Au lendemain de bombardements américains et britanniques

Les Houthis annoncent de nouvelles frappes sur le Yémen

  • PubliĂ© le 13 janvier 2024 Ă  08:01
  • ActualisĂ© le 13 janvier 2024 Ă  09:40
Photo satellite d'un site prÚs de l'aéroport international de Sanaa au Yémen, le 12 janvier 2024, aprÚs les frappes américano-britanniques

Les médias des rebelles yéménites Houthis ont annoncé samedi matin de nouvelles frappes sur le Yémen au lendemain de bombardements américains et britanniques contre des sites de ce mouvement accusé de menacer le trafic maritime international en mer Rouge.

Selon leur chaßne al-Masirah, des frappes américaines ont visé tÎt samedi au moins un site dans la capitale Sanaa. Interrogé par l'AFP à Washington, le Pentagone n'a pas commenté dans l'immédiat ces informations mais de nombreux médias américains, citant des sources militaires requérant l'anonymat, ont fait état de nouvelles frappes américaines dans le nord du Yémen.

Dans le contexte de la guerre entre Israël et le Hamas, la tension est montée en mer Rouge ces derniÚres semaines avec des attaques des Houthis visant le trafic maritime en solidarité avec la bande de Gaza.

TÎt vendredi, des frappes américaines et britanniques ont visé des sites militaires tenus par les Houthis, qui contrÎlent de vastes régions du Yémen, dont la capitale Sanaa, relançant les craintes d'un débordement régional de la guerre à Gaza déclenchée par l'attaque sans précédent menée par le mouvement islamiste palestinien Hamas sur le sol israélien le 7 octobre.

Le président américain Joe Biden avait menacé les Houthis d'autres frappes sur des positions de ces rebelles si ces derniers ne mettaient pas un terme à leurs tirs en mer Rouge.

Les rebelles Houthis ont menacĂ© de riposter aux frappes menĂ©es vendredi par les Etats-Unis et le Royaume-Uni au YĂ©men en s'en prenant aux intĂ©rĂȘts de ces deux pays, considĂ©rĂ©s dĂ©sormais comme des "cibles lĂ©gitimes".

Or aprÚs les frappes britanniques et américaines de vendredi, les Houthis ont tiré "au moins un missile" qui n'a cependant touché aucun navire, a indiqué l'armée américaine avant les frappes de samedi matin.

A l'ONU, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral Antonio Guterres a appelĂ© de son cĂŽtĂ© "toutes les parties concernĂ©es Ă  Ă©viter une escalade (...) dans l'intĂ©rĂȘt de la paix et de la stabilitĂ© en mer Rouge et dans l'ensemble de la rĂ©gion", selon son porte-parole StĂ©phane Dujarric.

- Frappes multiples -

Le mouvement des Houthis fait partie de "l'axe de la résistance" établi par l'Iran, qui réunit dans la région des groupes hostiles à Israël, notamment le Hezbollah libanais et des groupes armés en Irak et en Syrie.

Les frappes américaines et britanniques de vendredi, "73 raids", ont visé des sites militaires à Sanaa et dans les gouvernorats de Hodeida (ouest), Taëz (sud), Hajjah (nord-ouest) et Saada (nord), avait indiqué plus tÎt le porte-parole militaire des Houthis tandis que l'armée américaine avait évoqué 30 positions militaires ciblées sur un total de plus de 150 frappes.

Joe Biden a parlé de son cÎté d'une opération menée "avec succÚs", évoquant une action "défensive" pour protéger notamment le commerce international.

Reprochant aux Houthis d'avoir ignoré "les avertissements répétés de la communauté internationale", le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, avait qualifié les frappes de mesures "nécessaires (...) en état de légitime défense".

Dans une déclaration commune, Washington, Londres et huit de leurs alliés parmi lesquels l'Australie, le Canada et Bahreïn ont souligné que leur objectif était la "désescalade" en mer Rouge.

- Opposition de Moscou -

Mais à Moscou, le Kremlin a condamné des frappes occidentales "illégitimes du point de vue du droit international", tout comme le président turc, Recep Tayyip Erdogan, parlant d'une réponse "disproportionnée".

Et lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, le représentant de la Russie, Vassili Nebenzia, a fustigé une "agression flagrante" et une "frappe massive" contre "la population du pays dans son ensemble".

L'ambassadrice américaine Linda Thomas-Greenfield a, elle, prévenu qu'aucun navire n'était à l'abri de la menace.

"Nous ne pouvons pas tolérer que des voyous harcÚlent le transport international", a déclaré au Telegraph le ministre britannique de la Défense Grant Shapps, appelant l'Iran à ce que ses "intermédiaires" dans la région, comme les Houthis ou le Hezbollah, "cessent leurs activités".

- 12% du commerce mondial -

Les attaques des Houthis, menées avec des missiles et des drones, ont poussé de nombreux armateurs à délaisser le couloir de la mer Rouge entre Europe et Asie, au prix d'une hausse des coûts et temps de transport, le dernier en date étant vendredi la compagnie de transport maritime danoise Torm.

Pour y faire face, Washington a mis en place en dĂ©cembre une coalition multinationale afin de protĂ©ger le trafic maritime dans cette zone par oĂč transite 12% du commerce mondial.

Or les Houthis ont poursuivi leurs opérations et lancé mardi 18 drones et trois missiles qui ont été abattus par trois destroyers américains, un navire britannique et des avions de combat. Le gouvernement britannique a parlé de la "plus importante attaque" des rebelles yéménites à ce jour.

En dĂ©but de semaine, le Conseil de sĂ©curitĂ© de l'ONU avait exigĂ© l'arrĂȘt "immĂ©diat" de leurs attaques et Washington avait averti de reprĂ©sailles en cas de nouvelles attaques en mer Rouge. Mais jeudi, les Houthis ont tirĂ© un autre missile antinavire. Et dĂšs le lendemain matin, les frappes amĂ©ricaines et britanniques ont retenti.

L'Iran, soutien clé des Houthis et ennemi N.1 d'Israël, a alors condamné une "violation flagrante de la souveraineté" du Yémen.

Vendredi, à Sanaa, la capitale du pays sous contrÎle des Houthis, des centaines de milliers de personnes ont protesté contre les frappes américaines et britanniques, scandant: "Mort à l'Amérique, mort à Israël".

AFP

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