunes" aux cris de "A bas l'Ătat, les flics et les fachos" et derriĂšre une banderole proclamant "Stop Ă la grande braderie des services publics". Un cordon policier a lancĂ© rapidement une premiĂšre salve de gaz lacrymogĂšnes pour dĂ©tourner du centre-ville le cortĂšge, repoussĂ© sur la berge extĂ©rieure du canal du Midi. "Maintenant, ce n'est plus les +gilets jaunes+ (...). C'est la France qui est en colĂšre. La mobilisation n'en est qu'Ă ses dĂ©buts", a jugĂ© Lara, une assistante maternelle de 50 ans, interrogĂ©e par l'AFP.
Vers 16H00, seuls de petits groupes continuaient de parcourir la ville rose pour se regrouper dans le centre, les principales artÚres étant bloquées par la police. "Là , c'est clair, ils veulent tuer le mouvement", a lùché un "gilet jaune" quadragénaire.
Dans le Grand-Est, Ă Ăpinal, ce sont 350 "gilets jaunes" qui ont parcouru les rues Ă partir de 14H30. Le centre-ville leur avait Ă©tĂ© interdit par la prĂ©fecture. Cette derniĂšre a indiquĂ© en fin d'aprĂšs-midi que la manifestation avait Ă©tĂ© "plutĂŽt calme" si ce n'est "des incidents mineurs". "Ils ont cheminĂ© tranquillement", a ajoutĂ© la prĂ©fecture des Vosges.
A Lille, selon le collectif des "gilets jaunes", ils ont été environ 350 à défiler, sans incidents notables.
AFP
