Lyhanna : les obsèques de la fillette de 11 ans ont lieu ce vendredi à Fleurance

  • Publié le 12 juin 2026 à 09:38
  • Actualisé le 12 juin 2026 à 09:44
La tête du cortège qui a rendu hommage le 7 juin 2026 à Fleurance, dans le Gers, à Lyhanna, 11 ans, retrouvée morte trois jours auparavant ( AFP / Lionel BONAVENTURE )

Alors que le pays tout entier est sidéré par la mort de la petite Lyhanna. Les obsèques de la fillette de 11 ans auront lieu ce vendredi 12 juin à 14h30, dans l'intimité. Dans un communiqué commun rédigé par la mairie de Fleurance et l'avocat de la famille de Lyhanna, les deux parties demandent le respect le plus total de la cérémonie. "Lors de l'inhumation : Il vous sera demandé de sortir pour respecter l'intimité de la famille" expliquent-ils. De plus, la présence des médias n'est pas souhaitée : " pas de photos, pas de micro, pas de caméra, même lointaines"

Dans le Gers, les obsèques de la petite fille doivent se dérouler ce vendredi 12 juin à 14h30 "dans la plus stricte intimité", selon l'avocat de la famille, et l'association des maires du département a proposé à cette heure-là un moment de recueillement devant les mairies, avec drapeaux mis en berne. 

Le maire de la ville de Fleurance demande aux citoyens qui souhaitent montrer leur soutien à la famille de Lyhanna, de le faire dans le plus grand respect : "En accord avec la famille de Lyhanna, voici les consignes à respecter : La famille et ses proches demandent à chacun de faire preuve de dignité, de mesure et de respect. La cérémonie aura lieu à 14h30 au cimetière de Fleurance avec des prises de paroles du cercle proche. Les citoyens et citoyennes qui ont manifesté leur soutien sont les bienvenus."

La presse est acceptée, dans un lieu délimité, à proximité du cimetière, il sera demandé à tous de sortir lors de l'inhumation de l'enfant. 

Le principal suspect dans la mort de la collégienne, dont le corps a été retrouvé jeudi dernier, n'avait jamais été interpellé ou convoqué malgré plusieurs plaintes et signalements pour des violences sexuelles sur mineurs.

"C'est la confiance en nos institutions qui derrière est également posée", a ajouté le président de la République alors que des milliers de personnes ont manifesté leur colère ces derniers jours un peu partout en France.

Le ministre de la Justice Gérald Darmanin et son collègue à l'Intérieur Laurent Nuñez ont lancé une enquête administrative confiée aux Inspections générales de la gendarmerie et de la justice, qui doit rendre ses conclusions le 19 juin.

Soucieux d'éviter toute "démagogie" et toute "précipitation", Emmanuel Macron a appelé à attendre ses conclusions pour agir "avec méthode" et "renforcer tout ce qui doit l'être".

- Une crise majeure - 

Quelques jours plus tôt, il avait réfuté tout manque de moyens au sein de l'institution judiciaire, qui a bénéficié de budgets en hausse sous ses deux quinquennats.

Mercredi au Sénat, le Premier ministre a reconnu un problème de "moyens" dans l'institution judiciaire mais pas dans cette affaire.

De son côté, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a estimé que Gérald Darmanin devait démissionner car, en tant qu'ancien ministre de l'Intérieur et de la Justice, il a été "responsable de toute la chaîne pénale" où des dysfonctionnements ont été constatés.

L'immense émotion et la colère suscitées par la mort de Lyhanna alimentent une crise majeure pour l'exécutif, qui cherche à proposer des solutions, en particulier en promettant de nouvelles mesures législatives et réglementaires.

Mis en examen le 1er juin pour enlèvement et séquestration, Jérôme B. doit être présenté à nouveau au juge d'instruction au tribunal d'Agen. Une requalification pour meurtre est attendue.

Le procureur d'Agen doit aussi communiquer les résultats de l'autopsie sur les causes de la mort, et d'éventuelles traces d'agression sexuelle.

Dans une autre procédure, le magistrat a annoncé mercredi que le frère de Jérôme B., prénommé Yannick, avait été mis en examen dans le cadre de deux enquêtes pour viol sur des anciennes compagnes.

Par ailleurs, le père de Jérôme B. fait l'objet d'une réouverture d'enquête pour des faits d'agression sexuelle dénoncés par une "mineure de son environnement familial", a annoncé mercredi le parquet de Béziers.

Le père avait en outre été visé par une plainte pour viol d'une de ses petites-filles en 2013, qui a fait l'objet d'un non-lieu en 2021, a indiqué mercredi le parquet général de Montpellier, confirmant une information de RTL.

- Inflation législative - 

Parallèlement aux investigations sur Jérôme B., gouvernement et parlement rivalisent de propositions.

"La nation a besoin que nous fassions cela avec émotion, le cœur est chaud, mais avec du sang-froid, parce que nous statuons en droit", a insisté Sébastien Lecornu devant le Sénat.

Après avoir proposé la veille de renforcer les peines pour les violeurs en série sur mineurs, et d'imposer un "délai maximal de trois mois" pour les actes d'enquête concernant les crimes sur enfants, il a ajouté mercredi un décret pour obliger les magistrats à "motiver" le classement sans suite de plaintes pour crimes sexuels sur mineurs.

Ces mesures doivent être intégrées dans le projet de loi sur la protection des enfants, déjà présenté en conseil des ministres et qui sera examiné au Parlement le 15 juillet.

Dans le même temps, emmenés par la présidente de l'Assemblée, une coalition transpartisane de députés réclame l'inscription à l'ordre du jour d'une proposition de loi globale ("intégrale") sur les violences sexistes et sexuelles, dont la mise en œuvre est chiffrée à 2,7 milliards d'euros.

Au Sénat, une commission d'enquête sur les dysfonctionnements de la justice et le pilotage de la politique pénale a été lancée.

AFP/ www.imazpress.com/[email protected]

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