Les Palestiniens de Gaza dans l'attente de la réouverture du passage de Rafah

  • PubliĂ© le 2 fĂ©vrier 2026 Ă  10:40
  • ActualisĂ© le 2 fĂ©vrier 2026 Ă  11:31
Des Palestiniens observent l'arrivée de camions transportant de l'aide humanitaire à Khan YounÚs, dans le sud de la bande de Gaza, aprÚs leur entrée par le cÎté égyptien du passage frontalier de Rafah, le 1er février 2026

Israël doit commencer à autoriser lundi, sous strictes conditions, le passage des habitants de Gaza à travers le poste-frontiÚre de Rafah, fermé depuis mai 2024, sans promettre d'augmentation de l'aide humanitaire vers le territoire.

La réouverture de cet accÚs stratégique à la frontiÚre de Gaza et l'Egypte est prévue par le plan du président américain Donald Trump visant à mettre fin définitivement à la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas sur le sol israélien.

PremiÚre étape d'un processus qui s'annonce pour l'instant trÚs partiel: selon des images et des sources palestiniennes interrogées par l'AFP, des camions-citerne et ambulances ont traversé dimanche la frontiÚre du cÎté égyptien, sans pénétrer dans Gaza.

Les autorités israéliennes, qui contrÎlent le poste, ont annoncé que le passage des habitants dans les deux sens pourrait commencer lundi, une fois "les préparatifs achevés".

Elles n'ont cependant pas mentionné en l'état une éventuelle augmentation de l'aide vers le territoire palestinien, ravagé par deux ans de guerre entre Israël et le Hamas.

MĂȘme trĂšs limitĂ©e pour l'instant, cette rĂ©ouverture du seul passage entre Gaza et le monde extĂ©rieur est attendue avec impatience notamment par les malades ou blessĂ©s qui espĂšrent recevoir des soins Ă  l'Ă©tranger.

Environ 200 malades, selon un responsable du ministÚre de la Santé de Gaza, attendaient dimanche de pouvoir passer en Egypte.

"Plus j'attends, plus mon Ă©tat empire et je crains que les mĂ©decins ne doivent m'amputer des deux jambes", souligne Zakaria, un homme de 39 ans blessĂ© en dĂ©cembre 2024 dans un bombardement israĂ©lien, qui espĂšre pouvoir partir rapidement. "Je suis alitĂ©, je n'ai pas de fauteuil roulant et j'attends toujours l'autorisation de voyager pour me faire soigner. J'ai prĂ©parĂ© mes papiers et rangĂ© mes affaires dans un petit sac pour ĂȘtre prĂȘt Ă  partir."

Une quarantaine de fonctionnaires de l'Autorité palestinienne attendaient aussi depuis l'Egypte le feu vert israélien, selon un responsable palestinien.

Le porte-parole à Gaza du mouvement islamiste palestinien Hamas, Hazem Qassem, a prévenu que "toute obstruction ou condition préalable imposée par Israël" constituerait "une violation de l'accord de cessez-le-feu".

- "Porte d'espoir" -

Israël avait prévenu que Rafah ne rouvrirait qu'une fois rendue la dépouille de Ran Gvili, le dernier otage retenu à Gaza, finalement récupérée le 26 janvier.

"Cette ouverture partielle entrouvre une petite porte d'espoir pour les malades et les étudiants", remarque Amine Al-Hilou, un homme de 53 ans qui vit sous une tente dans le camp d'Al-Chati, dans le nord du territoire, en réclamant l'ouverture "sans restrictions" du passage.

Les autorités israéliennes ont en effet conditionné tout passage à l'obtention d'"une autorisation sécuritaire préalable" pour sortir de Gaza et y entrer, en coordination avec l'Egypte et sous la supervision de la mission européenne à Rafah.

Les Palestiniens souhaitant retourner à Gaza seront autorisés à emporter un nombre limité de bagages, sans objets métalliques ni électroniques, et avec des quantités limitées de médicaments, selon l'ambassade palestinienne au Caire.

Le poste-frontiÚre est situé dans un secteur encore occupé par l'armée israélienne en deçà de la Ligne jaune, qui marque son retrait d'environ la moitié de la bande de Gaza aux termes de la premiÚre phase du plan Trump.

Sa réouverture devrait aussi permettre l'entrée à Gaza, à une date qui n'est pas connue, des 15 membres du Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), chargés de gérer le territoire pendant une période transitoire sous l'autorité du "Conseil de paix" présidé par Donald Trump.

Le représentant sur le terrain du "Conseil de paix", le diplomate bulgare Nickolay Mladenov, a appelé dimanche les deux camps "à la retenue", se disant "profondément inquiet" aprÚs des frappes israéliennes meurtriÚres et l'annonce par Israël de la présence de combattants palestiniens dans un tunnel à Rafah.

AFP

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